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Le cœur fondant de la foi, une madeleine de Proust à partager

Eglise du Prieuré, Pully (1/3)
Diffusé sur Espace 2 le 07-02-2016
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Dans un monde qui éclate et qui se cherche, l’apôtre Paul nous pousse à retrouver les fondamentaux de notre foi, le coeur de ce qui nous fait vivre. En empruntant ce chemin, nous oserons assumer ce que nous croyons et le proclamer sans peur au plus grand nombre!


Prédication : David Freymond, pasteur

Co-célébrant : Christiane Golay, Réjane Marti

Organiste : Anne-Claude Burnand-Maury

Musiciens : Catherine Dutoit-Rouard, soprano

Présentation : Gabrielle Desarzens

Prédication

Le cœur fondant de la foi, une madeleine de Proust à partager

C’est le souvenir d’un dessert d’enfance, un peu à l’image d’une madeleine de Proust, mais dont le goût serait toujours resté en bouche. Un dessert qui a couronné de nombreux repas de famille au restaurant, moments privilégiés qui restent comme des pépites dans la mémoire du cœur et du goût. Le pic du bonheur était ce moment tant attendu où le serveur déployait cérémonieusement la carte des glaces ! Le choix était moins étendu qu’aujourd’hui : il y avait l’inévitable cassata, le parfait moka que seuls les adultes avaient le droit de flamber, l’orange givrée, l’indétrônable colonel que nous, les enfants, n’osions pas un instant convoiter… Et il y avait surtout ce fameux petit dôme, tout rond, granuleux par les morceaux croustillants contenus dans un chocolat qui le recouvrait entièrement. Cet igloo, puisqu’il s’appelait ainsi, avait la particularité de renfermer un cœur coulant de caramel. Mais pour le gagner, il fallait casser la croûte en chocolat, entamer la glace à la vanille et, récompense suprême, goûter au Graal du coulis.

Esaïe, chapitre 6 , versets 1 à 8
1 Corinthiens, chapitre 15 , versets 1 à 11
Ephésiens, chapitre 3 , versets 17 à 19

Le sommet du bonheur se trouvait dans le cœur du dessert.

Sans le coulis qu’il renfermait, le dessert aurait perdu toute sa saveur et tout son intérêt.

« Je vous rappelle, frères, l’Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, auquel vous restez attachés, et par lequel vous serez sauvés si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain ».

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Le cœur de la foi.

Dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe, Paul pointe du doigt le centre de la foi, le cœur du message évangélique. Il désigne ce cœur qui palpite et qui transmet la vie, ce cœur qui donne du sens, du goût, et en même temps qui structure la foi et l’existence des croyants, à l’image du coulis délicieux et irremplaçable de notre igloo caramel.

Si Paul prend la peine d’annoncer quelque chose que les chrétiens de Corinthe ont déjà entendu, s’il leur fait connaître à nouveau un message qu’ils ont déjà reçu, et auquel ils ont déjà cru, c’est qu’il sait qu’il s’adresse aux croyants d’une Eglise tourmentée. En effet, depuis quelque temps, la communauté, même si elle forme un groupe toujours aussi bouillant, spontané et enthousiaste, est divisée, traversée par toutes sortes de courants spirituels qui se heurtent les uns aux autres. Au final, c’est une Eglise qui se retrouve fragilisée à l’extrême dans ses convictions.

Et c’est la compréhension même de l’Evangile qui s’en trouve affaiblie : la confusion règne à Corinthe. Pour Paul, il s’agit de mettre de l’ordre. Et pour cela, il va repréciser les termes mêmes du message évangélique. Il lance alors un appel à revenir aux bases de la foi, à retourner à la source de ce qui porte les croyants.

Il invite à revenir au cœur de la foi, ce cœur vivant qui donne du sens, du goût, et qui structure la foi et l’existence de ceux qui croient.

