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Il faut que je vous dise : « je ne sais plus où j'en suis »

Centre paroissial de Chêne-Bourg (1/3)
Diffusé sur Espace 2 le 25-02-2018
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« Je ne sais plus ou j'en suis » ! Qui n'a jamais été traversé par cette pensée? Qui ne s'en est jamais ouvert à un ami?

Cette pensée pourrait caractériser celle des disciples de Jésus dans l'Evangile de Marc.

Ils côtoyaient Jésus en chair et en os et pourtant il n'ont pas été épargnés du trouble profond que représente le fait de ne plus savoir comment ça continue. Il faut dire que, comme nous, ils avaient leurs besoins, leur attentes et leurs représentations de ce que devraient être la vie, la foi et Dieu.

Et si ce trouble était l'une des composantes de la foi? Une sorte de vertige qui nous entraîne à lâcher un peu de nos sécurités, à suivre l'invitation du Christ à « Ecouter » et à nous laisser conduire par la voix du silence qui parfois se donne à entendre derrière la Parole.


Prédication : Michel Schach, pasteur

Co-célébrant : Philippe Lechaire et Roselise Kaloudis

Organiste : Margot Boitard

Présentation : Tristan Miquel

Prédication

Il faut que je vous dise : « je ne sais plus où j'en suis »

Et vous ? Y en a-t-il parmi vous qui n’ont jamais été traversé par cette pensée ou qui n’ont jamais recueilli cet aveu de la part d’un proche, d’un ami ou d’une amie ; entendu quelqu’un leur dire : « Je ne sais vraiment plus où j’en suis. »

Marc, chapitre 9 , versets 2 à 10
1 Rois, chapitre 19 , versets 8 à 9
1 Rois, chapitre 19 , versets 11 à 13
2 Corinthiens, chapitre 3 , versets 16 à 18

Crise passagère ou état qui s’installe ?

Si ça vous arrive quand vous êtes jeune, en général, vous arrivez à faire la part des choses,

vous arrivez assez vite à mettre cette pensée, ce tourment de côté. Quand ça vous arrive avec l’âge, ça « cogne » plus profond, ça va vous chercher plus loin. Il n’est pas rare qu’en ces moments, on remette même en cause jusqu’aux fondements de la foi. Tout est remis en question.

Lire la suite

Dans ces instants du « je ne sais plus où j’en suis », on a beaucoup de difficulté à entendre quelqu’un qui vous dit : « Mais, enfin, ce n’est quand même pas si grave. Réfléchis : il y a eu tous ces beaux moments dans ta vie. » On a de la peine à entendre cela et il faut beaucoup de persuasion à l’autre pour nous en convaincre, tant il est vrai que la voix qui nous dit : « Là, tu ne sais vraiment plus ou tu en es... » a l’indélicatesse de s’installer profondément en nous.

Il se peut que dans ces moments, on découvre que de grands spirituels, telle Mère Teresa, par exemple, ont eux aussi connu ces moments difficiles. Cette femme a mis toute sa vie au service des autres. Or, elle a révélé – ou, du moins, on a révélé d’elle – que pendant plus de 50 ans de sa vie, elle était face à un mur dans sa prière, dans sa foi. Cela peut faire du bien, cela peut vous rendre admiratif, cela peut vous permettre, un temps, de vous dire : je ne suis pas tout seul. Mais après très peu de temps, souvent, on tourne la page.

Combien d’hommes et de femmes sont-ils capables de vraiment prendre en considération cet aveu, comme une des composantes de la vie, sans trop vite l’étouffer, la recouvrir, la chasser en espérant qu’elle ne se repointe pas trop vite à l’horizon ?

« Je ne sais plus où j’en suis ».

Parmi les scientifiques, les grands scientifiques, il y en a parfois qui confessent que, plus ils avancent dans leurs champs d’investigations, moins ils ont l’impression de savoir.

