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Le combat de Dieu, à armes inégales

Temple de Martigny (2/2)
Diffusé sur Espace 2 le 21-10-2018
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On aimerait voir Dieu à l’œuvre, voir ses victoires contre le mal et la violence, se battre avec lui, pour l’amour, la justice, la paix… Mais nous sommes témoins d’une solitude, d’un silence, d’une absence. Où se passe le combat de Dieu? Quel est le combat pacifique qu’il nous confie?


Prédication : Hélène Küng, Pasteure

Co-célébrant : Doris Zermatten

Organiste : Marie-Marguerite Carron

Présentation : Noriane Rapin

Prédication

Le combat de Dieu, à armes inégales

Combattre avec Dieu – beau programme – mais surtout vers la fin, au dernier épisode, quand Dieu gagne ! En tout cas, c’est ce que les disciples Jacques et Jean disent, en vérifiant qu’ils puissent avoir les meilleures places une fois que Jésus aura gagné contre les forces du mal. Les autres disciples vont les montrer du doigt, leur faire des reproches. Mais au fond, Jacques et Jean demandent tout haut ce que tous les disciples espèrent un peu tout bas – et nous aussi, loin derrière eux.

Psaume, chapitre 19 , versets 2 à 14
Ephésiens, chapitre 6 , versets 10 à 17
Marc, chapitre 10 , versets 35 à 40

Combattre avec Dieu – oui, si c’est lui qui combat, et nous, on regarde. On préfère être spectateurs quand ça mitraille, on ne se met pas dans le chemin, on est avec toi, Seigneur, vas-y, on y croit, mais nous on reste à bonne distance…

C’est d’ailleurs bien ce qui s’est passé quand cela a tellement bardé que Jésus s’est trouvé arrêté, jugé à la va-vite avec faux témoignages, condamné au supplice et exécuté, cloué sur une croix. Non, ni Jacques, ni Jean, ni Pierre, ni aucun disciple lambda (comme nous, loin derrière eux) ne tient le coup en première ligne. Et les voilà à bonne distance, hébétés, choqués. Plus personne ne pense à demander des places d’honneur : le héros a été éliminé, moqué, déshonoré, exécuté.

Jésus pose la bonne question : « Vous ne savez pas ce que vous demandez ! Est-ce que vous pouvez boire la coupe de douleur que je vais boire, ou recevoir le baptême de souffrance que je vais recevoir ? » Et là, surprise, non seulement les disciples disent : « Oui, nous le pouvons, » mais Jésus ne les contredit pas : « Oui, vous boirez la coupe de douleur et vous recevrez le baptême de souffrance. »

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Beau programme ! Vécu par ces générations et générations de gens qui ont suivi le Christ, qui le suivent aujourd’hui même, qui ont faim et soif de la justice et la cherchent de toutes leurs forces, qui sont artisans de paix et qui passent sous les bulldozers de la violence, de l’indifférence, de la persécution et qui continuent en disant : « Je ne puis faire autrement, que Dieu me soit en aide. »

Vous qui êtes ici, et vous qui nous écoutez, vous en connaissez certainement; et vous en faites partie aussi de ces fidèles qui se battent avec Dieu et pour les autres, pas pour les places d’honneur à la Saint-Glin-Glin, mais pour maintenant, pour tous ces gens, parce qu’ils et elles sont pris aux tripes par ce qui se passe et qu’ils et elles ne peuvent pas rester les bras croisés.

Mais quelles sont donc les armes de Dieu et qu’est-ce qu’il offre à celles et ceux qu’il entraîne à sa suite au combat ? Boire la coupe de douleur et recevoir le baptême de souffrance, c’est tout ? La question traverse les témoignages bibliques. Leur façon de gérer la question est surprenante : elle nous conduira peut-être à des découvertes utiles.

Depuis la nuit des temps bibliques, Dieu est présenté comme celui qui est environné de puissance, et à qui rien n’est impossible : tonnerre, éclairs, nuées, feu et foudre l’entourent. Mais quand il agit, ce n’est pas cela qui entre en action – c’est comme si c’était là pour le décor. Rappelez-vous, même dans l’Évangile, lorsque les habitants d’un village refusent de recevoir Jésus, les disciples demandent à faire descendre le feu du ciel pour les exterminer, et Jésus dit : « Non. Armes de destruction massive non autorisées. Circulez. »

Les chemins que Jésus emprunte semblent bien ardus. Et l’action mystérieuse de Dieu semble bien infime, bien petite, alors que le mal et l’injustice fanfaronnent, et que les questions et moqueries pleuvent : « Que fait ton Dieu ? Où est Dieu qui te délivre ? Qu’il te descende de la croix; qu’il fasse cesser tes souffrances s’il existe, et si tu es son fidèle, sa fidèle! »

Ces questions qui émaillent la Bible sont là dans nos vies aussi. On espère assister à la victoire divine et on se retrouve témoin d’une solitude, d’un silence, d’une absence. Les témoins bibliques n’ont pas de réponse aisée. Mais ils suggèrent des chemins étonnants. Dieu se bat « à armes inégales », Dieu se bat autrement.

