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Dans l’agitation des derniers préparatifs ou peut-être dans la solitude, comment vivons-nous Noël?

Temple de Versoix (2/3)
Diffusé sur Espace 2 le 23-12-2018
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L’histoire de Dieu avec les hommes n’est pas une histoire linéaire avec un début et une fin. Elle est au bénéfice d’un événement central: la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Elle se déploie à partir de là vers la création et les récits de l’Apocalypse. De même notre histoire avec Dieu ne peut se dire dans la linéarité.


Prédication : Bruno Gérard, pasteur

Co-célébrant : Sarah Genequand-Miche

Organiste : Nathalie Effenberger

Présentation : Guillaume Henchoz

Prédication

Noël, une fin en soi !

Si tant est que cela l'ait été un jour, après Pâques il n'est désormais plus possible de raconter l'histoire de Jésus de manière linéaire, ou comme on dit, du berceau à la tombe. D'ailleurs personne ne vit comme ça. Dès que notre premier souvenir s'ancre dans notre conscience, nous cessons de percevoir le monde et de penser linéairement, nous vivons tout autant dans les événements passés que dans le présent. Mais voilà, le désir d'une certaine continuité est extrêmement puissant. Peut-être parce qu'il donne l'impression de bien circonscrire la vie en lui donnant un sens du début à la fin.

Luc, chapitre 24 , versets 1 à 12
Luc, chapitre 1 , versets 39 à 45
Esaïe, chapitre 7 , versets 10 à 16

Écoutons des bribes de récit :

Moi femme de Galilée, je l'avais suivi, mon Seigneur, mon Roi, Jésus. Tout semblait être fini. Il y eut un premier matin, celui de notre rencontre. Matin de retournement où je l'avais suivi mon Seigneur, Jésus. Ce jour-là, ce fut comme une naissance ou nouvelle naissance. Je vivais de cette parole incarnée. Je l'ai suivi mon Seigneur, Jésus.

Mais là tout est fini... sur une croix.

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Folie des hommes, bêtise de la foule – ils l'ont crucifié mon Seigneur, Jésus. Absurde vision de son corps aimé pendu sur une croix.

Mon Roi, mon Seigneur Jésus crucifié.

Mort dans les ténèbres.

Porté en hâte au tombeau.

Plus rien, jour de sabbat.

Tout est fini.

Ils ont tué ma raison de vivre.

Juste un instant à passer encore avec lui.

Rituel mortuaire, dernier contact avec son corps froid.

Mon Seigneur, mon Jésus.

Il y eut un premier matin lumineux, ma rencontre avec lui et il y eut une sombre journée de mort.

Au lever du jour je pars avec les femmes. Funambule de l'aube naissante. Ivre de douleur car tout s'achève, je monte avec mes compagnes d'infortune. Juste une dernière fois, le voir…

Et là tout a commencé.

Une pierre roulée et un tombeau vide. Le corps, son corps disparu. Je pénètre ce lieu de mort... sans mort. Frissons de craintes…

Deux ombres à l'entrée du tombeau et une invective : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? »

Pourquoi chercher parmi les morts... Parce qu'il est mort, je l'ai vu sur la croix. Vous avez dit « le vivant », le Vivant.

Oui il nous l'a dit en Galilée : « Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des hommes pécheurs, qu’il soit crucifié et que le troisième jour il ressuscite. » Et alors, nous l'avions avec nous, au milieu de nous dans sa vigueur d'homme droit, sa parole cassante de vérité. Comment croire qu'il allait mourir. Je fermai mes oreilles, mon cœur à cette lugubre prophétie venue du fond du judaïsme, parce que l'idée de mourir et de revenir à la vie défiait toute logique humaine – une logique où il y a un temps pour venir au monde et un temps pour mourir. C'était si difficile d'imaginer qu'avec lui ce serait différent.

Jour de mort et de montée au tombeau. Venir voir un mort et trouver le Vivant. Il est vivant ! Mon Seigneur, Jésus-Christ était mort et le troisième jour, il ressuscite !

Aussi extraordinaire que cela puisse être, le jour où tout devait finir, c'est là que tout commence. Ma venue au monde, ma rencontre avec lui, tout cela n'était pas le commencement. Non ça commence aujourd'hui par sa résurrection. Je peux enfin dire : « Je crois en toi mon sauveur, Jésus Christ le ressuscité. »

Quelques années auparavant : une maison, deux autres femmes. Élisabeth aperçoit Marie :

Marie ma belle, je te sens monter vers moi. Ce matin j'éprouvais cette étrange sensation qu'aujourd'hui je te verrais, mon ange. Marie, douce enfant devenue femme, te voir est toujours un bienfait.

