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Au coeur de nos vies, au coeur de nos vides: le plein d'Amour

Temple du Sentier (3/3)
Diffusé sur Espace 2 le 19-05-2019
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Un culte entièrement pensé par les jeunes de la paroisse en cassant les codes.

Ils ont sollicité l’organiste et un pasteur retraité, Marcel Piguet, pour une prédication dialoguée avec l’un d’eux, Henri Badoux, étudiant en théologie.

Une mise en pratique de l’appel de Jésus à aimer son prochain, à l’image d’une communauté intergénérationnelle.


Prédication : Henri Badoux, Étudiant en théologie et responsable d'Interjeunes

Co-célébrant : Le culte sera entièrement conduit par les jeunes de la communauté: Aïna Tramaux, Amélie Badoux et Lina Badoux. La prédication se fera en binôme avec Marcel Piguet, pasteur retraité toujours au service de la communauté.

Organiste : Daniel Meylan

Présentation : Guillaume Henchoz

Prédication

Au coeur de nos vies, au coeur de nos vides: le plein d'Amour

Marcel Piguet

Jean, chapitre 13 , versets 31 à 35

« Je vous donne un commandement nouveau, » dit Jésus, « aimez-vous les uns les autres. »

Mais était-ce vraiment quelque chose de nouveau pour les auditeurs de Jésus ? Ils connaissaient déjà parce que c’était dans l’Ancien Testament : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Et est-ce que c’est vraiment quelque chose de nouveau pour nous, aujourd’hui ? L’amour, on connaît. L’amour est partout présent : on le trouve dans les chansons, les poèmes, les romans, les filmes, les magazines… On nous le sert un peu à toutes les sauces.

Pour bien comprendre la nouveauté de Jésus, il faut revenir à ce que Jésus a fait et a vécu. Et nous en avons un exemple très fort dans ce récit où nous voyons Jésus qui lave les pieds de ses disciples. Cet événement a une place particulière : il prend justement place dans le dernier repas de Jésus avec ses disciples, juste avant son arrestation, sa condamnation et sa mort.

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Ce récit commence par cette affirmation, Jésus qui aima les siens. « Les aima », il y a plusieurs traductions possibles : les aima jusqu’à la fin, ou bien comme on l’a entendu, les aima jusqu’à l’extrême, jusqu’au plus haut degré. A la fin de sa vie, l’amour de Jésus devient encore plus grand. Et il atteint son point culminant quand Jésus donne sa vie pour nous en mourant sur la croix.

Chez nous, c’est souvent le contraire qui se passe. Au début, nos amours sont grandes ! C’est l’enthousiasme de la rencontre, de la découverte. On est tout feu tout flamme. Mais, avec les années, ça change. Il y a l’usure, la fatigue, les déceptions, les désenchantements, on se connaît trop bien, on a perdu nos illusions.

L’amour auquel Jésus nous invite est un amour fidèle, durable, solide. Et c’est d’ailleurs ce que peuvent constater certains couples âgés quand ils disent : « Oui, nous nous aimons toujours, même si ce n’est plus comme au début. Mais notre amour nous a permis de tenir bon, de traverser les différentes étapes de notre vie. »

Chers auditeurs, chers paroissiens, ce qui me frappe dans le récit du lavement des pieds, ce qui est surprenant et étonnant, c’est que Jésus, lui le Maître, le Seigneur – et vous l’avez entendu, il revendique ces titres – eh bien, c’est lui qui fait le travail d’un serviteur en lavant les pieds de ses disciples. Jésus redonne ses lettres de noblesse au service. Servir, ce n’est pas une corvée, ni une punition, ni une honte. Servir, c’est l’accomplissement de l’amour : s’ouvrir à l’autre et lui venir en aide. Et cet amour qui est capable d’aller à l’extrême est en même temps cet amour qui descend jusqu’au plus profond, qui nous rejoint dans notre quotidien le plus banal, dans nos soucis, nos inquiétudes, nos préoccupations, nos blessures. Dans toutes nos fragilités.

Henri Badoux

Dans la suite du passage, nous lisons : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » Quelle chance ! Jésus ne nous laisse donc pas seuls face à ce commandement nouveau. Il nous appelle à suivre son exemple dans l’application de celui-ci. Mais alors quel est-il cet exemple ? Que pouvons-nous retenir de l’amour du Christ pour nous, afin, d’à notre tour, aimer les autres ?