Par exemple, le Psaume 19, entendu tout à l’heure : l’action de Dieu parcourt la terre, elle est racontée dans un récit sans paroles, à dimension du monde, bien hors de portée des humains. Et à leur portée, qu’est-ce qu’il y a ? Juste quelques paroles : l’enseignement, la loi de Dieu, ses instructions, c’est tout ! Mais c’est tout ce qu’il faut selon le Psalmiste : Dieu ne donne pas d’armes de destruction massive, mais juste des points de repère, un guide, une protection et des outils dans le monde immense. Au combat; c’est-à-dire au travail! Ces soldats sont plutôt dans le génie et les transmissions que du côté des bombardiers et arquebuses.

Autre exemple, la lettre de Paul aux chrétiens d’Éphèse : « Ayez la vérité comme ceinture, la droiture comme cuirasse; le zèle à annoncer la Bonne Nouvelle de la paix comme des chaussures à vos pieds, la foi comme bouclier, le salut comme un casque et la parole de Dieu comme une épée que vous donne l’Esprit Saint. »

Quel arsenal ! Il y a de quoi se prendre les pieds dans tout cet équipement… Et cela arrive, c’est arrivé bien des fois dans l’histoire de nos Églises : chaque fois que l’épée de la parole, le casque du salut ou la ceinture de la vérité sont utilisées comme matraque, comme fouet ou comme objet contondant – pour assommer les esprits et frapper les consciences, soi-disant pour mieux gagner les âmes. Non ! Ne nous y trompons pas, ces ‘armes’ de foi, de droiture, de salut et de parole, si elles sont porteuses de « la Bonne Nouvelle de la paix », portent toute autre chose que la menace ou le chantage à la conversion.

Et nous voici, à la suite de générations et de générations de croyants, envoyés dans le monde et dans le quotidien, équipés de « l’épée de la parole » : à utiliser avec discernement, car la parole peut être tranchante – vous le savez. A utiliser avec créativité et poésie, car la parole peut créer des mondes magnifiques, des réconforts inattendus, des émerveillements que personne ne prévoyait – vous le savez. A utiliser avec patience et longueur de temps car, parfois, pour qu’une parole réconforte, il faut d’abord un immense prélude de silence et un long contrepoint d’écoute – vous le savez. La parole inspire les paroles : paroles spontanées, paroles ciselées, paroles qui résistent et paroles qui reconstruisent.

Arme inégale face à la violence muette, la parole de Dieu a guidé et inspiré des psalmistes, des prophètes, des poètes, des saints, des martyrs et des apôtres, des gens de tout état, statut et capacité… et vous aussi.

Arme inégale face au savoir des scribes et pharisiens, face à la puissance et la force brute de l’Empire romain, la Parole vivante de Dieu, au nez et à la barbe de toutes les puissances et dominations, a sauvé et sauve encore l’humanité… dont vous êtes.

Alors : que la parole de Dieu, arme inégale et promesse de vie, continue de résonner en vous, qu’elle continue de vous conduire, et que vous continuiez de la porter, sur tous les chemins que vous aurez à parcourir.

Amen


Hélène Küng, Pasteure
Hélène Küng, Pasteure

Hélène Küng est née en 1957. Elle a passé son enfance aux USA, puis à Lausanne où elle a étudié la théologie. Elle a travaillé 7 ans au Rwanda à l'École de Théologie de Butare, avec son mari Jacques Küng. Tous deux ont été consacrés au ministère pastoral au sein de l'Église presbytérienne au Rwanda. De retour en Suisse, elle a exercé diverses activités bénévoles dans l'Église réformée vaudoise (animation biblique et liturgique, catéchisme, rencontres au niveau suisse pour la Décennie des Églises solidaires des femmes). Elle a travaillé 7 ans à l'aumônerie œcuménique auprès des requérants d'asile au Centre d'Enregistrement de Vallorbe, puis 10 ans comme directrice du Centre Social Protestant Vaud. Elle est actuellement pasteure dans la paroisse du Coude du Rhône Martigny-Saxon (Église réformée évangélique du Valais). Elle est mère de 4 enfants.

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