Mais oui petite silhouette qui avance sur le chemin, grimpe petite Marie sur les routes de Galilée vers Juda.

Marie en moi germe la vie. Je veux tellement partager cette grossesse avec toi. Toi tu comprendras cette nouvelle extraordinaire. Mon corps âgé va donner la vie. Faute de foi, Zacharie se mure dans le silence, il n'y a que toi Marie pour comprendre.

Marie, Marie tu me sembles bien pressée – quelle hâte soudaine t'a-t-elle fait lever ? Ce ne peut-être que notre Seigneur.

Marie tu es là... entre ! Tes salutations disent du bien de moi et me font du bien.

Marie, nos enfants nous lient. En moi, Jean tressaille quand tu passes le seuil de mon logis. Marie, tu portes en toi mon Seigneur.

Marie, Marie, comment se fait-il que tu entres chez moi ? Toi la mère de mon Sauveur ! Marie je ne suis ni érudite, ni grand prêtre, mais pour toi je suis prophétesse de Vie :

« Tu es bénie entre toutes les femmes, béni aussi est le fruit de ton sein ! Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? Car lorsque ta salutation a retenti à mes oreilles, voici que l’enfant a bondi d’allégresse en mon sein. Bienheureuse celle qui a cru : ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira ! »

Le regard de Dieu dit de bonnes choses de toi Marie et de ton enfant. Marie, mère de mon Sauveur et mon Roi.

Aujourd'hui, troisième dimanche de l'avent, nous attendons de fêter Noël, la naissance de l'enfant. Toute naissance est un commencement, plein de promesses, mais aussi plein de craintes. En donnant la vie, les parents donnent la souffrance, la maladie... la mort. Et les deux fils Jean et Jésus qui se croisent dans le ventre de leur maman chez Élisabeth vont beaucoup souffrir.

Ce constat des limites de notre humanité ne doit pas mener à la tristesse, au découragement, car nos vies ne sont pas comme des segments avec un début et une fin.

Regardons ces deux récits de femmes entendus ce matin. La linéarité est totalement bouleversée. L'événement central de la révélation se trouve dans l'histoire de cette femme anonyme, suivante de Jésus qui confesse la résurrection de son Seigneur. Sans matin de Pâques, qui aurait-il pris la peine d'écrire la rencontre de Marie et Élisabeth ? Les récits de naissance de Jean et Jésus nous sont parvenus parce que des femmes constatent que Jésus ne séjourne plus parmi les morts.

Ces deux histoires encadrent l'Évangile de Luc mais le début se situe dans un tombeau vide. Les deux femmes enceintes dans leur plénitude sont dans l'attente mais le voile ne se lève qu'au matin de Pâques dans le creux d'un tombeau et dans la vie qui est déjà ailleurs sur les chemins de Galilée.

Retournement magnifique des perspectives, le royaume commence dans un creux et se déploie en tourbillons des récits de création aux chevauchées apocalyptiques.

De la libération d'Égypte aux voyages de Paul.

De l'étoile de Bethléem aux langues de feu de la Pentecôte.

Voici la libération ! Nous ne sommes plus condamnés à être des pantins sur un fil qui vont de la case naissance à la case mort en essayant de combler nos vides de sens par Dieu. Nous sommes les enfants libres venus à la vie parce que le Sauveur est revenu d'entre les morts. Des enfants libres appelés sur les chemins de Galilée.

Jésus, ma joie, la sève de mon cœur,

Jésus, mon trésor,

Ah, longtemps, ah, longtemps,

Mon cœur a souffert et t'a attendu !

L'Agneau de Dieu, mon fiancé,

Être près de toi sur terre,

Rien ne me sera plus cher.

Amen


Bruno Gérard, pasteur
Bruno Gérard, pasteur

Bruno Gérard exerce le ministère pastoral depuis 3 ans dans la paroisse de Versoix de l'Eglise Protestante de Genève. Il a effectué ses études de théologie à Paris, Montpellier, Dubuque (Iowa) pour finir à Genève où il a obtenu un DEA sur le Renouveau homilétique aux USA.

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