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Culte de Pentecôte de Saint-Laurent-Eglise, Lausanne

Diffusé le 27 mai 2012 sur RTS Un

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« Ils ont fumé la moquette ! »

Voilà ce qu’on lit dans le 2e chapitre du livre des Actes des Apôtres, ou presque… le texte exact est « ils sont pleins de vin doux ». Mais le sens est le même ...

Les personnes présentes étaient tout étonnées de voir les disciples de Jésus parler en langues et ne savaient qu’en penser, mettant cette « folie » sur le compte de l’alcool !

Cette « folie » est le thème de la prédication de ce culte de Pentecôte, proposée par les pasteurs Jean-Chollet et Daniel Fatzer.

Les musiciens, Jean Duperrex et Alexandre Cellier, jouent pour l’occasion de la « canne d’hôpital » ou de la « ramassoire »....

Flavie Crisinel accompagnée de Daniel Favez au piano, nous offre ses gospels avec un chœur de jeunes paroissiens.

Et comme toujours, à Saint-Laurent-Eglise, il y a encore d’autres surprises qu’on ne peut présenter maintenant, sans quoi il n’y aurait plus de surprise... 


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation : Murielle Landry
Production : Pierre-Alain Frey

Prédication

Une prédication de Jean Chollet, pasteur; Daniel Fatzer, pasteur

Daniel
« Tous sont remplis de l'Esprit Saint et ils se mettent à parler d'autres langues. C'est l'Esprit qui leur donne de faire cela. »

Sans vouloir tout remettre en question, mais en y réfléchissant honnêtement, je me demande si cette manifestation de l’Esprit était vraiment nécessaire…

Jean
Qu’est-ce que tu dis ?

Daniel
Ben oui… quand on arrive à Pentecôte, tout ce qui est essentiel au christianisme a déjà été réalisé.
A Noël, Dieu vient parmi les hommes, à Vendredi-Saint, il se réconcilie avec eux et à Pâques la mort est définitivement vaincue. Qu’est-ce qui manque ? Rien.

Jean
Mais si ! Tout. Pentecôte, c’est la suite du Sinaï, c’est Babel à l’envers, c’est la chambre de Jérusalem ouverte sur le monde, c’est le frein à main définitivement lâché… c’est…

Daniel
C’est difficile de te taire !

Jean
Oui.

Daniel
Alors viens ici. On va continuer à deux. A l’origine, la Pentecôte juive, c’est la fête des moissons. Et puis, peu avant Jésus-Christ, elle prend un autre sens : elle devient rappel du don de la loi au Mont Sinaï.

Jean
Quand ?

Daniel
Comment… « quand » ?

Jean
Quand c’est qu’il y a eu don de la loi ?

Daniel
Tout le monde sait ça !

Jean
Oui, mais des fois on oublie.

Daniel
Moïse conduit le peuple hors d’Egypte, traverse la Mer rouge, passe 40 ans dans le désert, autour du Mont Sinaï, et un jour Dieu dicte à Moïse 10 commandements et celui-ci les copie sur des cailloux. C’est le don de la Loi.

Jean
Merci. Et ce que tu oublies de dire, c’est que lorsque Moïse est sur la montagne pour écouter Dieu, il y a des éclairs, le tonnerre, le vent, une véritable tempête, quoi !

Daniel
Ça c’est le décor.

Jean
Oui, mais c’est important le décor parce que quand l’Evangéliste Luc raconte la Pentecôte, il reprend exactement l’image du mont Sinaï, le roulement de tonnerre, le vent violent.
A ce moment, les deux musiciens font un « bruit exceptionnel » (10’’)

Jean
C’est bon. C’est bon.
(Plus fort) c’est bon !
(les musiciens s’arrêtent).

Luc reprend le décor mais pour dire autre chose : pour dire que, dorénavant, l’alliance n’est plus gravée dans la pierre, mais dans le cœur de l’homme, que c’est le don de l’Esprit de Dieu qui constitue le peuple de Dieu. Et comme l’Esprit souffle quand il veut et où il veut… c’est le Schengen spirituel : nous ne sommes donc plus les maîtres des frontières de l’Eglise. Impossible de dire « ceux-ci sont chrétiens et ceux-là ne le sont pas… », « cette Eglise est fidèle et celle-là ne l’est pas ». Et ça, ça nous énerve parce que nous aimons bien classer les choses : celles auxquelles nous adhérons et celles auxquelles nous n’adhérons pas, les églises où nous allons et celles où nous n’allons jamais.
Vous connaissez l’histoire du capitaine de bateau qui retrouve sur une île perdue, au fin fond du Pacifique, un naufragé échoué là depuis cinq ans. Le naufragé s’appelle Horowitz-Robinson Crusoé. Il remercie infiniment le capitaine et lui fait visiter son île. Une île où il a construit de ses propres mains une maison et deux synagogues, une en bas et l’autre en haut de la colline. Le capitaine s’étonne :
- Mais… pourquoi avez-vous construit deux synagogues ?
- Oh c’est très simple ! Celle-ci, c’est celle où je vais et celle-là, là-bas, celle où je ne mets jamais les pieds.

