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"Célébrer Nicolas de Flue"

Temple d'Yverdon (1/4)
Diffusé sur Espace 2 le 10-09-2017
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Espace2

RTSreligion propose en direct depuis la 20ème Schubertiade d’Espace 2, une matinée spéciale avec une célébration œcuménique suivie d'une table ronde. L’occasion de « Célébrer Nicolas de Flue » dont on commémore cette année le 600ème anniversaire.

Les productions « Messe » et « Culte » cèdent la place à une émission de deux heures construite autour de la figure de Nicolas de Flue. En quoi le Saint de Suisse centrale est-il source d’inspiration spirituelle pour aujourd’hui? Comment cette figure emblématique a-t-elle prit corps dans la culture populaire, l’espace sociale, dans les images, la musique ou encore le théâtre?

Présentée en direct de la Schubertiade d’Espace 2 à Yverdon cette émission débutera par une célébration oecuménique proposée par l’Eglise catholique romaine, l'Églises évangélique du canton de Vaud ( EERV) et l'Eglise évangélique Fraternité chrétienne d’Yverdon. Elle sera suivie en seconde heure par une table ronde autour du Saint de Suisse centrale. Une production Médias-pro & Cath-Info en partenariat avec Espace 2.

De 9h à 10h : Célébration oecuménique

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Célébration oecuménique en direct du Temple d'Yverdon, avec l’Abbé Philippe Baudet, pour la prédication, les pasteurs Olivier Bader, François Lemrich, Christian Stoll, Soeur Suzanne Page, Véronique Paradisi et Frédéric Schäfer pour la liturgie.

Avec la participation musicale de la "Chorale du Brassus", sous la direction de Stanislava Nankova et du "Groupe musical Fraternité chrétienne" sous la direction de Christian Stoll.

Lectures bibliques : Romains, chapitre 12 , versets 9 à 12 /Romains, chapitre 12 , versets 16 à 18 / Marc, chapitre 1 , versets 32 à 39

De 10h à 11h : Table ronde

En direct du stand Espace 2 du Village Radio, place Pestalozzi à Yverdon, avec Pascal Mayer, directeur de Chœurs, Dominique de Buman, Conseillé national fribourgeois, Jean Winiger, comédien et animateur d'un parcours sur Nicolas de Flue en ville de Fribourg, Lusia Markos Shammas Asmaroo, aumônière de l’Église catholique en établissement scolaire et à l’armée suisse et Abraham Llucia Lopez, artiste peintre et sculpteur.

Avec Estelle Revaz au violoncelle et Naré Karoyan au piano.


Prédication : Philippe Baudet, Abbé

Co-célébrant : Olivier Bader, François Lemrich, Christian Stoll, Soeur Suzanne Page, Véronique Paradisi et Frédéric Schäfer

Musiciens : "Chorale du Brassus", sous la direction de Stanislava Nankova,
"Groupe musical Fraternité chrétienne", sous la direction de Christian Stoll

Présentation : Sabine Petermann

Prédication

Célébrer Nicolas de Flue

Chers frères et sœurs,

Romains, chapitre 12 , versets 9 à 12
Romains, chapitre 12 , versets 16 à 18
Marc, chapitre 1 , versets 32 à 39

Nous sommes tous suroccupés, ou trop préoccupés. Comme mon ami François : l’autre jour il me racontait que, tellement sous pression et overbooké, il en a oublié de s’inscrire à un pèlerinage pour Flüeli-Ranft auquel il avait décidé de participer. Dommage, car il aurait pu apprendre quelque chose de frère Nicolas de Flüe pour unifier ses aspirations profondes avec ses contraintes professionnelles et familiales.

Oui, je suis convaincu que le témoignage de cet homme peut aider tous les croyants, et également tous les hommes de bonne volonté.

Cela nous sera d’autant plus précieux que les conditions actuelles de vie et de travail nous fragilisent. Et si la souffrance et les épreuves nous ont touchées, nous nous retrouvons écrasés et déchirés.

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Il y a 600 ans dans les campagnes de Suisse centrale, si on ne parlait pas de burnout, M. Nicolas de Flüe devait quand même être pas mal stressé et sous pression avec tout ce qu’il avait à faire. Pensez : une grosse entreprise agricole florissante, une grande famille avec 10 enfants, un engagement social important et des charges dans la justice.

