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Culte en streaming depuis la Fête du Blé et du Pain à Echallens: Le pain qui donne la vie

Diffusé le 26 août 2018 sur celebrer.ch

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Et c'est au cœur de la Fête du Blé et du Pain que l'on peut manifester sa reconnaissance pour la vie que Dieu donne et renouvelle. Jésus affirme: « Je suis le pain de vie ». Comment répond-il aux faims de l'humanité et quelle nourriture apporte-t-il par sa vie?

Culte en direct sur Espace 2 et en Live streaming sur celebrer.ch. Il est intégré au dernier jour de la Fête du Blé et du Pain et réunit les trois communautés chrétiennes d’Echallens.


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation : RTS
Production : RTS

Prédication

Une prédication de Philippe Morel

Introduction

Le paysan, philosophe, auteur à grand succès, Pierre Rabhi est invité un jour au Téléjournal. Monsieur Rochebin lui dit : « Mais finalement le capitalisme et la société de consommation n’ont-ils pas gagné – tout mis à leurs pieds sous leur pouvoir ? » Monsieur Rabhi répond d’abord en disant : « Gagné quoi ? » Et il ajoute : « S’il n’y a un jour plus rien sur cette planète parce que tout est détruit, et qu’on met devant quelqu’un une miche de pain et un lingot d’or, ben, que croyez-vous qu’il va choisir ? » Entretien résumé sur les réseaux sociaux par : « Un jour, l’humanité devra choisir entre une miche de pain et un lingot d’or. » Cette réalité était au cœur du spectacle de la Fête du Blé et du Pain.

Eh bien vous qui êtes venus à Echallens, vous avez choisi le pain. Vous avez même reçu du pain en arrivant ici sur la place de la Gare. Comme, les amis de Jésus qui ont aussi reçu du pain et même du pain en quantité puisqu’ils viennent de participer à une des multiplications de pain racontées dans l’Evangile.

Mais à quel point le pain est-il nécessaire à notre vie ? Réponse en écoutant les réactions qui suivent cette multiplication de pains dans l’Evangile de Jean.

Jean 6, 26 à 35 (traduction alliance de diverses versions)
Jésus dit aux personnes rassemblées autour de lui : « En vérité, en vérité, je vous le dis : ce n’est pas parce que vous avez vu des signes étonnants que vous me cherchez, mais parce que vous avez mangé autant de pain que vous avez voulu.
Mettez-vous en action pour obtenir non pas cette nourriture passagère, mais la nourriture qui demeure et apporte la vie avec Dieu pour toujours. Cette nourriture, le Fils de l’homme vous la donnera, parce que Dieu, le Père, a mis sur lui la marque de son autorité. »
Les gens demandent à Jésus : « Qu’est–ce que nous devons faire pour accomplir les actions que Dieu veut ? »
Jésus leur répond : « L’action que Dieu veut, c’est de croire en celui qu’il a envoyé. »
Alors ils lui disent : « Fais–nous voir un signe. Alors nous te croirons. Que fais-tu d’extraordinaire ?
Dans le désert, nos ancêtres ont mangé la manne. On lit cela dans les Livres Saints : “Dieu leur a donné à manger du pain qui vient du ciel.” »
Jésus leur réplique : « En vérité, en vérité, je vous le dis, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel, mais c’est mon Père qui vous donne le véritable pain du ciel.
Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Alors tous demandent à Jésus : « Seigneur, donne–nous toujours ce pain–là ! »
Jésus leur déclare : « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

Prédication

Qu’est-ce qu’on mange ? Cette phrase, si vous avez fréquenté des ados, vous l’avez certainement entendue. Vous ne les voyez plus de la journée, la nuit c’est pas forcément mieux, mais à l’approche de l’heure fatidique du repas, soudainement une voix se fait entendre dans le couloir « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? »


C’est la question que j’entends au cœur de l’Evangile de ce matin : « Qu’est-ce qu’on mange ? »

Les amis de Jésus et la foule des grands jours se sont bien rempli le ventre grâce à la dernière multiplication des pains de Jésus : il y en a eu pour tout le monde et il en restait même après. Il devait être bon ce pain, comme le pain solstice ici à Echallens, il devait être bon parce que la foule s’est activement mise à la recherche de Jésus, parcourant des kilomètres à pied pour le retrouver.

Mais à partir de là s’installe un certain dialogue de sourds entre Jésus et ses interlocuteurs : de quelle faim parlons-nous ?

Faim de notre corps, parce que nous nous résumerions à un estomac ? (Certes face à certains appétits d’ado notamment, on pourrait le croire parfois !)
Faim de biens, de se remplir, de consommer, de se sécuriser par des objets, de la nourriture en surabondance, des loisirs, des connections…

Il y a des jours où manger une demi-plaque de chocolat comble bien plus qu’un creux au ventre. Et d’autres où l’envie d’aller m’acheter quelque chose ne répond à aucun besoin réel précis.