Les croyants, les pasteurs même, peuvent passer par cela et, un jour ou l’autre, se dire : « Et si je m’étais trompé ? Et si j’avais cru pour rien ? »

Si, dans l’Evangile de Marc, les disciples de Jésus préfigurent les croyants, on pourrait dès lors comprendre ce « je ne sais plus où j’en suis » comme l’une des marques de fabrique des croyants. L’Evangile de Marc, en effet, ne cesse de préciser, à propos des disciples, qu’ils ne comprenaient pas, qu’ils n’osaient pas demander, qu’ils ne savaient pas ce que Jésus était en train de leur dire. Et pourtant ils côtoyaient Jésus en chair et en os.

Même le fait d’être dans la proximité immédiate du Christ ne vous épargne pas le tourment profond, l’épreuve du sens d’exister.

Cela est particulièrement vrai dans la deuxième partie de l’Evangile de Marc, qui commence au chapitre 8, jusqu’à la fin de l’Evangile, au chapitre 16. Cette seconde partie pourrait elle-même se diviser en deux : la première, appelée « le temps des disciples » (André Couture et François Vouga in « La présence du Royaume » ), recouvrant les chapitres 8 à 13 et la seconde, la Passion du Christ proprement dite, aux chapitres 14 à 16.

Vous l’aurez peut-être perçu, le récit du jour fait donc partie du « temps des disciples », temps qui est notamment ponctué par 3 annonces par Jésus de sa passion, Jésus qui dit à ses disciples qu’il va mourir en croix. (Mc 8 : 31-33 ; 9 : 30-32 ; 10 : 32-34).

On comprend que de telles annonces n’aient pas laissé les disciples indemnes, remettant en question leur choix de vie profond. Ils avaient suivi ce type, ils avaient espéré des choses et voilà qu’il leur annonce qu’il va être crucifié, qu’il va – pardonnez-moi l’expression – finir lamentablement sa vie. Leur choix de vie a été remis profondément en question, leur foi aussi. A partir de là, tout en eux a été comme une objection, un sentiment d’incompréhension et de refus.

Le récit de la Transfiguration de Jésus se situe très exactement entre la première et la deuxième annonce de la Passion par Jésus. Comment appréhender cette histoire ? On l’a comprise comme un récit d’intronisation, comme une vision prophétique, une théophanie, une vision apocalyptique – étant entendu que de telles métamorphoses (translittération du mot grec, traduit par « transfiguration ») étaient courantes dans la mythologie et les religions hellénistiques.

D’autres y ont vu une « rétroprojection pascale », ou, pour le dire autrement, un récit que Marc a « antidaté ». En effet dans l’Evangile de Marc, il n’y a pas de récits d’apparition de Jésus après sa résurrection. La version attestée de cet Evangile, se termine au verset 8 avec des femmes qui rentrent chez elle parce qu’elles ont peur. Hypothèse des théologiens : le récit de la résurrection serait venu se glisser dans le corps de la narration et se trouverait là, dans ce récit de la transfiguration.

D’autres encore ont vu, dans ce récit de la transfiguration, une pause bienvenue pour les disciples que Jésus leur offre pour se reposer après le premier choc de la première annonce de la passion. Voyant qu’ils avaient de la peine à faire face, il leur a offert un petit temps de repos, de congé !

Il est vrai que notre péricope commence par la précision « après 6 jours ». Après six jours, le septième est le jour du repos, c’est le jour du Sabbat – et c’est aussi le jour de la Résurrection.

Avant d’aller plus loin, vous conviendrez avec moi que le récit de la transfiguration est un texte tellement dense, qui évoque tellement d’autres passages bibliques, qu’on pourrait se dire aussi qu’il tient lieu de récapitulation de la foi, d’état des lieux de la foi. Ça veut dire, pour quelqu’un qui a été profondément ébranlé, que Marc donnerait ici, en quelque sorte, le visage d’un croyant qui essaie de se retrouver, de (re)stabiliser les références qu’il connaît, de reconstruire sa foi dans ce grand trouble du « je ne sais plus où j’en suis ».

Cette foi, il est vrai, est constituée de moments différents : des moments de combats, d’autres de retrait, des moments singuliers qui, dans la Bible, se déroulent souvent sur une montagne.

Pensez à l’appel des douze disciples (Marc 3 : 13-19), il a lieu sur une montagne ; pensez à ce moment, après la multiplication des pains – un moment fort de Jésus avec ses disciples – où Jésus se retire dans la montagne pour prier. Il laisse ses disciples faire face à la tempête sur la mer, se débattre contre vents et marées, contre l’hostilité. Il prend le temps de prier sur la montagne toute une nuit avant de rejoindre ses disciples très affectés et, curieusement, au lieu que cela les réjouisse, cela les effraie.

