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Culte en l’église de Nanjing (Chine)

Diffusé le 10 juin 2012 sur RTS Un

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Un culte étonnant que nous offre les chrétiens de Chine.Dans leur culture,  ils nous parlent de leur vision du Christ et de son message aux travers des Evangiles... 

Avec la pasteure Wang Xue Feng

Prédication du pasteur Li Lan Cheng


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation :
Production : SRF

Prédication

Une prédication de Li Lan Cheng, pasteur

Nous écoutons maintenant le texte de la prédication. Il se trouve dans l’épître aux Philippiens. Au chapitre 1, dans les versets 9 à 11, Paul nous dit :
« Voici ce que je demande à Dieu dans ma prière : que votre amour grandisse de plus en plus, qu'il soit enrichi de vraie connaissance et de compréhension parfaite, pour que vous soyiez capables de discerner ce qui est bien. Ainsi, vous serez purs et irréprochables au jour de la venue du Christ, remplis du fruit de justice (qui vient) par Jésus-Christ, à la gloire et à la louange de Dieu. »

C’est là la prière de Paul, comme le dit le texte, mais il contient également son attente envers les croyants (de jadis et d’aujourd’hui). Nous devons répondre à beaucoup de demandes :
Premièrement, nous devons avoir l’amour et que celui-ci grandisse.
Deuxièmement, nous devons avoir la connaissance et qu’elle se multiplie sans cesse.
Troisièmement, nous devons avoir la compréhension de la nature des choses et que celle-ci se développe avant tout par l’expérience de vie.
Quatrièmement et finalement, il attend de nous que nous soyions aimables envers nos prochains et pratiquions la justice, et que cette communion avec notre prochain porte aussi du fruit.

Premièrement, avoir l’amour signifie bien sûr que nous nous aimions les uns les autres. Ainsi, Jésus dit dans l’Evangile de Jean, au chapitre 13, verset 35 : “A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres”. L’amour a donc clairement une dimension de réciprocité et crée la communion. Il est certain que nous devons aimer Dieu, mais nous devons tout autant aimer nos prochains, donc pratiquer la communion avec notre prochain. Cette communion montre clairement l’amour de Dieu pour nous, que nous pouvons donner au monde.

Au-delà de cela, nous devons non seulement aimer notre prochain, les frères et les soeurs au sein de l’Eglise, mais aussi les frères et soeurs du monde. La maxime chinoise dit : “Yiren – Yiyan” : “On reconnaît le juste à son amour”.
C’est exactement cet amour que Paul définit huit fois négativement et quelques fois positivement dans l’épître aux Corinthiens, au chapitre 13 : l’amour
1. n'est pas envieux ;
2. ne se vante pas,
3. ne s'enfle pas d'orgueil,
4. ne fait rien de malhonnête,
5. ne cherche pas son intérêt,
6. ne s'irrite pas,
7. ne médite pas le mal,
8. ne se réjouit pas de l'injustice.
Mais il est persévérant et bon. Il se réjouit de la vérité.
Il pardonne - croit - espère et il supporte tout.

L’amour ne fera jamais défaut. Il n’aura jamais de fin, il est destiné à ne cesser de grandir, et il doit le faire en dépassant largement les limites de la famille (-qui pour nous chinois est tellement importante-). Cet amour doit aussi toujours atteindre les autres, les personnes “dehors”; il vaut aussi pour elles.

Nous vivons dans un entrelacement de relations variées. Il y a la relation des enfants avec leurs parents, entre père et fils, entre mère et fille et entre frères et soeurs.
En-dehors de la famille, il y a aussi les relations dans le domaine du travail, c’est-à-dire entre les subordonnés et les supérieurs. Nous avons également des relations avec des amis.

