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Baptême chrétien et identité protestante

Cathédrale St-Pierre (1/3)
Diffusé sur Espace 2 le 26-04-2015
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Ce culte à la cathédrale St-Pierre accueille le baptême d'un enfant de 6 mois. Sa grande soeur de 7 ans confirmera son baptême. Le pasteur Emmanuel Rolland propose à cette occasion de méditer sur le sens du baptême.


Prédication : Emmanuel Rolland, pasteur

Organiste : François Delor

Musiciens : Leïla Chmouliovsky, soliste

Présentation : Pierre-Yves Moret

Production : Sabine Pétermann

Prédication

Baptême chrétien et identité protestante

Ils étaient 3000 au départ. Nous sommes aujourd’hui un peu plus de 2 milliards, 2 milliards de personnes qui, à travers le monde, croient à l’incroyable. Qui croient en un Dieu né sur la paille et mort sur une poutre ; un Dieu qui ultimement ne s’est pas manifesté par la puissance mais par la faiblesse et qui, durant sa courte vie, se fit l’ami des gens d’en bas que l’on regardait de haut ; un Dieu qui a tout ébranlé sur son passage, jusqu’aux fondations les plus sacrées de la société de son temps ; un Dieu qui n’a pas fui quand les soldats sont venus l’arrêter ; qui n’a pas gémi quand il a été trahi ; qui s’est tu quand on l’a insulté ; qui a pardonné quand on l’a crucifié et qui est ressuscité quand il est mort.

Actes, chapitre 2 , versets 17 à 39

On est un peu plus de deux milliards dans notre monde à croire que Dieu commence sa course ici-bas en compagnie des bêtes, dans une pauvre étable de Bethléem, et qu’il l’achève dans le visage torturé d’un vaincu, pendu à un gibet sous les quolibets de la foule, mais que Dieu ressuscite, c’est-à-dire, soyons précis : que Dieu ne fait pas renaître, que Dieu se moque bien d’agiter sous les yeux de la foule qui l’a mis à mort pour leur faire peur, pour leur dire qu’ils ont eu tort, pour bien leur montrer qu’ils se sont trompés et qu’en fin de compte, c’est toujours Dieu qui gagne à la fin, quoi qu’il arrive, non ! Que Dieu ressuscite, cela veut dire : que Dieu relève de la mort celui qui se fera entrevoir à une poignée de femmes éplorées et à des disciples tétanisés par sa mort.

Inutile de dire que cette histoire de résurrection, les premiers à ne pas y croire, ce furent les disciples eux-mêmes, qui n’étaient pas plus bêtes que nous. Au départ, l’incroyable n’est pas cru, tout simplement, puisqu’il n’y a jamais aucune raison valable de croire à l’incroyable.

Le plus ancien des évangiles, l’évangile de Marc, raconte tout ceci sans prendre de gants. Je vous relis ces quelques versets qui l’achèvent, spectaculaires :

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« Ressuscité le matin du premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie de Magdala… Celle-ci partit l’annoncer à ceux qui avaient été avec lui et qui étaient dans les deuils et les pleurs. Mais entendant dire qu’il vivait et qu’elle l’avait vu, ceux-ci ne la crurent pas.

Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui faisaient route pour se rendre à la campagne. Et ceux-ci vinrent l’annoncer aux autres ; eux non plus, on ne les crut pas.

Ensuite, il se manifesta aux onze, alors qu’ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. »

C’est exactement cela : au départ, l’incroyable n’est pas cru parce qu’il n’y a jamais eu aucune raison valable de croire à l’incroyable.

Pour croire à l’incroyable, il faut considérer que la résurrection, à l’image des moments les plus importants de nos vies, échappe justement au spectaculaire. Et cela, je crois qu’on peut l’affirmer : les événements les plus incroyables, dans nos vies, les exaucements secrets, les résurrections intimes, la vie redonnée, même la vie tout court, la simple naissance d’un enfant échappent – à l’image de la résurrection de Jésus-Christ - au spectaculaire. Et c’est peut-être en cela que la résurrection est la plus crédible. Parce que justement, elle ne cherche pas à se prouver ni à se démontrer. Elle s’impose, voilà tout, c’est ainsi qu’il faut le dire, elle s’impose à nous comme s’impose à nous le fait qu’il y a de l’incroyable dans nos vies, des événements qui échappent à toute logique, à toute raison, à toute compréhension, qui nous sont donnés, offerts à profusion. La résurrection est donc à l’image de la vie elle-même, de la vie ordinaire : imprévisible, abondante, généreuse, échappant aussi à tout moyen de la capturer, et parfois de la comprendre.

Ce qui est spectaculaire, en revanche, c’est la suite. Que les disciples ne s’en soient pas tenus là. Que la mort du Christ n’ait pas été une fin mais un nouveau commencement. Ce qui est spectaculaire, c’est de retrouver les disciples quelques temps plus tard, une poignée de semaines tout au plus, debout sur le forum en train d’haranguer la foule. Ces disciples investis dorénavant du feu sacré. Ces disciples qui ont fui au moment de l’arrestation de leur maître et que l’on retrouve aujourd’hui debout, prêts à tout donner, jusqu’à leur vie même. Ces disciples qui n’ont plus peur de rien, et qui vont, en trouvant un sens à la mort absurde de leur maître, transformer la défaite en victoire.