Quelques heures avant son arrestation à nouveau Jésus se retire sur une montagne, le Mont des Oliviers, au jardin de Gethsémané, là encore pour prier. Dans ce moment, il prend avec lui trois disciples, les trois mêmes, curieusement, que l’on retrouve ici, à savoir Pierre, Jacques et Jean. Pourquoi ces trois seulement, et pas les douze ?

Les porteurs de prothèses auditives vous diront que, à partir de 3 personnes, ils n’entendent plus rien. Au temps de Jésus, le problème des prothèses ne se posait évidemment pas ! Mais on conviendra en revanche que pour faire part d'une réalité sensible et intime, on s’exprime rarement devant tout un auditoire : on en retient quelques-uns, les plus proches, et on essaie de partager avec ceux-là les crises et les tourments/tournants de la vie.

Alors, Pierre, Jacques et Jean, la garde rapprochée de Jésus ? Mais vous le savez - c’est connu par la peinture, par toutes sortes de références – ces trois disciples, à Gethsémané, ne parviennent pas à veiller même une heure avec lui, ils s’endorment alors que Jésus a tellement besoin d’avoir quelqu’un qui prie avec lui.

D’autre part, après la première annonce de la Passion, Pierre s’oppose avec virulence à Jésus en lui disant : « Ça ne t’arrivera pas ! » Et après la troisième annonce de la Passion, Jacques et Jean n’ont pas d’autre idée en tête que de demander à Jésus de leur réserver les meilleures places à sa droite et à sa gauche dans le Royaume. Comme garde rapprochée, on peut faire mieux ! A moins que Jésus ait choisi finalement les plus maladroits pour les emmener avec lui, ce qui voudrait dire, en quelque sorte, que le croyant est quelqu’un qui accepte ses propres maladresses, ses doutes, qui accepte de n’être pas un héros dans la foi.

Parmi les fondamentaux de la foi que récapitule notre passage, à côté de la montagne, il est aussi fait référence à Moïse et Elie, dont les destinées sont étroitement liées à la montagne.

Moïse, c’est l’emblème de la sortie d’Egypte, de la sortie de tous nos esclavages, c’est la libération de ces réalités qui, avec le temps, finissent par nous aliéner au point qu’il devient difficile d’envisager les choses autrement.

Moïse, c’est aussi la figure des 10 Paroles reçues sur la montagne pour demeurer libre au milieu des pièges de la vie, religieuse, sociale, économique, politique et même familiale.

Moïse, c’est la figure du témoin de Dieu par excellence ; il pourrait aussi être une clé de lecture pour interpréter le fait que, dans le récit de la transfiguration, les habits de Jésus sont devenus éblouissants, comme l’était le visage de Moïse lorsqu’il est descendu du Sinaï après sa rencontre avec Dieu.

Cette brillance de Moïse puis de Jésus peut constituer un indice que, pour la première alliance déjà, la Loi n’est déjà plus à chercher au ciel, mais à trouver au milieu de son peuple.

Quant à Elie, c’est un autre prophète. Il a d’abord accompli un événement fort : il a réussi à mettre le feu à un sacrifice là où 300 prophètes de Baal n’ont pas réussi. Mais après cela, il s’est dépensé dans une virulence extrême et a exterminé ces 300 prêtres de Baal avant de sombrer dans une dépression. On voit Elie totalement déprimé et c’est dans cette dépression que Dieu vient rechercher Elie et le conduire à la montagne pour lui apprendre à réécouter Dieu autrement. Dieu se révèle à lui de façon nouvelle, cette fois-ci non pas dans la puissance, mais dans la faiblesse d’une voix de silence, d’un souffle ténu.

Moïse, c’est celui qui a eu beaucoup de peine à se laisser convaincre par Dieu qui l’a appelé près du buisson ardent. Elie, c’est la figure messianique qui a accepté de confesser « Je ne vaux pas mieux que mes pères. » (1 Rois 19 : 4). Moïse et Elie sont restés dans la foi comme de grandes figures mais ont, l’un et l’autre, gardé des caractères très humains.