Confucius et la tradition chinoise parlent de 5 relations fondamentales dans la vie :
➢ D’abord la relation entre père et fils,
➢ ensuite les règles de politesse, la relation entre le monarque et le sujet, même si de nos jours il n’y a plus de monarque et de sujets chez nous, il existe néanmoins une hiérarchie de haut en bas, de supérieurs et de subordonnés, qui doivent respecter les premiers.
➢ Puis, il y a la relation d’amour entre le mari et l’épouse.
➢ La quatrième relation fondamentale est celle entre des personnes âgées et jeunes.
➢ Et enfin, il y a la relation entre l’ami plus âgé et l’ami plus jeune.
Voilà les cinq relations fondamentales, qui valent en Chine.

A quoi exactement doit donc ressembler la relation entre parents et enfants ? Ici, il s’agit de proximité personnelle et d’assistance. Et la relation entre les supérieurs et les subordonnés ? Là il s’agit avant tout de loyauté et de respect. La relation entre les époux est réglée par des rôles différents et des devoirs réciproques. Dans la relation entre des plus âgés et des plus jeunes, les plus âgés doivent se faire du soucis pour les plus jeunes, pendant que les plus jeunes doivent respecter les plus âgés. La relation d’amitié devrait finalement être empreinte de confiance et d’hônneteté.

Ce qui est décisif est que dans chacune des cinq relations traditionelles, telle qu’elles ont été décrites par Confucius et Mencius, l’amour représente le principe porteur. Il doit grandir sans cesse. Cela correspond à ce que la bible enseigne et à la première exhortation que Paul adresse au croyant. L’amour doit grandir ; il doit commencer dans la famille, mais il doit ensuite devenir la marque essentielle dans toutes les autres relations.

Un deuxième appel que Paul adresse aux croyants est contenu dans son intercession pour les croyants de Philippes (Chapitre 1, versets 9-10) : « Voici ce que je demande à Dieu dans ma prière : que votre amour grandisse de plus en plus, qu'il soit enrichi de vraie connaissance et de compréhension parfaite, pour que vous soyiez capables de discerner ce qui est bien. »
Quelques personnes chez nous pensent que dans le cadre de notre travail, nous n’avons pas besoin de nous préparer, que nous n’avons pas besoin de nous former et d’apprendre, mais que nous pouvons nous reposer exclusivement sur le Saint-Esprit. Il suffirait que le Saint-Esprit nous touche et nous serions quasi automatiquement aptes pour toutes sortes de tâches. Cette manière d’agir est cependant fausse. Quel que soit l’engagement que nous avons et pour nous permettre de pouvoir nous reposer sur l’Evangile, nous avons besoin de beaucoup de préparation. Dans tout ce que nous entreprenons, nous devons nous préparer de la meilleure manière et commencer par acquérir la formation et la connaissance nécessaires. C’est pourquoi la nouvelle connaissance que nous acquérons, nous ne devrions pas la gâcher, la nier ou la rejeter en la fondant sur des croyances qui sont erronées, mais nous devrions l’intégrer en harmonie avec les expériences quotidiennes que nous faisons. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons aussi expliquer l’Evangile à nos prochains. Nous devons nous instruire et nous préparer en tout, car le Saint-Esprit ne touche pas les gens paresseux, et la paresse n’est pas ce que Dieu attend de nous. Se pencher en arrière (en croisant les mains derrière la tête) et dire que le Seigneur en ferait don aux siens pendant le sommeil n’est rien d’autre que de la paresse et du désoeuvrement et n’est pas récompensé par lui.

C’est ainsi qu’on en parle aussi dans le livre des Proverbes, au chapitre 10, verset 26 : « Ce que le vinaigre est aux dents et la fumée aux yeux, tel est le paresseux pour ceux qui l'envoient ». Le psaume 119, verset 11 nous invite à bien nous préparer dans tout ce que nous faisons « Dans mon cœur, je conserve tes instructions pour ne pas être coupable envers toi. » et au verset 45 du même Psaume : « Je veux avancer libre dans la vie, car je me soucie de tes exigences ». Ceci requiert vraiment beaucoup de travail. C’est cet effort qui montre que nous comptons sur Dieu et que nous travaillons pour lui. Mais quel en est le but ? Dans le travail pour Dieu, le but consiste à atteindre la meilleure qualité possible, laquelle nous récompensera par le succès (dans le service pour Dieu). Ce faisant, nous prenons la parole de Dieu et la réalisons (concrétisons) dans notre travail.

