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Culte de l’Ascension, Dombresson (3/6)

Diffusé le 09 mai 2013 sur RTS Un

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Célébrée quarante jours après Pâques, la fête de l'Ascension marque la montée au ciel du Christ et symboliquement, son entrée dans le monde du divin. Au-delà de l'image énigmatique de Jésus qui disparaît dans la nuée, les dialogues bibliques laissent apparaître une réalité plus complexe. Le texte ne le cache pas: les débuts de l'Eglise sont émaillés de sérieuses difficultés. La prédication du pasteur Gabriel Bader s'inspire du récit de l'Ascension et ouvre un chemin au sein d'une crise qui n'est pas sans rappeler des situations que l'on connaît aujourd'hui en Europe. Textes, musique, témoignages et paroles nous invitent, ce jeudi matin, à repérer ce chemin et à y poser nos pas. Valérie Winteler est à la flûte traversière et Sébastien Vonlanthen à l'orgue


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation : Murielle Landry
Production : Pierre-Alain Frey

Prédication

Une prédication de Gabriel Bader, pasteur

Les disciples s'entretiennent avec Jésus. Ils parlent de l'avenir, des perspectives. Puis, sous leurs yeux, Jésus disparaît dans un nuage. Et eux, ils regardent… en haut… C'est comme ça que commence ce livre: les actes des apôtres, écrit par Luc.
L'image est peut-être belle. En réalité, elle révèle un drame. Luc, quand il écrit le sait bien. Il va en parler, dans son livre. Et c'est comme si, ici, il ouvre le thème: Jésus disparaît dans un nuage. Il n'est plus là. Celui qui avait vaincu la mort. Pire que ça, à l'heure d'écrire ces lignes, fin du premier siècle, ont aussi disparu tous ceux qui ont vu Jésus de leurs propres yeux. Il n'y a plus de témoins. Plus personne pour raconter ce qu'il a vu.
Que va-t-il rester de l'Evangile de Jésus-Christ? Ce n'est pas une question rhétorique au vu de la crise qui est en train d'apparaître à plusieurs niveaux dans les Eglises naissantes. Les apôtres ont des disputes théologiques; certains doivent se séparer alors qu'ils sont engagés en mission ensemble. Les communautés font face à des problèmes qu'elles n'avaient pas soupçonnés: il y a des rivalités. Très aiguës. La solidarité qu'on avait imaginée ne fonctionne pas. Même les apôtres ne font pas preuve d'un total désintéressement. Certains sont tellement fiers que telle communauté se réclame d'eux plutôt que d'un autre.
Jésus disparaît dans un nuage; les témoins sont en train de disparaître; l'Eglise est en crise. C'est la panique générale!
***

Pour ne pas faciliter les choses, l'environnement des premiers chrétiens est catastrophique: au mieux, on les considère comme des philosophes illuminés sectaires; au pire, on les persécute activement.
Au sein de l'Eglise, les conservateurs et les libéraux ne comprennent pas l'Evangile de la même manière. Pierre et Paul se disputent sur la question de savoir si, comme chrétiens, on peut manger de la viande sacrifiée aux idoles païennes; un colloque des apôtres devra être convoqué à Jérusalem pour débattre de la question conflictuelle de savoir si la circoncision doit être pratiquée par les chrétiens histoire de ne pas renier l'héritage juif – Jésus était juif. Et Luc, dans son livre, va raconter tout ça. Cette cacophonie, dans un environnement hostile et au sein de communautés fragiles.
Et Jésus a disparu dans les nuages. Ceux qui l'ont connu ne sont plus là pour en parler. Mais qu'est-ce qu'on va faire? A quoi s'accrocher? Comment sortir de la crise?
La crise de l'Eglise.
Il s'agit de ça.
Au moment où Jésus disparaît dans un nuage et que les disciples restent là, à regarder vers le ciel, deux hommes apparaissent, raconte Luc. Vêtus de blanc. Un peu à l'image de ceux qu'on avait rencontrés juste après la résurrection. Deux hommes dont on ne révèle pas l'identité. Là n'est pas l'important. Ce qui est important, c'est que l'on reconnaisse qu'ils sont messagers de résurrection, de vie.
En trois phrases, ces deux hommes vont ouvrir une voie. Ils vont repérer les errements possibles et proposer un chemin. Un chemin de vie, dans la crise.

