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Sur la voie de l'amour

Temple de Delémont (3/3)
Diffusé sur Espace 2 le 26-10-2014
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Le pasteur Niels John vous propose un cheminement sur les sentiers de l’amour. S’il est vrai que parler d’amour dans une société de plus en plus individualiste semble être un vœu pieux, voire une utopie, la responsabilité du chrétien n’est-elle pas de transmettre et de vivre l’Évangile concrètement avec toutes les personnes côtoyées?

Comment aimer autrui, celui qui dérange, qui insupporte, celui qui est si différent de soi? Celui qui devrait être le prochain et pourtant qui est tellement lointain.


Prédication : Niels John, pasteur

Organiste : Gérard Kummer

Musiciens : Jeanne Freléchoux, violoncelle, Claire Pascale Musard, hautbois, et Jean-Philippe Schaer, flûte traversière

Présentation : Michel Kocher

Production : Sabine Pétermann

Prédication

Sur la voie de l'amour

Chers frères et sœurs en Christ, chers paroissiens, chers auditeurs,

Deutéronome, chapitre 6 , versets 1 à 7
Matthieu, chapitre 22 , versets 34 à 40

L’amour !

Encore un de ces sujets bien chrétiens qui revient régulièrement le dimanche matin au culte. La paix, le pardon, l’amour… on pourrait encore rajouter d’autres thèmes de ce genre. Mais la réalité semble être bien différente ! Tout le monde parle de la guerre, de la vengeance, de la haine… il suffit d’allumer la télévision et on est en plein cœur de ces thématiques. Et nous, nous essayons chaque dimanche de faire briller l’amour dans ce monde. Un vœu pieux ? Une utopie ? Surtout dans notre société d’aujourd’hui qui est marquée de plus en plus par l’individualisme et l’anonymat ? « Aimez-vous les uns les autres », je veux bien, mais il faut être honnête : nous ne vivons pas dans le monde des bisounours !

Un maître de la loi vient chez Jésus pour lui tendre un piège. « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? » Jésus ne tombe pas dedans, dans ce piège. Ah non, sa réponse est nickel, irréprochable. Là, il n’y rien à dire. On ne pouvait pas trouver une meilleure réponse que ces citations de l’Ancien Testament. D’abord, Jésus récite une partie de la grande confession de foi des Juifs. « Écoute, Israël ! Le Seigneur, notre Dieu, le Seigneur est un. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ton intelligence. » Et puis, ensuite, il rajoute un verset de la loi de la sainteté : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Le double commandement d’amour est créé. Très classe cette réponse. Mais le piège, enfin, le piège est finalement tendu pour nous. Car c’est à nous maintenant de suivre ces commandements de Jésus. Mais comment ? Comment devons-nous vivre ce double commandement d’amour ?

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Déjà le fait de commander d’aimer me semble bizarre. Comment est-ce qu’on peut donner l’ordre d’aimer quelqu’un ? L’amour ne se commande pas, l’amour doit venir de moi-même. Qu’est-ce que cela veut dire aimer ? Comment vivre cet amour que ces commandements me demandent ?

Puis, je me pose une autre question : même si le deuxième commandement me semble être plus clair que le premier, la question du prochain m’intrigue néanmoins. Qui est mon prochain ? Jésus a répondu à cette question avec la parabole du bon Samaritain. Un homme se fait dépouiller sur la route. Fortement blessé, il reste couché au bord du chemin. Personne ne s’arrête, chacun s’éloigne rapidement. Puis, après quelques heures, un Samaritain s’arrête, le soigne, l’amène dans une auberge et fait le nécessaire pour sauver sa vie.

Le prochain, dans cette parabole, c’est l’étranger, l’inconnu, oui même pire encore: à l’époque, les Samaritains étaient justement les étrangers avec lesquels on ne se comprenait pas du tout, qu’il valait mieux éviter. Nous connaissons tous de telles personnes autour de nous. Celles et ceux que nous préférons plutôt éviter.

Jésus a aussi parlé de l’amour de l’ennemi. Aimer son prochain, cela résonne peut-être mieux dans nos oreilles, puisque nous entendons par là celui qui nous est proche ! Et Jésus, pourtant, lorsqu’il utilise ce terme, nous parle de celui qui est différent de nous, et peut-être même loin de nous. Comment pouvons-nous alors aimer notre prochain comme nous-mêmes ?

Puis, la troisième question que je me pose concerne Dieu. Comment aimer Dieu ? Ce n’est déjà pas évident quand nous avons un vis-à-vis devant nous. Quelqu’un qu’on peut voir, sentir, toucher. Mais Dieu ? En plus, de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute mon intelligence ? Ah oui, Jésus va jusqu’au bout. Il demande l’engagement complet. C’est tout ou rien. Mais comment suivre cet amour ? Comment aimer Dieu ?

Commençons alors avec la première de ces trois questions : qu’est-ce que cela veut dire aimer ? Qu’est-ce que Jésus nous demande quand il nous donne ces commandements ? Le mot « aimer » est tellement riche de significations. Et à chaque fois, quand on rajoute quelque chose à ce mot « aimer », chaque fois qu’on essaye de rendre ce mot encore plus fort, on l’affaiblit finalement. Un simple « je t’aime » reste plus fort qu’un « je t’aime bien » ou « je t’aime beaucoup ». Si j’essaie alors maintenant de mettre d’autres paroles derrière ce verbe « aimer » j’oublie certainement plein de significations qui résonnent également dans cet amour.