Moïse est un bon exemple pour cela. Voici ce qu’on en dit dans les Actes des apôtres (7:23) : “Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres.“ C’est important d’en avoir conscience, car l’Egypte était, au même titre que Babylone, l’Inde ou la Chine, une ancienne civilisation. Sa littérature, son système judiciaire, son armée et son architecture, l’administration politique, tout cela était très développé. Elle a atteint de brillantes performances en religion, astronomie, géographie, agriculture, technique et médecine. Les pyramides, les momies et d’innombrables sites, objets et trésors témoignent à quel point cette civilisation était développée. Dans le palais de Pharaon, Moïse obtint la meilleure éducation et formation qu’on pouvait recevoir à l’époque. Il oeuvra dans le domaine législaltif et contribua à développer le domaine juridique de l’Egypte. Il était habilité à fixer la journée de fête religieuse. Finalement, parce que Moïse avait pu apprendre autant de choses des Egyptiens, il a pu se donner les moyens de conduire les Israélites hors d’Egypte.

C’est précisément de cette manière que, dans la Chine actuelle, nous devons prendre l’apprentissage au sérieux. Nous devons prendre au sérieux la culture chinoise et sa manière de vivre et étudier scrupuleusement. La culture chinoise est une culture riche et nous devons l’étudier afin que nous puissions proclamer l’Evangile aux personnes. La question est de savoir comment nous pouvons apprendre quelque chose des personnes que nous rencontrons.

Quand nous transmettons l’Evangile, nous devrions être sufisament instruits et connaître la langue et la culture du lieu dans lequel nous proclamons l’Evangile. Nous devons être instruits : cela correspond aussi exactement à notre culture chinoise. En particulier en tant que Chrétiens en Chine, nous devrions attirer l’attention de tous sur l’exigence de la formation. Afin de rendre un bon témoignage de la foi, nous devrions bien connaître les gens de notre entourage et prêcher de telle manière à ce qu’ils le comprennent. Si notre culture chinoise est aussi ancienne que nous l’avons dit, nous devrions aussi l’étudier. Nous devrions rassembler celle-ci et la vérité biblique et toute notre connaissance du monde et avant tout laisser agir notre esprit pratique et notre bon sens.

Il existe une parole de Confucius très connue, qui dit qu’à chaque fois que je rencontre trois personnes, il y a toujours au minimum une personne parmi ells qui, dans un certain sens peut être mon maître (enseignant). Tire donc des leçons des forces des personnes que tu vois autour de toi, et si tu découvres des faiblesses en elles, tu as le droit de les y rendre attentives, mais tu dois aussi apprendre de leurs faiblesses. Apprends toujours quelque chose des personnes que tu rencontres ! Cela devrait être ton objectif, tu devrais être attentif et apprendre quelque chose dans chaque situation. Cela implique également l’apprentissage de ce qui est marqué dans la Bible. Nous autres, les Chrétiens chinois, avons énormément de plaisir à apprendre quelque chose de la Bible.

