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Culte en streaming diffusé du Temple de Clarens

Diffusé le 07 mai 2017 sur celebrer.ch

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Prédication

Une prédication de Marc Horisberger, pasteur

Chers frères et sœurs, chers amis, chers auditeurs de la radio, chers amis qui nous suivez sur Internet,

Vous le savez sans doute, rien n’est aussi compliqué que d’inviter des gens à un repas de fête. L’organiser, dresser une table, composer un menu, trouver les meilleurs produits, c’est déjà du travail, mais les invitations, quel casse-tête ! Il faut avertir longtemps à l’avance pour que les invités bloquent la date et puis leur envoyer un carton d’invitation quelques semaines avant… Mais comment choisir les invités ?

Comme dans tous les repas de fête, il y a ceux qui « en sont d’office » et les autres… Il y a les parents, les frères et sœurs, les cousins, les amis… mais comment clore la liste, où mettre la limite ?

A Cana, l’impréparation semble avoir été de mise ; j’en veux pour preuve la manière dont l’évangéliste nous raconte la scène :
« Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana, en Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi fut invité ainsi que ses disciples. »
Autant le dire tout de suite, Jésus n’est pas franchement attendu dans ce contexte et ses disciples fraîchement appelés les jours précédents encore moins…

« La mère de Jésus était là ». Comme tout à la fin de l’Evangile, au pied de la croix.
Mais est-elle venue pour donner un coup de main ? Quand certains festoient, d’autres bossent, la suite du texte nous montre une femme mieux renseignée que le maître de la fête. L’humble servante est peut-être plus près des fourneaux que de la mariée.
Bien, mais elle n’est pas venue toute seule ! et il a bien fallu prendre une décision… Du coup, Jésus aussi fut invité! et ses copains!

Toute une bande de jeunes gaillards, bien déterminer à fêter, eux ! Car dans cette Galilée soumise aux Romains, ce n’est pas la fête tous les jours. On ne s’étonne donc guère de la suite du récit… si les copains des copains sont venus profiter du banquet de mariage, pas étonnant qu’il finisse par manquer de vin !

L’entrée en scène de Jésus dans l’évangile de Jean vu sous cet angle fait clairement penser à la venue de l’enfant de Noël dans l’anonymat d’une étable de Bethléem… Jésus est celui qui vient dans le monde, oui, mais sans que le monde y prête attention…
Jésus à Cana comme à Bethléem est arrivé à contretemps et en hôte de deuxième catégorie.

La suite du récit nous livre un énigmatique échange entre Jésus et sa mère dont il me faut dire deux mots :

« Il n’ont plus de vin ! » dit la mère « que me veux-tu, femme ? » répond Jésus, avant d’ajouter « mon heure n’est pas encore venue ! »

Souvent, on s’achoppe à cette façon rude de Jésus de répondre à sa mère.
Si d’un côté, l’évangéliste ne renie pas l’importance de Marie qui, par ses mots, va déclencher le ministère de Jésus, il ne l’appelle jamais par son prénom. C’est peut-être choquant de le dire, mais c’est ainsi !

En mettant dans la bouche du Christ, à Cana comme au pied de la croix, le mot « femme », l’évangéliste nous invite à voir Marie comme la figure et le modèle du croyant qui a une totale confiance dans le Christ et qui est certaine d’être sinon suivie dans sa demande du moins écoutée. Je suis la fidèle servante du Seigneur… c’est toi qui sais !

En lui disant « femme », comme lorsqu’elle sera au pied de la croix, Jésus ne parle pas à sa maman, mais au disciple. Au disciple qui le dérange d’ailleurs, car elle lui demande de sauver la fête du mariage, comme d’autres de sauver le monde !

On comprend bien sûr l’hésitation de Jésus qui sait que dès ce moment-là le compte à rebours vers sa mort à Jérusalem sera enclenché.

Jésus va pourtant intervenir, et je dois dire que le premier miracle du Christ de l’évangile de Jean est bien troublant… Changer une grande quantité d’eau en vin à la fin d’un repas de noces… Fallait-il vraiment le faire ?