Si Paul remet par écrit ce qu’il a déjà eu l’occasion d’écrire, de dire, de proclamer, c’est qu’à ses yeux il y a un fondement qui ne peut en aucun cas être remis en question. Un cœur de la foi qui n’est pas négociable, échangeable ou remboursable. Ce cœur de la foi, que nous redisons régulièrement dans nos confessions de foi, c’est en particulier la mort et la Résurrection du Christ, c’est le cœur de ce qui fait de la foi un mouvement de l’être tout entier, et pas seulement quelques mots écrits ou quelques paroles prononcées. Une foi vivante. Une foi qui fait vivre. Pour cela, il s’agit de « tenir fermement dans l’Evangile », comme le dit Paul, qu’on pourrait traduire aussi par « tenir le coup » ou « tenir debout » dans l’Evangile.

Chers amis, ce message de Paul n’en finit pas d’être actuel. Il traverse les siècles pour nous rejoindre ici, dans notre monde contemporain, ce monde qui se délite, où tant de gens recherchent dans toutes sortes de directions du sens à ce qu’ils font et à ce qu’ils sont, ce monde où il nous arrive même d’être attaqués parce que nous sommes chrétiens, ou en tout cas d’être pointés du doigt, d’être critiqués.

Face à cela, le message reste toujours le même : il nous faut rester fermes sur les fondements de notre foi. Il nous faut « tenir le coup », « tenir debout » dans l’Evangile.

Et ce n’est pas tout : l’autre actualité de cette lettre de Paul, c’est de constater combien notre compréhension de l’Evangile peut être confuse, comme l’était celle des chrétiens de Corinthe. Il faut donc toujours repréciser les termes de la foi, revenir aux bases de l’Evangile. Pour cela, Paul reprécise les mots, il pèse chaque terme : « Le Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures. Il a été enseveli. Il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures ».

Mais n’allons pas croire qu’aux yeux de Paul, la simple récitation d’un credo ou l’adhésion à un texte suffise. Cette confession de foi doit s’adresser à notre être tout entier, pas seulement à la raison ou à l’intelligence : je suis personnellement concerné par la mort de Jésus. Je confesse que ce sont mes erreurs, mes incapacités, mes manquements qu’il porte. Je m’approprie personnellement cette vérité, à chaque instant de ma vie.

Dans cette même veine, Paul rappelle que nous n’avons jamais fini d’approfondir ce qui fait notre ancrage spirituel dans l’Evangile. Nous avons toujours et encore besoin de saisir toute la portée de ce cœur vivant de la foi pour continuer à grandir dans la grâce de Dieu.

Paul le dit autrement dans sa lettre aux Ephésiens : l’amour du Christ dépasse jusqu’à notre entendement. Plongez vos racines dans l’amour et soyez solidement construits sur cet amour. Alors vous serez capables de comprendre avec tous les chrétiens la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de l’amour du Christ. Vous connaîtrez cet amour qui dépasse tout ce qu’on peut connaître. Vous recevrez toute la vie de Dieu, et il habitera totalement en vous.

Et pour finir, Paul met le doigt sur l’importance de la transmission : « Que ce soit moi, que ce soit eux, voilà ce que nous proclamons, voilà ce que vous avez cru ». Que faisons-nous de cet appel à ne pas garder pour nous seuls le cœur du message qui nous tient debout, ce message qui nous permet de tenir le coup ?

Que faisons-nous de l’appel de Jésus lui-même à être le sel de la terre et lumière du monde ? Et à porter haut cette lumière, sans peur et sans honte ? Dans ce monde déchristianisé, de plus en plus pluraliste et éclaté, ça devient chaque jour plus difficile d’oser affirmer avec force et audace le message évangélique !

C’est plus confortable pour nous de présenter notre foi sous des dehors ouverts, tolérants, plus faciles à entendre pour les autres et certainement à dire pour nous. Mais à force d’être tellement ouverts et tolérants, est-ce qu’on ne court pas le risque d’édulcorer la force du message évangélique, de le rendre si malléable qu’il finit par être trahi ? Regardez Paul, lui qui était parmi les plus grands persécuteurs des chrétiens de son époque, regardez-le comme il s’est retourné, comme il s’est enflammé, et à quel point la grâce l’a touché ! Regardez-le, comme ça l’a conduit à aller de l’avant et porter haut et fort cet Evangile qui lui a rendu la vie et qui lui a permis de faire infiniment plus que tout ce qu’il aurait lui-même imaginé ! La grâce de Dieu l’a mis en route et lui a permis de réaliser des exploits ! Cette grâce de Dieu, il l’a proclamée sans la travestir, sans compromis aucun.

