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Choisis la vie ! Et n’oublie pas l’espérance

Temple de St-Laurent (2/4)
Diffusé sur Espace 2 le 18-11-2012
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En collaboration avec :

Espace2

Prédication : Daniel Fatzer, pasteur

Musiciens : Flavie Crisinel au chant et Daniel Favez au piano

Présentation : Jean-Christophe Emery

Production : Sabine Pétermann

Prédication

La mort, la vie, l’espérance

Suzette Sandoz, bienvenue à Saint-Laurent-Eglise et sur les ondes d’Espace 2, et merci d’avoir accepté de partager avec moi ce moment qu’on appelle habituellement « prédication ». Aujourd’hui, ce ne sera pas à proprement parler une prédication, plutôt un moment d’échange, de partage, de méditation… mais avec deux éléments essentiels qu’on trouve dans la prédication :

Deutéronome, chapitre 30 , verset 19
1 Corinthiens, chapitre 13

Comme dans une prédication, on part d’une parole biblique (deux en l’occurrence).

Et comme dans une prédication, on se frotte à cette parole biblique pour qu’en sorte quelque chose qui nous interroge, nous encourage, nous déplace, nous déstabilise, nous réconforte dans notre vie.

Je le dis pour les auditeurs radio, je suis « attablé » avec vous – puisque nous ne sommes pas derrière un lutrin, mais autour d’une table haute de bistro, et je suis curieux et reconnaissant de ce que nous allons partager.

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Pour la plupart d’entre nous, Suzette Sandoz, vous êtes une figure médiatique, vous acceptez de donner votre avis, souvent brillamment, vous avez enseigné le droit à l’Université de Lausanne, vous avez été Conseillère nationale, vous êtes actuellement membre du parlement de l’EERV, le Synode, qui est au cœur de l’actualité suite à sa décision « d’accepter le principe d’un rite pour les couples homosexuels ».

Vous êtes protestante, réformée… et vous êtes vaudoise.

Voilà.

J’ai oublié quelque chose ?

Suzette Sandoz: Oui ! J’ai fait toutes mes classes dans une école catholique, j’ai eu des parents merveilleux, j’ai le bonheur d’avoir une famille unie et si mon mari est, hélas, décédé depuis plus de trente ans, il nous a laissé, à notre fille et à moi, un trésor de souvenirs heureux.

Nous avons deux textes bibliques aujourd’hui qui font le lien entre nos quatre cultes radio. D’abord le Deutéronome dans lequel Dieu nous dit : « Je mets devant toi la vie et la mort, choisis la vie ».

Deutéronome : Si je peux choisir la vie, c’est que je peux aussi choisir la mort !

La mort c’est quoi pour vous ?

Suzette Sandoz: Pour l’être humain que je suis, c’est un très grand mystère douloureux. Pour la chrétienne que j’essaie d’être, c’est l’espérance d’une vie comblée en Dieu. Mais dans le texte de Deutéronome, c’est terrible, à mon avis, car il s’agit de la mort greffée déjà pendant la vie sur la vie et que l’on aurait choisie.

La mort c’est quoi en droit ?

Suzette Sandoz: C’est la fin de la personnalité, c’est-à-dire de l’existence juridique, de la qualité de sujet de droit de l’être humain ; cette fin coïncide, en droit suisse, avec la mort physique ; il subsiste au-delà de la mort une protection de l’image et de l’honneur de la personne défunte mais seulement dans l’intérêt de ses successeurs.

La mort c’est quoi en politique ?

Suzette Sandoz: J’avoue ne m’être jamais posée la question, car la politique n’est pas la vie en absolu, c’est simplement un aspect – passionnant - de la vie en société.

Accepteriez-vous de vous poser la question aujourd’hui pour nous ?

Suzette Sandoz: Oui, mais je donnerai la même réponse. J’ajouterai que, peut-être, la mort en politique c’est le fait de ne pas être réélu.

A contrario :

La vie, c’est quoi pour vous ?

Suzette Sandoz:C’est un cadeau de chaque jour, aussi mystérieux que la mort, C’est à la fois une notion concrète, physique et une notion abstraite faite de relations avec autrui, y compris avec Dieu dans la prière et à travers autrui.

Et en droit, et en politique, c’est quoi la vie ?

Suzette Sandoz:En droit, c’est le début de la personnalité, donc de l’existence juridique, de la qualité de sujet de droit, qualité qui remonte, en droit suisse, à la conception mais à la condition de naître vivant.

En politique, comme pour la mort, je n’y ai jamais spécialement pensé puisque la politique n’est qu’un aspect – d’ailleurs passionnant - de la vie en société. Ce n’est pas « la vie ».

