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«Je suis chrétien» : Non pas par mes propres forces, mais par la force d’un autre

Eglise évangélique de Châble-Croix, Aigle (2/2)
Diffusé sur Espace 2 le 02-02-2020
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Au travers d’une courte parabole dans l’évangile de Luc, Jésus nous parle du problème de la justice: «Comment être trouvé juste devant lui?» Les deux personnages principaux de cette parabole illustrent deux solutions à ce problème: une bonne et une mauvaise. Quelle est ta solution?


Prédication : Matthieu Maillefer, pasteur

Co-célébrant : Rémy Cretegny et Céline Meylan

Musiciens : Céline Meylan au piano et au chant, Joël Valiton à la guitare et au chant, Nadia Combernous au chant, Claudio Favi à la guitare basse, Josué Araujo à la batterie et Didier Pasche au saxophone

Présentation : Michel Kocher

Prédication

«Je suis chrétien» : Non pas par mes propres forces, mais par la force d’un autre

Dans la parabole que Jésus nous raconte, tout semble opposer ces deux hommes qui vont prier au temple ce jour-là, à Jérusalem. Un pharisien et un collecteur d’impôts. Les deux extrêmes, les deux opposés.

Luc, chapitre 18 , versets 9 à 14
Philippiens, chapitre 3 , versets 8 à 9
Ephésiens, chapitre 2 , versets 8 à 9

On a d’un côté ce qui se faisait de mieux en termes d’érudition et de respect de la loi, d’amour pour la Torah, et de l’autre, le collecteur d’impôts – un voleur, un faussaire, un escroc. Un Zachée, par exemple, dont on a parlé dimanche passé !

On a d’un côté celui qui était certainement un habitué au temple, à la prière et à tout son cérémonial : le pharisien. Et de l’autre côté on a un débutant, un étranger. Alors qu’il est en train de parler de justice, du fait d’être accepté, d’être approuvé devant Dieu, Jésus dit que c’est ce dernier – le débutant, l’étranger – qui est approuvé, et non l’autre, le pharisien.

Ce qu’il ne faut pas oublier ici, c’est qu’on a affaire à une parabole que Jésus nous donne. Une parabole, c’est quoi ? C’est une histoire (très souvent inventée) qui permet d’illustrer une vérité bien plus grande.

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Donc, très probablement, ce pharisien et ce collecteur d’impôts ne se sont jamais réellement rencontrés au temple puisque Jésus invente cette histoire en donnant cette parabole. Mais puisqu’il invente, tout ce qu’il dit est important. Jésus avait champ libre en racontant cette histoire, il avait page blanche, et il aurait très bien pu dire « un Galiléen et un Romain montent au temple… » Mais non, s’il utilise le pharisien et le collecteur d’impôts, c’est justement parce qu’il y a quelque chose à comprendre au travers de ces deux personnages – ou plutôt au travers de ce que représentaient ces deux personnages à l’époque de Jésus.

À l’époque de Jésus, un pharisien, c’est un peu comme un universitaire aujourd'hui : un homme qui connaît la loi de Moïse sur le bout des doigts et qui l’observe le plus radicalement possible. Et c’est d’ailleurs aux pharisiens que Jésus s’adresse en donnant cette parabole.

Si la morale ou l’obéissance à la loi était un sport, le pharisien de cette parabole serait certainement le champion du monde toutes catégories ! Les pharisiens observaient non seulement la loi de Moïse, mais ils avaient en plus un livre qui contenait 613 préceptes à observer. Ces préceptes étaient comme des barrières supplémentaires qu’ils avaient mises avant la loi pour être sûrs de ne jamais la franchir. Ils allaient encore bien plus loin que la loi. En gros, c’était ceux qui savaient mieux que les autres, ceux qui faisaient mieux que les autres. Ils se donnaient tant de peine pour plaire à Dieu. En quelque sorte, c’est comme s’ils se construisaient un CV spirituel qu’ils pourraient présenter à Dieu à la fin de leur vie. Il fallait donc être le plus précis, le plus méticuleux possible vis-à-vis de la loi pour que le CV soit le plus long et le plus beau possible. C’est tout cela que ce pharisien représente dans cette parabole.