Je suppose que Jésus ne pensait pas forcément à l’amour romantique auquel nous pensons peut-être lorsque nous parlons d’amour. Et encore moins à l’amour érotique. Jésus n’attend certainement pas de nous d’être follement amoureux de tout le monde. Ce n’est pas comme s’il nous jetait des cœurs partout à la figure en évoquant ce thème.

Mais un simple « j’aime bien » ne suffit certainement pas non plus. Comme on aime peut-être bien un bon repas entre amis. Ou comme on annonce sur Facebook avec un « like », un « j’aime », son accord sur des banalités qu’on oublie tout de suite après.

Qu’est-ce que cela veut alors dire aimer ? Je pense encore une fois à l’exemple que Jésus nous donne avec la parabole du bon Samaritain : être bienveillant, prendre soin de l’autre, être attentif. « Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. »

Jésus a dit cette règle d’or dans son Sermon sur la montagne. Dans le langage populaire on a transformé cette phrase en disant : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse ! » Cette négation n’exprime pas tout à fait la même chose. Au contraire : la négation est plutôt une manière d’accepter l’autre, de le laisser vivre. La version de Jésus montre par contre déjà cet amour qu’il nous demande. « Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. » Il ne s’agit pas d’étouffer l’autre avec notre amour, de faire à sa place, il ne s’agit pas de vivre dans le monde des bisounours où tout le monde est beau et tout le monde est gentil ! Ah non, nous ne voulons finalement pas vivre dans un tel monde. Notre bienveillance pour les autres passe aussi par la critique, nous avons le droit d’être exigeants avec l’autre, autant que nous pouvons le consoler et lui apporter des attentions personnelles en pensant à lui lorsqu’il en a besoin. C’est tout cela que veut dire aimer notre prochain.

Nous voici alors en plein cœur de la réponse à notre deuxième question : comment aimer son prochain comme soi-même ? La question du prochain se pose effectivement : qui est mon prochain ? Mais avant cela, Jésus nous donne un autre message qu’on peut lire entre les lignes et qui me semble également très important : l’amour pour mon prochain commence chez moi. Je dois aimer l’autre comme moi-même, cela veut dire qu’il faut déjà commencer par moi. Commencer à m’accepter tel que je suis, avec mes forces et mes faiblesses. Accepter mon corps, accepter mon caractère. Accepter ce que je suis et ce que j’ai, sans vouloir être comme l’autre et sans lui envier ce qu’il a. Mais aussi être bienveillant avec moi-même et prendre soin de moi. Je crois que cela fait partie de l’amour du prochain que Jésus nous demande et je crois que cela peut aussi nous aider à faire le pas vers l’autre, vers mon prochain, vers celui qui a besoin de mon amour. Car pour pouvoir aimer l’autre, celui qui est mon prochain, il me faut d’abord pouvoir me regarder dans une glace en m’acceptant tel que je suis, sans jugement.

La dernière question concerne Dieu, notre relation avec lui. Comment aimer Dieu de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute mon intelligence ? Comment aimer quand il n’y a pas un vrai vis-à-vis que je peux voir, sentir et toucher. Notre culte de ce matin fait certainement partie de cet amour que nous pouvons donner à Dieu. Mais cet amour hebdomadaire n’est finalement qu’une petite partie de notre amour pour lui. Je crois que Dieu attend finalement la même chose de notre part que nous attendons des autres en matière d’amour : que nous pensions à lui dans notre vie quotidienne. Que nous réfléchissions à ce qui pourrait lui faire plaisir.

Puis, pour Dieu, cela veut aussi dire : aimer mon prochain comme moi-même, me faire du bien à moi-même et aux autres, être là pour ceux qui ont besoin de mon aide.

Dieu nous demande cet amour. C’est le plus grand de ses commandements. Comment vivre cet amour ? J’ai essayé d’apporter quelques réponses à cette question, mais elle reste néanmoins ouverte pour chacune et chacun d’entre nous. À nous d’y répondre individuellement.

Chers frères et sœurs en Christ, au début de cette prédication, je vous ai demandé comment on pouvait commander l’amour, et j’aimerais bien terminer avec une réflexion sur les commandements de la Bible en général. Tous les commandements que Dieu nous donne ont une condition. Avant de recevoir les commandements, le peuple d’Israël a été choisi par Dieu, c’est Dieu qui l’a conduit et l’a libéré d’Égypte. Avant les commandements, il y avait alors cet amour de Dieu pour nous. Cet amour de Dieu est sans condition. Il nous aime tels que nous sommes. Car Dieu nous a aimés le premier, nous sommes capables d’aimer à notre tour. Oui, car cet amour était présent avant tout autre amour, nous pouvons fidèlement nous fier à son commandement qui nous demande : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ton intelligence. Et tu aimeras ton prochain comme toi-même.” Et même si notre réponse nous semble souvent faible, même si notre réponse reste aussi souvent faible, l’amour de Dieu pour nous reste inébranlable.

Amen.


Niels John, pasteur
Niels John, pasteur

Niels John est un jeune pasteur dynamique d’origine allemande. C’est à Cologne qu’il a grandi. Le chemin de ses études de théologie le conduira à Wuppertal et à Berlin, avant de poser ses valises en Alsace où il exercera son ministère pastoral pendant 7 années en périphérie strasbourgeoise, à Lingolsheim.

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Passionné de théâtre, de marionnettes et de cinéma, il développera le travail de rencontres, de fêtes, de jeunesse et explorera différentes manières de célébrer autrement, notamment avec la création des notamment avec la création des ciné’cultes, un dialogue entre le cinéma et la foi.

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