« Choisis la vie » cette interpellation du Deutéronome est adressée à un peuple, le peuple d’Israël.

Vous qui avez été Conseillère nationale, donc en responsabilité des questions qui touchent l’ensemble de notre peuple suisse, comment traduiriez-vous pour tous nos citoyens cette interpellation qui dit : « choisis la vie » ?

Autrement dit, sur le thème biblique « choisis la vie », si vous pouviez parler librement au peuple suisse, qu’aimeriez-vous lui dire ?

Suzette Sandoz: Redeviens fidèle à tes racines chrétiennes - je suis très inquiète de la déchristianisation -, sois reconnaissant de ce que tu as reçu, humble, plein d’espérance, de respect de l’autre, de loyauté, ose être fier d’être fidèle, sois ferme dans tes décisions et capable de pardonner. N’oublie pas que la qualité d’une société dépend de la qualité de chacune des personnes qui la constitue. C’est là notre responsabilité individuelle première.

Et maintenant, dans le Nouveau Testament, le célèbre chapitre de la 1ère lettre de Paul aux chrétiens de la ville de Corinthe, le chapitre 13, sur la foi, l’espérance et l’amour.

Jean Chollet et Thierry Romanens ont traité de la foi, dimanche passé ; Michel Kocher des émissions religieuses de la RTS et Josef Zisyadis traiteront de l’Amour dimanche prochain ; et nous aujourd’hui, arrêtons-nous à « l’Espérance » :

1 Corinthiens 13 Foi, Espérance, Amour

En ce qui me concerne, le mot « Espérance » me renvoie à « loin en avant dans le temps », voire même à un Au-delà.

Le mot espoir quant à lui me renvoie à un risque important d’illusion et de déception ; il me renvoie au court et au moyen terme ! L’espoir est pour moi limité au terrestre.

L’espérance par contre touche pour moi au céleste, à l’Au-delà !

Qu’en dites-vous ? Quelle différence faites-vous entre espoir et espérance ?

1/ Comme citoyenne

Suzette Sandoz: Comme vous, je vois l’espoir dans le court terme et l’espérance dans le long terme, mais alors, comme citoyenne, pas dans l’Au-delà, mais simplement dans les générations à venir.

Mais ces mots pourraient être dangereux en politique s’ils cachent une ignorance de la réalité ou entraînent une confusion entre utopie et réalité.

2/ Comme professeur de droit ?

Suzette Sandoz: Le droit est très concret. S’il utilise l’un ou l’autre terme, c’est pour du concret.

En droit, l’espoir exprime une hypothèse (ex. espoir d’un gain futur) ou une possibilité d’obtenir une fois un droit (ex. : espérance successorale).

3/ Comme femme publique qui a l’expérience de la vie politique ?

Suzette Sandoz: l’espoir et l’espérance sont à mon avis des notions très individuelles. Je craindrais toujours d’imposer à une société de vivre d’espoir (ex. : « demain, on rase gratuit ») ou d’espérance (ex. : la suppression du capitalisme, c’est le bonheur) parce que je suis presque sûre de tromper mes concitoyens.

Par ailleurs :

Quel rôle a joué votre espérance chrétienne dans votre engagement en politique, quelle était-elle ?

Suzette Sandoz: J’ai toujours évité de « récupérer Dieu » en politique. J’ai essayé de remplir mes mandats en respectant ce que considère comme les qualités essentielles d’un chrétien (loyauté, respect d’autrui, honnêteté, lucidité), mais hélas en étant faillible. En revanche, j’ai apprécié, au Grand Conseil d’abord, au Conseil National ensuite, que des députés de tous horizons politiques se réunissent parfois pour prier ou pour partager des convictions chrétiennes. Nous savions que cela ne nous amènerait pas à voter de la même manière, mais en revanche, que cela nous permettrait de nous écouter avec respect et d’essayer de ne pas nous blesser par nos propos.

Si je pouvais poser une question à Dieu aujourd’hui, je lui demanderai :

« Jusqu’à quand Seigneur vas-tu nous laisser étaler notre cruauté par toute la terre ? »

« Notre monde est un jardin bienfaisant et un immense champ de bataille » dit Shafique Keshavjee

Comment, aujourd’hui, vivez-vous l’espérance dans ce monde ?

Suzette Sandoz: J’avoue que j’ai une confiance absolue en Dieu, puisque le Royaume est tout petit comme une graine de moutarde et que l’espérance est toute petite entre ses deux grandes sœurs. C’est en acceptant ma totale faiblesse entre les mains de Dieu que je peux être forte, telle est ma manière de vivre l’espérance ici bas.