Regardons ensemble la parabole du fils prodigue pour nous éclairer ; parabole racontée par Jésus. Le fils cadet d’une fratrie demande à son père son héritage. Il veut partir de la maison. Mais après quelques temps, alors qu’il a tout dépensé et par conséquent plus d’endroit pour dormir et plus rien à manger, il décide de retourner chez son père, afin que ce dernier puisse l’engager comme un de ses serviteurs. Mais son père accueille son fils cadet, non pas comme employé, mais comme son fils bien-aimé, malgré le fait qu’il ait dépensé la moitié de sa fortune. Il l’aime, au-delà des mauvaises actions de ce dernier. Et le fils aîné aussi d’ailleurs. Lui qui est surpris de l’accueil qu’offre le père à son frère, est en colère. Lui qui a toujours été fidèle et bon. Il n’est pas aimé de son père en fonction de ses actions. Il n’est pas aimé grâce à sa fidélité. Mais bien grâce au simple fait qu’il est son fils. Le père les aime indépendamment des circonstances.

« Comme je vous ai aimés. » L’amour que Jésus nous porte n’est pas quelque chose que nous méritons. Nous n’avons rien besoin d’accomplir pour le recevoir. Il nous aime comme les fils et les filles de Dieu le Père. Il nous aime comme ses frères et ses soeurs. Nous pouvons lire dans l’épître aux Romains que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ. Cette promesse nous assure un amour qui ne se souvient pas de nos mauvaises actions. Un amour inconditionnel.

L’amour que nous sommes appelés à vivre est selon moi semblable. Nous n’aimons pas les autres parce qu’ils sont gentils avec nous ou alors qu’ils sont généreux ou serviables. Non ! C’est un amour inconditionnel ! Mais quel défi ! Pour ma part, je dois l’avouer, ce n’est pas encore entièrement acquis. Mai alors comment y arriver ? Comment aimer notre prochain quand il paraît nous ignorer, quand il nous prend de haut ou alors qu’il a des paroles blessantes envers nous ? Devons-nous nous efforcer d’aimer cette personne, par une sorte d’excès de zèle ? Sommes-nous appelés à essayer par tous les moyens de nous convaincre que nous aimons cette personne ? De lutter contre notre conscience ? Je ne crois pas ! Ce serait un amour faux. Un amour biaisé, motivé par un légalisme presque hypocrite. Non je crois que la clef est en Jésus.

Dans 1 Jean 4, 19 nous pouvons lire : « Nous aimons Dieu parce qu’il nous a aimés le premier. »

Comme nous l’avons aussi lu en début de culte, nous sommes appelés par Jésus amis et non plus serviteurs. Nous sommes ses amis, nous avons accès à son amour. C’est parce que nous sommes remplis de son amour, que nous pouvons premièrement aimer Dieu, puis ensuite le déverser plus loin. Quand nous nous retrouvons face à une situation où nous peinons à aimer notre prochain, ne restons pas seul, ne luttons pas pour nous efforcer à aimer, mais retournons vers Dieu. Demandons-lui de nous remplir de son amour, afin que par l’aide de son Esprit, à notre tour, nous aimions les autres. Ce sera alors un amour vrai, un amour qui prend son origine en Dieu. Et alors, comme il nous a aimés, nous aimerons les autres.

Marcel Piguet

Merci Henri de nous avoir rappelé que l’amour est quelque chose d’inconditionnel. Et nous avons là, je pense, la clé de la nouveauté que Jésus veut introduire. Le véritable amour n’est pas un amour à sens unique. « Aimez vous les uns les autres. » C’est un amour partagé, solidaire entre deux personnes qui échangent entre elles.

Nous savons bien, si l’amour est à sens unique, il crée une dépendance qui peut être psychologique, morale ou économique. Un tel amour peut alors devenir une forme subtile, raffinée de domination. « Je t’aime, je te rends service… mais par la même, je te domine. Plus mon amour est envahissant, plus tu dépends de moi et moins tu es libre. »

Je repense à ce qu’un ami m’avait une fois confié. Il me disait : « J’avais un oncle avec qui je croyais avoir de bonnes relations. Il m’invitait souvent et j’étais bien reçu chez lui, mais jamais il n’est venu chez moi. Chaque fois que je l’invitais, il avait une excuse pour se dérober et cela me troublait. Pourquoi ces refus déguisés ? Est-ce que je ne suis pas assez bien pour lui ? Ou au contraire, est-ce que je l’intimide trop ? »

L’amour que Jésus nous propose est un amour libérateur. Il vise à rendre sa liberté, sa dignité, sa responsabilité à tout être humain. Le vrai amour n’est pas l’égalité mais la réciprocité.