***

Les disciples, les croyants, les responsables de l'Eglise sont présentés ici comme ceux qui peinent à trouver des solutions:
D'abord, ils posent la question du temps : "Est-ce le bon moment?" Est-ce qu'on ne va pas trop vite, ou pas assez vite? Ne faudrait-il pas laisser mûrir les choses?
"Vous n'avez pas à connaître le temps et le moment favorable" leur répond Jésus. La question n'est pas là. La crise est d'une autre nature. Le temps ne vous appartient pas.
Alors, les disciples: "Oui, mais, est-ce maintenant que tu vas rétablir le Royaume d'Israël?" Ah c'est vrai que la mort de Jésus avait représenté une immense déception pour ceux qui attendaient le Messie, c'est-à-dire un roi, qui vienne occuper le trône autrefois occupé par le roi David. On se souvient de David. Les textes décrivent l'immensité de son Royaume. On se souvient de cette époque. C'était autre chose. Rétablir le passé. Retrouver le Royaume perdu.
Ce n'est pas ça que leur promet Jésus. Ce que vous allez recevoir, leur promet Jésus, c'est une puissance. "Puissance", le mot utilisé ici signifie "le mouvement"; mot qui a donné en français "dynamique", "dynamo", "dynamite". Voilà ce que je vous promets: une dynamique, un mouvement; une puissance, celle du Saint-Esprit: le vent saint. Ce n'est pas un retour vers du connu, ça; mais non, le vent souffle où il veut. Vous irez dans des chemins inconnus, à inventer. Il faudra être créatif, sortir des ornières, parce que le vent saint soufflera son dynamisme sur vous. Et vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre.
Là-dessus, Jésus avait tout dit. Il disparaît dans les nuages et les disciples ne bougent plus.
Il faudra donc un coup de pouce supplémentaire. Deux hommes, vêtus de blanc, les interpellent: hé, "pourquoi restez-vous là à regarder le ciel?" Regarder vers le ciel… chercher Jésus là où on ne le verra jamais… attendre que quelque chose ou quelqu'un vienne, revienne de là… pour nous sortir de notre situation.
"Ce Jésus qui vous a été enlevé pour le ciel viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel". Mais, ce n'est pas là (vers le ciel) que vous le verrez. Là, vous voyez, ce ne sont que des ballons de bauderuche (allusion au décor, des ballons représentent la nuée), il n'y a rien d'autre.
Les disciples redescendent de la colline et regagnent Jérusalem. A pied. Ils marchent vers Jérusalem. Ils retournent chez eux. Tout à l'heure, ils avaient les yeux fixés sur le ciel. Voilà maintenant qu'ils marchent vers Jérusalem, les pieds sur terre.
Et sans qu'ils ne le réalisent encore, une parole de Jésus est en train de se réaliser: "vous serez mes témoins à Jérusalem", puis en Judée, en Galilée et jusqu'aux extrémités de la terre. Voilà la clé. En retournant chez eux, les pieds sur terre, les disciples deviennent témoins.
Le mot-clé.
Vous comprenez en effet qu'à l'heure où les croyants s'inquiètent de la disparition des premiers témoins, de ceux qui ont rencontré Jésus, savoir que l'Evangile va continuer de vivre grâce à une nouvelle génération de témoins constitue un soulagement extraordinaire. L'on passe, à l'Ascension, d'une génération de témoins à une autre: de ceux qui ont vu Jésus de leurs propres yeux à ceux qui seront témoins de l'Evangile sans le voir, mais les pieds sur terre, là où ils sont.
Christine, Daniel et Meera que vous avez entendus, appartiennent à cette deuxième génération. Là où ils sont, là où ils habitent, là où ils travaillent, ils sont devenus, par la foi, des témoins. Ils rendent compte de ce qui leur a été donné au travers de l'Evangile. Ils le font avec une immense modestie, les pieds sur terre, mesurant la richesse de l'héritage de la foi et la fragilité avec laquelle cette foi est portée, vécue, confrontée à d'autres valeurs. Ils témoignent sous des formes diverses, parce que le vent souffle où il veut et comme il veut. Mais, dans leur engagement, ils perpétuent ce à quoi Jésus invitait les disciples: retournez à Jérusalem, en Judée, en Samarie, c'est-à-dire chez vous, là où vous vivez. Marchez-y, les pieds sur terre, vous êtes devenus les témoins. Avec les disciples descendus de la colline le jour de l'Ascension, avec Christine, Daniel et Meera, vous êtes, vous (assemblée), vous (caméra), nous sommes, les témoins dont l'Evangile a besoin.
L'Eglise de Jésus-Christ, j'en suis convaincu, traversera les crises, non pas grâce à ceux qui s'interrogent sur la question de savoir si c'est le bon moment, ni grâce à ceux qui rêvent d'un passé révolu, ni même à ceux qui croient bon de garder les yeux fixés au ciel. L'Eglise traversera les crises par le témoignage des croyants là où ils sont. L'Esprit Saint souffle comme il veut sur vous, sur nous, pour que le témoignage prenne mille formes possibles et autant d'expressions diverses. Toujours humble, libre de partager ses valeurs avec d'autres dans la société, conscient de ses fragilités, le témoignage rend compte du retour de Jésus-Christ, tous les jours. Car là où nous posons les pieds, il vient de la même manière qu'on l'a vu partir dans le ciel.
Il est ressuscité!

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