Pourtant il réussit à prendre du temps pour se retirer régulièrement, se relevant la nuit et se cachant dans la forêt en journée. Toujours très discrètement, il se met à l’écart et il prie. Dans ces moments-là, il devait penser à ce qu’il vivait et réfléchir aux enseignements reçus, il luttait contre les tentations et il cherchait Dieu.

Ce Dieu qu’il cherche, frère Nicolas le visualise sous la forme d’un cercle, comme le puits au fond duquel il y a l’eau vive. De cette forme de roue sortent trois rayons, expression d’un être divin ouvert qui se donne : se donnant dans le Père, source de vie et créateur ; dans le Fils, le « je t’aime » divin qui prend corps dans notre humanité ; et dans le souffle de l’Esprit qui rend le Seigneur présent et agissant dans notre vie quotidienne. Avec trois autres rayons dirigés, eux, vers le centre, exprimant la réponse humaine à la suite de Jésus dans le choix d’accueillir sa venue, de se fier à sa Parole et de se donner par amour.

Tout cela fait de Nicolas un homme particulièrement bon, juste, honnête et humble : il est très sensible aux injustices, il voit les dangers du gain facile et des richesses, il est conscient des risques liés au désir d’expansion et de pouvoir. Tout cela le conduira à vivre d’une manière différente de la majorité de ses contemporains, refusant d’être membre du gouvernement cantonal et abandonnant sa tâche de juge pour dénoncer une décision injuste du tribunal

Un tel comportement ne ressemble-t-il pas à celui de Jésus qui passe en faisant le bien, avant de se retirer dans un lieu désert pour prier ? Un retrait dans la prière qui donnera à Jésus discernement et force pour résister à la tentation du succès, et pour choisir d’aller plus loin accomplir cette Bonne Nouvelle pour laquelle il est sorti de Dieu (cf. Marc 1, 32-39).

Alors, chers frères et sœurs, pourquoi ne pas prendre exemple sur frère Nicolas ? Sur les 24 heures de notre journée, nous pourrions trouver quelques minutes, ou un peu plus, pour nous retirer, pour aller au cœur, retrouver le calme, faire une relecture, se ressourcer et se laisser enseigner, afin de se retrouver soi-même et de chercher un Tout-Autre, afin de donner sens.

Sans vouloir faire exactement comme saint Nicolas de Flüe, mais à notre manière et selon nos possibilités, il s’agit de trouver chaque jour un espace ressourçant capable de transfigurer notre vie, et nous donner d’avoir du cœur !

En tout cas, Nicolas de Flüe a certainement vu son existence peu à peu transformée par ces temps de prière réguliers. Mais il a aussi connu la tempête du doute et des questionnements, cherchant quelle est sa voie et comment répondre à l’appel qu’il ressentait ; au point de connaître une profonde crise existentielle, avec des phases dépressives.

Il s’en est ouvert à un ami prêtre à qui il a demandé conseil. Ce dernier l’a encouragé à s’abandonner avec confiance à la volonté de Dieu et il l’a invité à méditer la Passion de notre Seigneur Jésus Christ.

La contemplation de ce Jésus, tout homme et tout Dieu, totalement donné par amour pour la vie et le bonheur de l’humanité, voilà qui va l’amener à désirer tout quitter pour se donner tout entier. Ainsi prend naissance son projet de partir en pèlerinage : se détacher de tout ce qui lui appartient et renoncer à tout ce qui lui offre assurance et bien-être.

Il entame alors de longues discussions avec son épouse. Mme Dorothée Wyss voyait bien que son mari était engagé dans une expérience spirituelle particulière qui le prenait tout entier et à laquelle il ne pouvait se soustraire.

Elle donne alors son accord à son mari qui considérera cela comme l’une des grandes grâces reçues du Seigneur. Ayant assuré la sécurité économique de sa famille, Nicolas peut s’en aller vers l’Allemagne, bien décidé à ne jamais revenir.

Mais avant même d’avoir passé la frontière, les conseils d’un habitant et un songe nocturne l’incitent à revenir en arrière et l’amènent à s’installer dans la forêt tout près de chez lui.