A ce sujet, j’aimerais vous raconter une histoire :
Dans le nord de la Chine vivait une famille très pauvre. Un des jeunes hommes de cette famille était aveugle de naissance. A l’âge de 8 ans, il commença à croire en Jésus-Christ. C’est pourquoi il s’acheta, après un certain temps, une Bible en format poche. Pour quoi faire, étant aveugle ? En fait, il ne l’acheta pas pour lui même, mais ce faisant, il se projetait intérieurement déjà dans sa future famille, y compris ses futurs enfants. Il les aimait déjà si fort, qu’il souhaitait leur acheter une Bible aussi longtemps à l’avance. Même si la question se posait s’il allait pouvoir fonder une famille en tant qu’aveugle, confiant, il a quand même acheté la Bible. Et effectivement, il a pu, plus tard, fonder une famille. Il a eu un fils, qui par chance n’était pas aveugle, et tout à fait conformément à l’exemple biblique, il a consacré son premier né, le huitième jour après la naissance, à Dieu. Il souhaitait que son fils serve Dieu toute sa vie.
Plus tard, après l’émergence de la révolution culturelle, la famille eut la visite des gardes rouges à sept reprises. Ils savaient que les membres de la famille étaient des chrétiens croyants et cherchaient leur Bible pour la détruire. Les gardes rouges n’y parvinrent pas, car la petite Bible était très bien cachée.
Une fois, pendant la saison des pluies, lors d’une énorme tempête, ils rentrèrent à la maison et retrouvèrent la Bible complètement trempée. Pendant trois longues journées et trois longues nuits, la mère a alors pris page après page avec une aiguille et les a soigneusement décollées et séchées.
Un jour, en 2ème classe de l’école primaire, le fils a commencé à lire par lui-même cette Bible de manière intensive. Ce qui l’a finalement - une fois adulte - mené à étudier la théologie. Il sentit clairement, qu’il était destiné à devenir Pasteur. Il a eu la chance de pouvoir étudier au meilleur séminaire de théologie de Chine, c’est à dire ici à Nanjing, au “Jinling Theological Seminary”, et aujourd’hui cet homme est Pasteur.

En fait, ce jeune homme dont je viens de vous raconter l’histoire, c’est moi. Il s’agit de mon histoire, et c’est à ce point que nous aimons la Bible !




Voici maintenant le résumé de la prédication d’une heure du Pasteur Li.

Notre texte de prédication parle du « Fruit de la justice, qui vient par Jésus-Christ à la louange de Dieu » (Phil 1 :11).
Il s’agit en fait d’un fruit, qui est la conséquence d’un développement, qui commence par l’amour et qui doit constituer une force qui anime notre communion avec les autres. Paul nous exhorte à rechercher sans cesse cet amour. Il doit se concrétiser dans toutes nos relations diverses et variées, d’abord dans la famille, puis au-delà dans tous les domaines de la vie, pendant le travail et dans la société. La connaissance et la compréhension ne doivent pas être méprisées, mais recherchées consciemment et adaptées aux personnes et aux circonstances. Ainsi ils se traduiront de manière pratique et utile dans nos relations avec les autres. En fait, nous n’arriverons pas à réaliser tout cela par nous-mêmes. Jésus lui-même doit venir dans notre cœur. Car après tout, ce qui compte, c’est ce que Marc a dit dans son Evangile (7 :20-22. Il disait : ce qui sort de l'homme, voilà ce qui le rend impur. “Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, prostitutions, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchanceté, ruse, dérèglement, regard envieux, blasphème, orgueil, folie.”
Mais face à cela, il y a la Bonne Nouvelle, que nous pouvons entendre dans l’Apocalypse, chapitre 3, versets 20-22 : “Voici : je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi.”
Jésus vient donc chez nous, à la maison. Et ici nous voyons encore une fois que l’amour du prochain et la justice que Jésus suscite, commencent dans sa propre maison ! C’est pourquoi, tout commence d‘une certaine manière par le respect envers les parents. D’autre part, nous devons instruire nos enfants. Nous devons suivre le mode de fonctionnement des époux , dans leur manière de répartir les rôles et de s’aimer l’un l’autre. Les frères et soeurs doivent aussi s’aimer les uns les autres. Nous devons également vivre en paix avec nos voisins. Nous devons aller à la rencontre de toutes les personnes que nous côtoyons avec bonté.

Toutes ces exigences sont des fruits de la justice et de l’amour du prochain, qui nous sont donnés par Dieu, exactement comme il est dit dans l’épître aux Galates, au chapitre 5, les versets 22 et 23 : “Mais le fruit de l'Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi.” Rien, aucune loi ne peut l’empêcher de grandir !
Que de cette manière, Dieu vous bénisse tous !

AMEN

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