Comment faites-vous pour garder votre espérance au milieu de la cruauté humaine telle qu’elle se déchaîne par ex en Syrie en ce moment ?

Suzette Sandoz: C’est certainement plus facile de la garder quand on n’est pas persécuté, ni en train de souffrir de faim, de froid, de peur, de tout. Mais quand je suis démoralisée, je relis l’Ecclésiaste et je constate qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et ce, depuis des siècles, sinon des millénaires. L’homme et Dieu sont toujours là.

Et vous quelle question aimeriez-vous poser à Dieu aujourd’hui ?

Suzette Sandoz: J’aimerais lui demander : Est-ce que tu continues à mettre devant nous la vie et la mort ? Alors comment faire aujourd’hui pour choisir la vie ?

Nous pourrons reprendre cela dans le temps d’échange avec tous ceux qui sont ici ce matin.

Je vous ai posé pas mal de question ; si vous pouviez m’en poser une, laquelle serait-elle ?

Suzette Sandoz: vous arrive-t-il de douter, c’est-à-dire de perdre l’espérance ?

Oui, par ex avec la Syrie. J’ai pris très à cœur la situation Syrienne dès le début. Nous avons prié régulièrement ici à St-Laurent Eglise pour le peuple Syrien. J’espérais vraiment qu’après quelques semaines, voire au maximum quelques mois, une solution viable serait trouvée ou imposée… et le temps passe, l’horreur ne faiblit pas, je m’use, je me décourage, je me lasse, et j’ai tendance à mettre à distance cette situation trop douloureuse pour moi. Je dis à Dieu : « Pourquoi Seigneur autant de souffrance pour ce peuple, et pour tant d’autres sur la terre ? et surtout…jusqu’à quand ? » et c’est là que renaît mon espérance…quand je réalise que ces souffrances intolérables auront une fin, car j’attends ta venue Seigneur, tu vas venir établir ton Royaume qui mettra fin à notre cruauté humaine. Et je crie : Maranatha, Christ viens, viens bientôt !

Je vous propose de passer directement à la dernière question :

L’espérance, dans le Royaume de Dieu qui vient, s’estompera. Seul l’Amour, la Charité demeurera, c’est pourquoi l’apôtre Paul en fait la priorité absolue. Nous en parlerons dimanche prochain avec Joseph Zysiadis. Et vous, qu’en dites-vous ?

Suzette Sandoz: L’amour n’est pas la priorité, c’est simplement la vertu la plus accessible parce que c’est la seule qui peut être déjà visible ici bas pour les autres. La foi est un secret entre Dieu et chacun de nous, l’espérance, un état d’esprit peut-être invisible, l’amour seul exige de se manifester en actes ici déjà.

Après tout ce que nous venons d’échanger et pour lequel je vous remercie chaleureusement.

Si vous souhaitiez que nos auditeurs retiennent une seule chose de ce matin, quelle serait-elle ?

Suzette Sandoz: Il suffit d’un tout petit peu d’espérance pour nourrir la foi et faire éclater l’amour.

Merci chère Madame Sandoz. Il y a de quoi méditer !

C’est ce que je nous invite tous à faire maintenant, où que vous soyez avec nous par les ondes, mais si vous êtes au volant, ne fermez pas les yeux, et ici à Saint-Laurent-Eglise, pendant la musique qui va suivre ; puis nous échangerons librement dans cette église. Les uns et les autres, vous pourrez prendre la parole.

Faisons silence et repassons dans nos cœurs tout ce que nous venons d’entendre.


Daniel Fatzer, pasteur
Daniel Fatzer, pasteur

Après avoir travaillé parmi les gymnasiens, D. Fatzer a été consacré comme pasteur en 1983 à Lausanne. D’abord généraliste dans plusieurs paroisses, il est devenu Coordinateur d’une région de l’EERV, tout en donnant un coup de main à mi-temps dans la paroisse de Delémont. Il a été aumônier de jeunesse, puis appelé au poste de promotion de l’EERV. Il a également préparé les cultes radio pour le Canton de Vaud et représenté l’EERV au Salon romand du mariage à Beaulieu. Il a été l'une des chevilles ouvrières du F-Festival à Crêt-Bérard en 2007. Il a fait de la recherche de fonds. Depuis le 1er avril 2011, il est devenu l’un des deux pasteurs du lieu-phare de Saint-Laurent-Eglise à Lausanne, lieu de mise en valeur du protestantisme et de recherche pour le renouvellement du culte.

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