Y a-t-il d’autres faims qui creusent nos vies, nos coeurs ? Quel creux en nous, quel vide ? Un vide qui parfois fait mal, qui nous réveille au milieu de la nuit, qui laisse un goût amer après nos plus beaux succès.

Faim de sens : de participer à une autre dynamique qu’une société qui fonce dans le mur du gaspillage énergétique et écologique ?
Faim de dépasser le matérialisme de notre société de consommation ?
Faim de justice ?
Faim de confiance ?
Faim de sortir du brouillard rampant de la peur – peur des autres, peur de manquer, peur de souffrir, peur de ne pas être à la hauteur…
Faim de vrai – vraies paroles, vraies amours, vraies relations…

La réponse de Jésus est très simple : « Je suis le pain de vie, je rassasie toutes vos faims, je calme toutes vos soifs. »

Mais comment passer du pain de la terre, nourriture quotidienne ancestrale pour notre corps, au pain du ciel donné par Dieu ?

Je me sens assez en phase avec cette foule : elle se demande que faire, elle aimerait voir, elle veut des explications, des preuves, de l’action.

A chaque fois Jésus répond dans un autre registre avec un verbe qui revient sans cesse dans sa bouche : CROIRE. Jésus leur répond : « L’action que Dieu veut, c’est de croire en Celui qu’il a envoyé. »

On peut voir pleins de choses : Jésus marchant sur l’eau, une multiplication de pains ; on peut faire pleins de choses, mais cela ne suffit pas, cela ne déclenche rien de déterminant en nous, cela ne rassasie pas nos faims. Il manque un verbe « magique », décisif : « CROIRE ».

André Chouraqui dans ses propositions de traductions de la Bible – parfois un peu originales – propose de traduire « croire » par « adhérer » : adhérer à Jésus.

Adhérer, c’est coller, se lier, faire corps avec Jésus. Ce n’est pas juste être d’accord, trouver bien, discuter des paroles de Jésus et ensuite faire tout autre chose, parce qu’au final, la vie de Jésus n’a aucun impact sur la mienne.

Adhérer, c’est s’engager avec tout son être, toute sa personne pour faire équipe avec Jésus, comme les enfants et les jeunes l’ont découvert avec les Kidsgames il y a une semaine en arrière. S’associer à Jésus, c’est devenir chrétien, être du Christ, avoir son identité liée à Jésus.

Croire n’est pas une option, un « plus ». Sans adhérer à Jésus, on reste sur le bord du chemin, à regarder les chrétiens s’engager, à lire des témoignages saisissants, mais on ne prend pas avec soi, en soi, les paroles et les impulsions de Jésus : on ne se nourrit pas de sa vie.

Car croire, c’est bien une question de nourriture, c’est bien la question : « Qu’est-ce qu’on mange ? »

Qu’est-ce que je mange dans ma vie ?

La question ce matin est bien : «De quel pain manges-tu? » Pas de savoir si vous préférez Millioud, le Musée, Perey, Gourmandises ou tout autre, mais : « De quoi vis-tu ? De quoi te nourris-tu ? A quoi tu carbures? »

Qu’est-ce qui nourrit mes choix, ma manière d’être en relation, mon agenda, mes espoirs, mes joies, me redonne du pep lors mes coups de blues ?

« Je suis le pain » dit Jésus, donc Jésus est une nourriture, je le mange ! Je fais mienne la vie de Jésus.

Assimiler la vie de Jésus, c’est lâcher une part de mes sécurités, mes repères, ma sagesse pour entrer dans la folie de l’amour du Christ, un amour que je reçois parce que je suis accueilli, fêté par Dieu tel que je suis, et un amour que je partage, que j’offre car Jésus me conduit vers l’autre et en particulier l’autre fragile et rejeté.

Intégrer la force de vie de Jésus, c’est : s’ouvrir à l’Esprit, la présence, le souffle de Dieu. Lire un Evangile, un des quatre récits de la vie de Jésus pour simplement connaître sa vie, le rencontrer, découvrir comment Dieu nous aime, et partager le pain avec des frères et sœurs.

Car oui, partager le repas du Seigneur, la Cène ou l’Eucharistie, ce n’est pas regarder de loin cette vie si exemplaire de Jésus, ni même juste s’en souvenir, mais c’est s’en nourrir, en faire le moteur de mon existence. C’est se réjouir de faire naître en moi une nouvelle vie, la vie du Christ. C’est naître de nouveau pour reprendre une autre expression chère à l’évangéliste Jean.

Par la vie de Jésus, nous recevons cette force de naissance et de libération :
pour passer de la peur à la confiance,
pour passer de l’égoïsme à l’amour fraternel,
pour passer de la jalousie au partage,
pour passer de l’absence à la communion.

Avec Jésus nous recevons l’énergie pour passer à l’amour.

Amen

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