Et qu’est-ce que nous dit Jésus à propos de ce pharisien ? Il arrive au temple et là il se met à prier : « Ô Dieu, je te remercie de ne pas être avare, voleur, malhonnête ou adultère comme les autres hommes, et en particulier comme ce collecteur d'impôts là-bas. Moi, je jeûne deux jours par semaine, je donne dix pour cent de tous mes revenus… »

Pour ce pharisien, le péché est uniquement lié au comportement : il faut observer des règles. Et avec tout ce qu’il fait, il croit être meilleur que les autres. Il dit qu’il ne vole pas ou qu’il n’est pas avare : c’est plutôt une bonne chose, c’est un commandement de Dieu de ne pas voler. Il dit qu’il n’est pas malhonnête : là aussi, il est dit dans la Bible de ne pas tricher et de ne pas mentir. Il dit encore qu’il ne commet pas d’adultère et qu’il donne le 10% de tous ses revenus. Là encore, ce sont des choses écrites dans la Bible. Cet homme fait tout juste !

Ensuite il dit : « Je jeûne deux fois par semaine. » Et là ça devient intéressant, parce qu’il n’y a rien dans la Bible à propos de jeûner deux fois par semaine. Rien n’est demandé par Dieu ! Dans la loi de Moïse, que ce pharisien observait, il fallait jeûner pour la fête du Yom Kippour, une fois par an. Mais par deux fois par semaine – rien n’était demandé par Dieu. Ça ne veut pas dire que c’était mal, le jeûne fait partie des bonnes pratiques spirituelles à vivre. Mais qu’est-ce que fait ce pharisien ici avec ça ? Il dit : « Je ne vole pas mais eux ils volent, cela me rend meilleur qu’eux. Je ne commets pas d’adultère mais eux ils le font, là aussi je suis meilleur qu’eux. Je jeûne deux fois par semaine mais eux ne le font pas, je suis donc encore meilleur. »

Et là je crois que par cet exemple du pharisien, Jésus pointe quelque chose d’important.

Voler est un péché, c’est mal. Commettre un adultère aussi. Mais il n’y a rien dans la Bible qui nous demande de jeûner deux fois par semaine, c’est quelque chose que ce pharisien faisait volontairement, de son plein gré. Et qu’est-ce qu’il fait avec ça ? Il prend cette préférence personnelle – ou peut-être culturelle – et il en fait une exigence de Dieu.

Il ne dit pas : « Je jeûne deux fois par semaine alors cela me rend différent de toi. » Mais il dit : « Je jeûne deux fois par semaine alors cela me rend meilleur que toi ! » Il prend une chose personnelle (bonne en soi, là n’est pas la question), et il lui donne une signification qu’elle n’a pas. Il utilise ça pour montrer à quel point il est meilleur que les autres, que ce collecteur d’impôts, ce pharisien, dont Jésus nous parle, se compare au autres à propos d’une chose que Dieu ne lui demande même pas de faire.

Il veut en faire plus que ce qui lui est demandé. Il veut mériter son salut, être trouvé juste devant Dieu par ses propres forces, par ses propres efforts. Mais à la fin de l’histoire, Jésus nous dit qu’il rentre à la maison sans être trouvé juste !

Pourtant je ne pense pas que ce pharisien soit hypocrite. C’était sûrement un homme bon, rempli de bonnes intentions. Lorsqu’il dit qu’il donne le 10% de tous ses revenus, ça signifie qu’il est généreux envers les pauvres. Lorsqu’il dit qu’il ne commet pas d’adultère, ça signifie que c’est un bon mari, qu’il est fidèle. C’est un homme bon, mais pourtant ça ne fonctionne pas pour être accepté par Dieu !

Et lorsqu’on regarde de plus près à sa prière, on voit qu’il s’adore lui-même : il remercie Dieu pour tout ce qu’IL arrive à faire et à ne pas être comme les autres !

Et face à ce pharisien, il y a le collecteur d’impôts – l’extrême opposé. Il se tient à distance, il n’ose même pas lever les yeux au ciel… Il se frappe la poitrine, c’est comme un acte de repentance, de demande de pardon. Il vient tel qu’il est au temple et il dit : « Ô Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! » Il s’humilie devant Dieu. Et Jésus nous dit qu’à la fin, c’est lui qui est déclaré juste par Dieu.