Il est dit de Moïse que personne n’a jamais connu son tombeau jusqu’à ce jour (Deut. 34 : 9).

Quant à Elie, on ne sait pas comment, où il est parti, il n’a pas de tombe parce qu’au terme de sa vie, il a été emporté sur un char de feu.

Ce qui frappe, dans la relation de la transfiguration dans l'Evangile de Marc, c’est que rien n’est dit du contenu de l’entretien entre Jésus, Moïse et Elie. Il n’est pas dit que les deux pairs encouragent Jésus. Ils sont sur pied d’égalité, il n’est pas dit que Jésus les domine. Il n’y a pas de rapport hiérarchique entre eux, ils sont en unité de présence et de révélation de Dieu. On pourrait s’amuser de la proposition de Pierre de dresser trois tentes (la tente fait elle aussi partie des réalités fondamentales de la Bible, pensez à la tente de la rencontre, préfiguration du temple ou à la fêtes des tentes, etc.)

Déjà Calvin faisait remarquer le contenu incongru de cette proposition dès lors que les trois protagonistes sont dans la gloire. De quoi s’agit-il dans cette proposition ? D’un bivouac ? Mais alors d’un bivouac dont Pierre s’exclut. Il n’a pas pensé à dresser une tente pour lui.

En langage plus moderne, on peut penser à ce besoin, quand on vit quelque chose de fort, de faire un temps d’arrêt… et puis de faire un cliché ! Aujourd’hui (presque) tout le monde a un téléphone portable et l’on ne cesse de faire des clichés, des selfies, pour capter, garder  des instants de vie. Parfois un selfie peut vous rendre célèbre. Vous avez certainement entendu parler de ce jeune garçon de 15 ans qui s’est pris en selfie à côté d’une star, ce qui lui a valu d’être interviewé sur les plus grands plateaux de télévision pour savoir ce que cela lui faisait d’être en photo à côté d’une star.

De façon plus sérieuse, à propos de ce passage, le pasteur Antoine Nouis raconte cette belle histoire, que vous connaissez sans doute, de ce jeune adolescent juif qui, chaque jour, passe devant une cathédrale en se rendant à son lycée et qui, un jour, se décide à y entrer. Et, quand il pénètre dans la cathédrale, il vit un moment si fort que le lendemain, il entre à nouveau dans la cathédrale : mais cette fois-ci, il ne s’y passe rien. Ce jeune adolescent juif a pourtant demandé le baptême.

Il raconte lui-même cette histoire, dans un livre intitulé « Le Choix de Dieu ». Il s’agit de Jean-Marie Lustiger, devenu prêtre, puis archevêque de Paris, cardinal et même membre de l’Académie française. L’homme s’est laissé déplacer malgré tout ce qui pouvait le retenir, notamment sa tradition, sa famille, son passé, tout ce qui aurait pu l’enfermer. Ce qui est très beau, c’est que, face à la fragilité de l’expérience mystique qui ne se renouvelle pas, cet homme est entré dans l’Église.

Pierre n’a pas fait autre chose ; lui qui n’a pas pu dresser les trois tentes a aussi poursuivi dans l’Eglise.

Et vous qui êtes venus ce matin avec, vraisemblablement, à un moment où à un autre, des questions, avec ce sentiment de « Je ne sais plus où j’en suis », vous êtes venus dans ce centre paroissial ou vous nous suivez grâce à la radio ou à internet. Nous tous, ce matin, nous avons fait comme un pas face à ce questionnement, à cette remise en question, à ces doutes parfois de la vie.

La question que pose ce récit de la transfiguration c’est : que faisons-nous des moments de joie, des moments lumineux de notre vie ? Bien sûr, nous voudrions les arrêter. Mais nous y prenons-nous correctement ? Par exemple en voulant juste les capter avec nos appareils téléphoniques qui nous servent aussi d’appareils de photo ?

Il se trouve que l’Evangile prend la peine de préciser que Pierre, en proposant de dresser ces trois tentes, « ne savait ce qu’il disait car ILS étaient saisis de crainte. » Que faisons-nous de ce qui est lumière et vie dans nos existences ? Quelle interaction avec la peur ? Dans nos choix et nos options, qu’est-ce qui prend le dessus : la lumière, la joie, la vie…. Ou la peur ?