Cette grâce de Dieu est-elle morte aujourd’hui ? Le cœur de la foi s’est-il asséché ?

Dieu a-t-il retiré sa grâce de notre monde ? Son amour est-il tari ? Son Evangile a-t-il pâli ? La Bonne Nouvelle de la Résurrection s’est-elle affadie ?

Les enfants nous ont exprimé tout à l’heure la force de leur conviction. Leur témoignage est puissant, et doit nous encourager à continuer notre lutte. Et les auditeurs, à leur tour, nous ont répondu. Merci à eux ! Gabrielle, pouvez-vous nous lire ces réponses ?

Bonne Nouvelle : aujourd’hui encore, le message de l’Evangile brûle sur la terre, aujourd’hui encore il transforme des vies, il laboure des cœurs, il redonne du sens ! Mais pour qu’un message soit transmis, il lui faut des messagers. Alors, comme Paul, comme les enfants de notre paroisse, comme les auditeurs qui nous ont répondu, nous sommes appelés à laisser la grâce de Dieu agir en nous pour qu’elle ne soit pas vaine, mais qu’elle produise du fruit.

Le cœur de la foi que nous avons reçu, c’est cette vie du Christ, cette mort et cette Résurrection du Christ qui transforment notre propre vie. Cette vie du Christ qui vient ébranler nos lâchetés et nos compromis, cette vie du Christ qui vient renverser nos comportements pour allumer la foi sur la Terre, cette vie du Christ qui fait éclater toutes les forces de mort en nous, et autour de nous.

Croyons-nous cela ? Si nous répondons oui, alors nous pouvons entamer mercredi ce temps de Carême, notre montée vers Pâques, avec confiance et dans la paix, solides dans la foi, et nous tiendrons debout jusqu’au jour de la victoire !

Amen !


David Freymond, pasteur
David Freymond, pasteur

David Freymond est né en 1973 à Lausanne. Après des études de théologie à Lausanne et une licence obtenue en 1998, il a effectué un stage pastoral dans la paroisse de Gland. Il a effectué ensuite 9 années de ministère pastoral à Crassier, dans la paroisse de la Dôle. Il a ensuite été pasteur de la paroisse de La Sarraz, puis de celle de Pully-Paudex dès 2014. Il a siégé à la commission de consécration, puis à la vice-présidence du Synode, et enfin à la présidence du Synode. David Freymond est marié et est père deux enfants.

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Commentaires

Commentaires

 
#18 Auditeur 23 08-02-2016 11:22
Dieu est mon ami, mon confident et mon soutien.
 
 
#17 Auditeur 22 08-02-2016 11:22
Dieu est le Père de Jésus Christ, sans lequel je ne suis rien.
 
 
#16 Auditeur 20 08-02-2016 11:20
Un compagnon de tous les jours qui me donne force, courage et espérance. Annelise
 
 
#15 Auditeur 19 08-02-2016 11:19
Dieu est Amour, il me soutient dans les épreuves. Josette
 
 
#14 Auditeur 18 08-02-2016 11:18
La Toute-Puissance de l’Amour et de la Tendresse. Micheline
 
 
#13 Auditeur 17 08-02-2016 11:18
Pour moi Dieu c’est quelqu’un qui me protège et qui est toujours là. Julien, 10 ans
 
 
#12 Auditeur 16 08-02-2016 11:17
Dieu est pour moi l’ami en qui j’ai confiance. Lui aussi peut avoir confiance en moi.
 
 
#11 Auditeur 14 08-02-2016 11:16
Une force intérieure qui génère confiance et espérance et se manifeste au moment utile. Ruth
 
 
#10 Auditeur 13 08-02-2016 11:15
Bonjour, pour moi Dieu est le tout et le rien, visible et invisible en dedans, en dehors de moi. Il est amour, lumière ? Merci ! Hilda
 
 
#9 Auditeur 12 08-02-2016 11:15
Dieu est comme un ami parce qu’il est toujours présent. Vivienne, 7 ans et demi
 

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