Je trouve que cette parabole nous rejoint tellement dans ce qu’on vit aujourd'hui, alors qu’on est dans une culture où quasiment tout est basé sur nos performances personnelles. Il faut toujours être plus performant, avoir plus d’argent sur notre compte en banque, avoir moins de kilos sur la balance… Plus de ceci, plus ce cela… Tout est basé sur soi, sur notre bien-être, sur nos compétences, sur notre capacité à être meilleur que les autres. On est entouré de ça, on vit et on baigne là-dedans. Mais l’Évangile, ce n’est pas ça !

Et c’est ce que Jésus veut dire alors qu’il donne cette parabole à des gens qui se croyaient meilleurs que les autres par leurs performances. L’Évangile, ce n’est pas faire ceci ou cela, ce n’est pas au sujet d’une quelconque performance que l’on pourrait faire, mais l’Évangile, c’est la performance, ce sont les compétences d’un autre qui nous sont appliquées !

Le principe de base de beaucoup d’autres religions en dehors de la foi chrétienne, c’est : « Regarde comment il faut faire pour vivre. » Mais le principe de base de la foi chrétienne est totalement différent. C’est : « Regarde ce qui a déjà été fait pour que tu vives ! Regarde ce qui a déjà été fait, par Christ, et pour toi, afin que tu vives ! »

En Éphésiens 2, 8-9, l’apôtre Paul nous dit : «C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c'est un don de Dieu ; ce n'est pas le fruit d'œuvres que vous auriez accomplies. Personne n'a donc de raison de se vanter.»

Ce n’est que par le sang du Christ qui a coulé à la croix et par sa résurrection qu’on peut être déclaré juste devant Dieu. Et on ne peut rien ajouter à ça ! Absolument rien de ce qu’on fait ne peut nous rendre bons. Mais nous avons besoin de quelqu'un d’autre en nous pour accomplir cette œuvre. On ne peut pas le faire par nous-mêmes comme le pensait ce pharisien.

J’aime beaucoup cette citation du pasteur et auteur américain, Timothy Keller. Il dit : «Qu’est-ce que vous avez fait pour naître ? Avez-vous travaillé pour gagner le privilège d’être né ? Est-ce que vous êtes né à cause d’un travail acharné de votre part ou parce que vous l’aviez planifié à l’avance ? Pas du tout. Vous n’avez contribué d’aucune manière à votre naissance. C’est un don gratuit de la vie. Et il en est la même chose de la nouvelle naissance en Christ. Le salut par grâce. Il n’y a aucun effort moral qui pourrait faire que l’on mérite ou que l’on gagne cela.»

Dans cette parabole, Jésus aborde le problème de la justice : « Comment être déclaré juste devant lui ? » Et au travers de ces deux personnages – le pharisien et le collecteur d’impôts – on voit deux manières de faire. Deux solutions différentes pour être accepté par Dieu, et on se rend compte à la fin qu’une seule de ces deux solutions est la bonne.

(1) La première solution – illustrée par le pharisien – consiste à travailler pour mériter quelque chose. Faire des œuvres bonnes, au delà de ce que Dieu demande. Faire des choses, bonnes en soi et agréables à Dieu, mais placer son espérance dans ces actes-là.

(2) La seconde manière – celle du collecteur d’impôts – c’est venir tel que l’on est : reconnaître ses péchés et reconnaître la pleine suffisance de la grâce de Dieu. Reconnaître qu’aucune de mes œuvres, qu’aucun effort de ma part ne me permet d’être juste devant Dieu, parce qu’il a déjà tout accompli à la croix.

Cela ne veut absolument pas dire que toutes les disciplines spirituelles sont sans valeur : la prière, la louange, la lecture de la Bible, le jeûne… Pas du tout ! Ce sont des choses bonnes et importantes, mais aucune de ces choses ne me fait mériter quoi que ce soit. Je ne dois pas faire ces choses POUR mériter le salut, mais je dois les faire et les vivre PARCE QUE j’ai rencontré le Christ et que je désire l’aimer, l’honorer, le connaître plus encore. Le faire en conséquence, en réponse à son amour.

Au travers de cette courte parabole, je crois profondément que Jésus désire rejoindre chacun d’entre nous ce matin. Peu importe où nous nous trouvons sur le chemin de la foi. Il te rejoint si tu es déjà chrétien depuis de longues années.