Ce n’est pas le caractère miraculeux qui nous interpelle le plus ! Dans l’Antiquité, le surnaturel ne pose pas plus de problèmes que les phénomènes paranormaux dans une série américaine.
D’ailleurs, l’évangéliste nous invite à voir l’action de Jésus comme un signe plus que comme une démonstration de ses pouvoirs surnaturels.

Ce qui fait problème, c’est le lieu où le premier signe de Jésus prend sa place : un festin, et encore plus, un banquet de mariage ! C’est là, au milieu d’une foule qui boit et qui festoie que Jésus fait ce que certains ont appelé « un miracle d’ivrogne » ! Jésus n’hésite pas à ajouter 600 litres de vin à tous ces convives déjà « gris » ! Aurait-il cédé à la tentation, lui qui avait refusé au désert de changer des pierres en pains ?
Bien sûr que non ! Mais Jésus s’adresse à tous ceux qui voudraient transformer l’Evangile en une nouvelle morale remplie de commandements. Pour connaître Dieu, il n’y a pas besoin de renoncer aux plaisirs de la vie. Nul besoin de devenir ascète et de renoncer à la nourriture, à la fête, au mariage et à l’union sexuelle.
Il suffit d’inviter Dieu au milieu de nos fêtes, au cœur de la vie. « L’Evangile, ce n’est pas l’eau, mais le vin, ce n’est pas la continence, mais la fête en abondance… voilà l’Evangile ! jusqu’à plus soif ! » (Louis Simon « Mon Jésus » p. 81).

Jésus n'est pas contre le mariage, ni la fête, ni la joie. Non seulement il y participe, mais il y a une part active, déterminante, à l’insu même de ceux qui bénéficient de son action.
Ont-ils seulement su ce qui s’était passé ? Le maître de la fête est étonné, et le marié n’est plus assez lucide pour dire que lui non plus ne sait pas d’où vient ce si bon vin ! Qu’importe ! L’invité de deuxième catégorie s’est révélé le vrai maître de la fête.

Ce qui fait également problème, c’est que Jésus non seulement s’attaque à ceux qui voudraient faire de la foi une ascèse ou une mystique, mais également à ceux qui la voient comme un rituel. En intervenant au milieu d’une fête humaine, Jésus désacralise complètement la religion… Il remet Dieu au milieu de la Vie.

L’évangéliste prend grand soin de dire à quoi servent les jarres de pierre que Jésus fait remplir d’eau : les religieux juifs les utilisaient pour leurs rites de purification. Des rites que l’on trouve dans toutes les religions !

Notre démarche spirituelle humaine, souvent de façon un peu simpliste et dérisoire, s’accroche aux rites, à une pratique, à un clocher ou à une forme liturgique. Des rites qui prétendent pouvoir enlever les souillures morales ou physiques par un lavement symbolique.

Au tout début de son ministère, Jésus se révèle comme celui qui abolit les frontières entre le religieux et le profane. Dieu ne veut pas être enfermé dans le religieux. Il ne veut pas que la foi se mesure à la longueur de la barbe ou de la jupe, au foulard ou à certaines pratiques alimentaires. Il veut irriguer notre vie tout entière et descendre dans nos fêtes et dans nos vies, fussent-elles opaques, pour les transfigurer et les habiter de sa présence.

Mais Jésus à Cana agit discrètement, comme en secret, il ne s’impose pas. A l’image du Dieu mystérieux, du Dieu caché que le monde ne connaît pas mais qui depuis les origines et sans le savoir vit de sa grâce et de sa bienveillance, vit sous le soleil de Dieu.

Pourtant à ses disciples, femmes et hommes, Jésus révèle sa gloire ! Comme il continue de le faire avec tous ceux qui discernent dans l’hôte inattendu de leurs vies et de leurs fêtes, celui qui peut les rendre belles et lumineuses.

Amen.

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