A mes yeux, comme le récit d’Elie sur la montagne ouvre à celui-ci de nouvelles options après sa dépression, ici Jésus accompagne ses trois disciples dans cette corrélation de la vie entre la joie, le moment sublime de lumière et la peur. Il se trouve que pas un seul récit d’apparition de vie et plénitude de Jésus (par exemple quand il a marché sur les eaux) n’a suscité la joie sans finalement laisser la place à la peur chez les disciples. Cela révèle tout ce qui résiste en nous. Tous les récits d’apparition dans la Bible se concluent par la peur.

Dans le récit de la transfiguration de Marc, il est dit que les disciples avaient peur et se demandaient ce que signifie « ressusciter des morts ». Leur question portait donc sur la vie, et la vie en plénitude !

Il se trouve que l’Evangile de Marc finit au chapitre 16 sur un « blanc », sur la résurrection qui est annoncée aux femmes mais qui, parce qu’elles avaient peur, rentrent chez elles et ne disent rien à personne (Marc 16 : 8).

Ça a tellement dérangé qu’on a ajouté une suite. Et pourtant : si l’évangéliste Marc avait voulu justement maintenir ce temps vide, marqué par la peur, pour que nous puissions découvrir que, pour arriver à la résurrection, il faut traverser la peur ? Il faut accepter à un moment donné de ne plus voir, de ne plus savoir. Ici cela est décrit par ce moment de nuée qui descend sur les disciples comme elle est descendue sur la montagne du Sinaï.

Accepter de traverser le moment où on ne sait plus, ou on ne voit plus pour, là au milieu, entendre une toute petite voix avec cette référence : « Ecoutez-le ».

« Ecoutez-le » cela signifie au matin de Pâques et face au vide qui fait peur, prendre sa place.

« Ecoutez... » : devenir participants (et non spectateurs!) de l'événement de la résurrection.

Traverser la nuit avec « Ecoutez-le, celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ».

Pour surmonter la peur d’exister : « Ecoutez-le ».

Alors, pour surmonter les crises, telles que celles que les Etats-Unis sont en train de traverser à propos des armes (On ne sait pas si on a peur des armes ou du lobby des armes. De quoi a-t-on réellement peur ? On va armer les professeurs, toujours par peur.) Face à la peur – « Ecoutez-le ».

Au milieu de toutes nos peurs – peur de nous engager, peur de nous marier, peur de divorcer, peur de ne pas faire juste, peur d’avoir fait faux… Peur d’oser être, de faire confiance, peur de croire, peur de vivre, ce seul petit mot : « Ecoutez-le ».

La Campagne d’Action de Carême / Pain pour le Prochain nous invite cette année, à travers divers textes bibliques dont celui de la transfiguration, à « prendre part au changement ».

A l’instar de l’apôtre Paul, si nous voulons prendre part au changement, nous devons accepter de nous laisser transfigurer par Dieu : là où nous avons la joie et la peur, laisser peu à peu la joie de Dieu nous habiter, nous transfigurer, nous « dévoiler » de notre peur et être vraiment des humains dans ce monde, témoins qui se savent aimés pour transformer le monde.

L'Esprit Saint est là pour nous y aider !

Amen


Michel Schach, pasteur
Michel Schach, pasteur

Michel Schach est né à Genève, où il a suivi tout son cursus scolaire et universitaire. Il exerce le ministère pastoral depuis 1984, le tout en paroisse et à Genève - hormis un séjour de 2 mois et demi au Cameroun, avec le DM, qui l'a beaucoup enrichi. Après une année de suffragance à Chêne, il a exercé le ministère pendant 13 ans en ville de Genève à la paroisse des Eaux-Vives, 12 ans en « banlieue » genevoise à la paroisse de Troinex-Veyrier et, depuis 2011, il est revenu à la paroisse de Chêne. Formé à la visite pastorale, il apprécie la dynamique des adolescents et est très attaché au ministère de « généraliste » du pasteur. Sa sensibilité théologique: la théologie de la Croix.

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