Quelque soit l’endroit où frère Nicolas a fini par se poser, désormais il a laissé les êtres et les biens qui lui assuraient affection et sécurité, pour devenir un être tout donné.

Ce qui ressemble fort au mouvement opéré par l’envoyé de Dieu Sauveur : ne gardant rien pour lui, Jésus n’est-il pas sorti de Dieu pour descendre sur terre et nous rejoindre au plus bas de notre condition humaine, dans le service du prochain et le don de sa vie ?

Alors, chers frères et sœurs, une telle désappropriation, en vue d’un don de soi par amour, ne nous invite-t-elle pas à un esprit de détachement par rapport à tout ce qui est extérieur à nous, afin d’être libres pour aller au cœur de soi et de la vie, afin d’avoir du cœur envers les autres et vis-à-vis de Dieu ?

Nicolas de Flüe mène donc une vie d’ermite à quelques pas de son village et de sa famille : retiré de la vie économique et sociale, il n’a plus rien et il ne joue plus aucun rôle dans la société, il vit à l’écart en dehors du monde.

Mais le monde va venir à lui : de près et de loin, gens du peuple comme dirigeants, on vient le trouver pour se confier et lui demander conseil. Et tous trouvent en frère Nicolas un accueil cordial, une oreille attentive, une grande compassion, des paroles qui ne disent pas ce qu’il faut faire mais qui encouragent et donnent confiance, avec un message qui indique le chemin de la paix.

Et voilà qu’un jour se répand la rumeur : Nicolas ne mange rien, il se nourrit uniquement du pain partagé Corps du Christ qu’il reçoit dans l’eucharistie. Après vérification, il s’avère qu’effectivement aucune nourriture ne parvient à l’ermitage. Interrogé sur ce phénomène inexplicable, celui que tous considèrent comme un saint ne dira rien de plus que ceci : Dieu seul sait !

Ainsi le Seigneur Jésus suffisait-il à nourrir frère Nicolas : n’ayant pour seule nourriture que le Christ, Parole de Dieu, pain partagé pour la vie du monde, présence de Dieu dans le service du prochain et en quiconque se trouve dans le besoin.

À la manière de celui qui, assis au bord d’un puits en Samarie, avait déclaré à ses disciples : Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. (Jean 4,34)

Si frère Nicolas a été nourrissant pour les gens et a partagé à tout le pays le pain qui fait grandir la paix, c’est parce qu’il s’est nourri aux profondeurs de son être, c’est parce que le Christ l’a totalement nourri.

Alors, chers frères et sœurs, sans vouloir nous lancer dans des jeûnes interminables, n’aurions-nous pas à entendre là un appel à aller nous alimenter à ce qui est capable de nourrir véritablement notre existence : aller au cœur de nous-mêmes, aller au Christ, pour y trouver la force et la paix qui nous permettront de tenir bon dans une existence trop souvent épuisante et éclatée. À chacun de trouver ce qui peut nourrir son être profond, ses liens avec les autres et sa vie spirituelle.

À ce moment-là, sans partir à l’autre bout du monde pour sauver toute l’humanité, mais en menant une existence différente là où nous nous trouvons, et ceci même si nous sommes bloqués ou enfermés, je suis certain que nous serons nourrissants pour nos proches, et notre manière d’être deviendra facteur de paix.

Etant allés à la source, nous deviendrons nous-mêmes un peu source de vie pour les autres. Ainsi, à travers nous, les rayons lumineux de l’amour d’un Dieu Père, Fils et Esprit, pourront atteindre les hommes d’aujourd’hui.

J’espère que mon ami François, qui n’a pas pu aller en pèlerinage à Flüeli-Ranft, nous écoute ce matin. En tout cas je souhaite qu’il puisse découvrir notre frère Nicolas et les chemins que ce saint helvétique nous ouvre. Car son témoignage peut nous aider à trouver comment mener une existence heureuse et paisible, alors même que nous sommes sous pression et overbookés.

Chers frères et sœurs, laissons Nicolas nous conduire au coeur, y découvrir le cœur de Dieu, et ainsi avoir du cœur pour les autres.


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