« Aimez-vous les uns les autres. »

Et c’est ce qu’avait découvert, il y a bien des années, une paroisse vaudoise. Le conseil de paroisse avait décidé de créer une sorte de parrainage avec une paroisse camerounaise. Alors ils leur ont écrit : « Nous allons nous mettre en relation avec vous, on pourrait faire ceci ou cela qui vous serait utile. Dites-nous ce qui vous ferait plaisir. » Quelle n’a pas été la surprise du conseil de paroisse quand ils ont reçu la réponse du Cameroun : « Et nous, qu’est ce qu’on peut faire pour vous ? Nous ne voulons pas – c’était très clair – nous ne voulons pas être des assistés, mais être vraiment considérés comme des partenaires qui peuvent aussi apporter quelque chose. »

Autrement dit, il n’y a pas d’un côté ceux qui donnent, et de l’autre ceux qui reçoivent. Ceux qui décident, et ceux qui acceptent. C’est un peu ce que nous essayons de vivre dans notre paroisse en mettant l’accent sur la dimension intergénérationnelle.

Lors du premier culte radio, les aînés, comme aujourd’hui, étaient là, mais toute la partie musicale avait été confiée au groupe de louange. Alors c’était la guitare, le saxophone, le piano et les chants rythmés tirés du recueil JEM. Aujourd’hui, le troisième culte radio, c‘est l’inverse. Ce sont les jeunes, la relève, qui a préparé et conduit ce culte, mais toute la partie musicale est classique, avec Daniel Meylan à l’orgue et avec les chants traditionnels tirés du recueil Psaumes et Cantiques. Chaque fois, les uns et les autres avaient quelque chose à découvrir, à donner et à recevoir.

J’aimerais encore dire quelque chose de personnel : vivre la réciprocité est important pour moi comme pasteur. Je dirais aussi comme toute personne ayant aussi des responsabilités. Comme pasteurs, nous sommes souvent tentés de croire que nous avons toujours à donner, et pas à recevoir. Toujours à enseigner, et pas à apprendre. Et je pense que si nous sommes toujours ceux qui donnent, qui enseignent, qui prennent des décisions, alors nous risquons d’étouffer nos communautés, de les empêcher de grandir, de devenir adultes dans la foi. Et c’est pourquoi je me réjouis, dans quelque temps, de participer à un culte dans notre paroisse qui sera entièrement préparé par des laïcs et où les enfants seront présents du début jusqu’à la fin. Un beau signe d’espérance pour notre Église.

Henri Badoux

Au verset 35, nous pouvons lire : « C’est à cela que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. » Quel encouragement! Aimons-nous les uns les autres, c’est là le plus beau témoignage que nous pouvons donner. Si nous recevons l’amour du Père et que nous le transmettons aux autres au travers de nos relations, cela se verra ! En effet une réalité est soulevée ici : l’amour du prochain a un impact plus grand que l’on peut penser.

Un exemple de ceci est la comédie musicale « Étrange ». Petite mise en contexte pour nos auditeurs : il y a quelques semaines maintenant, nous avons vécus à la Vallée de Joux une expérience peu commune.

Cent quarante personnes de quatre églises différentes se sont réunies pour mettre sur pied une comédie musicale intitulée « Étrange ». Notre témoignage à cette occasion a alors été bien au-delà du simple message de la pièce ou alors de l’Évangile proclamé lors des représentations. L’amour qui transpirait de toute la troupe était une application réelle, véritable, presque palpable de cet Évangile.

Cent quarante personnes, c’est 140 caractères différents, 140 sensibilités différentes. Et pour accueillir tant de diversités, il a fallu s’intéresser à chacun, trouver une place pour tous. Aimer chacun dans ce qu’il était et ce qu’il pouvait apporter. Que ce soit dans les chants, les danses, le théâtre, mais aussi, les décors, les costumes ou encore la préparation des encas pour ceux qui répétaient durant de longues heures. Et j’en passe bien d’autres. Oui, chacun a dû trouver sa place. Quel défi ! Pas facile n’est-ce pas ? Mais par l’amour que nous nous portions les uns envers les autres, et grâce surtout au comité de cette comédie, qui portait une grande attention envers tous et qui recherchait profondément à valoriser chacun, nous avons réussi à intégrer ces 140 personnes, pour que la part de chacun soit reconnue. Et ce témoignage d’amour, j’en suis personnellement convaincu, s’est vu et a touché des coeurs.

Pour conclure, lisons Jean 13, 17 : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux à condition de les mettre en pratique. »

Ce commandement nous apporte une joie. Une joie profonde, qui n’est pas superficielle. C’est dans l’amour que Dieu nous manifeste et que nous nous portons les uns aux autres, que nous pouvons encourager, bénir et élever. Portons ce commandement dans nos coeurs et une joie profonde nous sera donnée.

Amen


Henri Badoux, Étudiant en théologie et responsable d'Interjeunes
Henri Badoux, Étudiant en théologie et responsable d'Interjeunes

Henri Badoux étudie la théologie à la HET-Pro, il est responsable d’Interjeunes et fait partie d’un groupe de louange.

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