Ce sens, ils vont le puiser dans une relecture des prophéties de l’Ancien Testament : « Loin d’être absurde, la mort du Christ était planifiée, voulue par Dieu. Il fallait que Jésus meure. Nous sommes donc ici à mille lieux des exclamations effrayées de Nietzsche : « Dieu est mort, Dieu reste mort et c’est nous qui l’avons tué. Qui nous lavera de ce sang, etc....» Vous connaissez la suite ! Non. Loin de signer notre arrêt de mort, loin de signer notre condamnation éternelle, la mort du Christ en croix signe au contraire notre élargissement. Ce n’est pas la porte de la prison qui se referme sur nous, mais qui s’ouvre pour nous. Parce que ce n’est pas à cause de nous que Jésus meurt, c’est ce qui nous échappe si souvent ; ce n’est pas à cause de nous que Jésus meurt, c’est pour nous, pour notre délivrance et notre paix. Pour nous réconcilier avec Dieu. Nulle part vous ne trouverez dans tout le Nouveau Testament cette phrase : le Christ est mort à cause de nos péchés, à cause de nos bêtises, à cause de notre veulerie, de notre lâcheté, de notre peur, de nos trahisons, de nos reniements. Nulle part, jamais vous ne trouverez de tels actes de condamnation.

Dieu n’est pas notre victime ; Il est notre Sauveur. Ce n’est pas parce que nous ne valons rien, que nous sommes des bons à rien, mais, parce qu’au contraire, nous avons un prix infini aux yeux de notre Dieu que le Christ est mort. Est-ce que nous pouvons accepter cela ?

A défaut de l’accepter, pouvons-nous au moins admettre que sa mort, loin d’être un échec, est productrice de vie, d’une double vie. La vie pour le crucifié, à jamais, par la résurrection, éternellement élevé à la droite du Père. Christ n’est-il pas toujours vivant ? Mais la vie aussi par l’Esprit, la vie dans l’Esprit, c’est à dire la vie animée par le souffle éternel du Dieu vivant pour toute chair, c’est à dire pour nous tous ! Excusez-moi d’y revenir encore une fois mais contrairement à ce que prophétisait Nietzsche qui disait que Dieu mort, nous nous retrouvions seuls au monde, abandonnés à notre destin funeste, la mort du Christ en croix n’est pas pour nous une perte, c’est un gain. Un gain fabuleux, la promesse de l’habitation permanente de Dieu en nous et au milieu de nous par son Saint- Esprit. Vous vous souvenez peut-être de cette parole extraordinaire du Christ dans l’évangile de Jean : « Il vaut mieux pour vous que je m’en aille ; en effet, si je ne m’en vais pas le Saint-Esprit ne viendra pas à vous. » Jean 16,7

En écoutant Pierre, les gens sont bouleversés. On le serait à moins. Et ils demandent « ce qu’ils doivent faire », ce qui prouve bien que les hommes ne sont pas perdus, que leur bonne volonté est intacte ! Étrangement, cette question agit comme un écho lointain à celle du Christ en croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Ici, les auditeurs de Pierre se demandent ce qu’ils peuvent bien faire d’intelligent pour répondre à cet amour qu’ils comprennent enfin, pour répondre à tant d’amour, parce que nous les hommes on est tous ainsi faits ou à peu près : on ne peut rien recevoir sans vouloir donner à notre tour. Il suffit que l’on reçoive de la part de quelqu’un un peu d’amour et d’attention pour vouloir en donner au moins autant.

Alors qu’est-ce qu’on peut faire devant tant d’amour ?

C’est ici que Pierre répond : le baptême. Ce sera le premier acte des apôtres, le baptême au nom du Christ, pour le pardon des péchés et le don de l’Esprit.

3000 personnes accueillant la parole se feront alors baptiser. Pour eux, le baptême sera un acte de gratitude, une manière de remercier Dieu de ce qu’il leur donne. Ce sera leur manière à eux de dire merci à Dieu de les avoir affranchis. Et je crois qu’aujourd’hui encore, c’est ainsi que le baptême agit sur nous, sur nos enfants, parce qu’il inscrit nos vies dans une relation de gratitude et de confiance. Aujourd’hui encore, donner le baptême à nos enfants, c’est les libérer de tout autre relation à Dieu qu’une relation d’amour et de confiance, c’est accepter ce Christ qui se donne, qui nous conduit et nous régénère par son Esprit. Qui, loin de condamner pardonne, et au lieu d’enfermer élargit.


Emmanuel Rolland, pasteur
Emmanuel Rolland, pasteur

Après des études de théologie menées entre Strasbourg et Genève, conclues par un mémoire de licence sur la théodicée de Jean-Jacques Rousseau, Emmanuel Rolland enseigna le français dans une école de Madagascar, fut aide-soignant dans un EMS genevois, vigneron à Vuillerens avant de faire ses stages et de devenir pasteur dans l’EPG. Après 15 années passées à la paroisse de la Servette, il a rejoint la paroisse de Saint-Pierre-Fusterie où il exerce son ministère depuis septembre 2011.

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