Peut-être ici à Aigle, ou en nous écoutant ce matin à la radio, si tu connais déjà Jésus et que tu es un habitué de l’Église et de tout ce qu’il y a autour de l’Église, Jésus te dit ce matin : « Sache que j’aime quand tu viens au culte, j’aime quand tu pries, j’aime quand tu jeûnes et quand tu passes du temps avec moi, mais aucune de ces choses ne fait que tu mérites quoi que ce soit ! »

Parce que tout a déjà été fait ! Tout a été accompli à la croix ! Et si tu connais Christ, tu l’as déjà reçu, par grâce, au moyen de la foi. Et ton rôle désormais, c’est de vivre en conséquence de ce cadeau déjà reçu. De nourrir, de cultiver une relation profonde avec Dieu au travers de sa Parole, de son Esprit et en lien avec l’Église.

Mais peut-être aussi que tu te sens un peu étranger à tout ce qui a été dit ce matin. Tu ne connais pas Jésus, ni l’Église… Je crois aussi que Jésus désire te rejoindre au travers de ce texte ce matin. Et il te dit : « Il n’y a absolument rien que tu puisses faire pour mériter une relation avec moi, parce que j’ai déjà tout fait pour toi ! Tu ne peux rien faire, tu peux juste être qui tu es, et venir placer ta foi en moi. Parce que je désire te connaître et avoir une relation vivante avec toi. »

Si je suis chrétien, si je peux être chrétien, ce n’est pas par mes propres forces ou par mes propres efforts, mais c’est par la force d’un Autre – par la force de Christ à la croix, et par le cadeau de la grâce imméritée qu’il m’offre gratuitement.

Je suis chrétien : non pas par mes propres forces, mais par la force de Christ qui vit en moi !

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On a entendu tout à l’heure ces deux versets qui se trouvent dans Philippiens 3, 8-9 :

« Connaître le Christ, Jésus mon Seigneur, voilà le plus important. À mon avis, tout ce qu'on gagne, ce n'est rien à côté de cette connaissance. Pour lui, j'ai tout abandonné. Pour gagner le Christ et pour être uni à lui, je considère toutes ces choses-là comme des ordures. Je ne suis pas juste parce que j'obéis à la loi, mais parce que je crois au Christ. C’est Dieu qui rend juste, et il rend juste celui qui croit. »

Le salut par grâce, reçu au moyen de la foi que Jésus oppose au mérite, au salut par les œuvres, dans la parabole que nous avons lue ce matin.

J’aimerais nous donner, à chacun, la possibilité de répondre à la prédication, à cet appel que Jésus nous adresse : un appel à l’humilité, un appel à la vérité. Un appel à venir tel qu’on est, et à prendre conscience que tout a déjà été accompli par Christ.

Peu importe la connaissance que tu as de Dieu et peu importe ton passé, viens tel que tu es.

Je nous invite à ce que l’on puisse prier ensemble une prière de consécration et d’invitation à ce que l’on puisse comprendre et vivre l’étendue et la richesse de la grâce de Dieu, pour chacun de nous.

Je vais prier des courtes phrases, et je vous invite, que vous soyez ici à Aigle face à moi, ou alors que vous nous écoutez par le biais de la RTS ce matin, si c’est votre désir, à répéter après moi cette prière, et que cette prière s’élève ce matin dans toute la Suisse romande et même au delà pour ceux qui nous écoutent via internet.

Je vous invite à prier :

Seigneur Jésus, je viens à toi tel que je suis, et je désire te connaître plus.

Je te demande pardon pour les fois où j’ai cru pouvoir me sauver moi-même, mais je comprends ce matin, que tout me vient de toi, que je ne mérite rien, et que tu as déjà tout accompli pour moi.

Merci Jésus pour ce cadeau ! Merci pour ta grâce qui change tout !

Donne-moi de comprendre et de vivre ta grâce chaque jour.

Donne-moi de vivre une vie qui te soit agréable.

Car tu es Dieu et tu mérites le meilleur de moi.

A toi sois le règne, la puissance et la gloire, pour toujours,

Amen.


Matthieu Maillefer, pasteur
Matthieu Maillefer, pasteur

Marié à Anaëlle, Mathieu Maillefer est père d’une petite fille âgée d’une année.

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Après ses études en théologie et un stage pastoral, Mathieu s’engage dans le ministère à l'Église évangélique de Châble-Croix en 2016. Il est particulièrement en lien avec les jeunes et travaille également comme coordinateur jeunesse pour la Fédération romande d'Églises évangéliques (FREE).

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