Daniel
Je peux continuer ?

Jean
Je t’en prie.

Daniel
Ça, c’était pour « l’image du Sinaï ». Mais il y a aussi – comme tu l’as dit – la reprise de l’image de la tour de Babel. Vous vous souvenez de l’histoire de Babel ? Les hommes qui veulent construire une tour, pour aller jusqu’au ciel… et Dieu qui les arrête dans leur projet en leur faisant parler des langues différentes. A Pentecôte, c’est exactement le contraire: les hommes se mettent à parler toutes les langues des touristes qui étaient là, la division de l’humanité est enfin dépassée.

Jean
Maintenant, il faut qu’on s’arrête à la joie des Apôtres.

Daniel
Où est-ce que tu as vu le mot « joie » dans le texte ?

Jean
Je ne l’ai pas vu, mais il y avait de la joie, j’en suis sûr.

Daniel
Ah bon !!!

Jean
Réfléchis : les gens disaient « ils ont fumé la moquette ».

Daniel
Ou : « ils sont complètement saouls ».

Jean
Si tu veux. Si l’Apôtre Pierre s’était simplement mis à parler anglais avec l’accent de Madame Thatcher, est-ce que tu crois que ça aurait suffi pour qu’on dise « il est complètement saoul». Pas du tout. Les Apôtres étaient super joyeux.

Daniel
Un peu comme David ?

Jean
Absolument.

Daniel
Elle est formidable, cette histoire de David. Il est roi depuis peu de temps. Il se fait construire un palais. Il décide de ramener l’Arche de l’Alliance (le coffre en bois dans lequel on avait placé les tables de la Loi) à Jérusalem, sa nouvelle capitale… il a très peur de ce transport, parce que lors d’une première tentative, ça avait tourné à la cata… et comme tout se passe bien, il est tellement soulagé, il est tellement heureux qu’il danse comme un fou, à moitié nu, devant l’arche !
Un peu comme François Hollande qui aurait dansé en petite culotte sur les Champs Elysée, sous les yeux ahuris de sa compagne Valérie Trierweiler !

Jean
Tu vois : c’est la même situation : David est tellement heureux qu’il se moque du qu’en dira-t-on ! Il est joyeux et il le montre ! Le problème, c’est que la joie, chez les protestants, il faut bien souvent l’imaginer ! On peut la vivre, mais en pensée ! On peut l’exprimer, mais dans son cœur. On peut transpirer, mais spirituellement. Les Protestants aiment la modération, la tenue, le self-control… Ils aiment l’amidon. Alors une fois n’est pas coutume – ce n’est pas Pentecôte tous les jours – nous allons vous inviter à lâcher le frein à main. Venez à nouveau sur le tapis rouge, pour faire quelques pas de danse. Pas une danse sacrée, non, non, une danse normale!

Daniel
Voir des gens heureux, c’est bien !

Jean
Imaginer qu’ils sont tous devenus polyglottes, c’est mieux.

Daniel
Mais ça ne nous dit pas grand-chose de l’Esprit de Dieu.

Jean
Eh oui ! Il faut interpréter cette image. Et c’est Pierre qui va interpréter cette image. Qu’est-ce qu’il dit ? Il dit d’abord : « Ces gens n’ont pas fumé la moquette ! Il est neuf heures du matin ». Et puis ensuite, il cite le prophète Joël : « Dans les derniers jours, je donnerai mon Esprit à tous. Vos fils et vos filles parleront de ma part ».
Elle est là la révolution. Avant, l’Esprit de Dieu tombait exceptionnellement sur quelques individus privilégiés, et voilà que c’est tout le monde qui reçoit l’Esprit de Dieu :
Les jeunes , les vieux.
Les femmes , les hommes.
Les servantes , les serviteurs.

Daniel
Dieu a choisi les choses « faibles du monde pour confondre les fortes », disait Paul. Les fusils qui sont forgés en tubas et violoncelles ! Les ramassoires et les cannes d’hôpital deviennent instruments de musique.

(Aux musiciens:) Vous pourriez nous faire ça ? On dit que vous êtes capables de tout. Vous pourriez faire de la musique à partir d’une ramassoire, ou d’un caquelon à fondue, ou d’une canne d’hôpital, ça vous inspire ?
Formidable.
Luc, tu voudrais aller chercher la ramassoire ? Et si vous êtes d’accord, Madame, on vous emprunte votre canne un petit moment…

Jean
Concerto pour canne d’hôpital et ramassoire ! Quelle est la différence entre une ramassoire à poussière et une ramassoire d’orchestre ? Le souffle ! L’Esprit.
Il a suffi à nos musiciens de « souffler » dans cette ferraille pour qu’elle devienne instrument de musique. Comme il a suffi à Dieu de « souffler » sur des hommes et femmes comme nous pour qu’ils deviennent porteurs de bonne nouvelle.

Daniel
Comme il avait suffi à Dieu de souffler sur l’homme qu’il venait de créer pour que cet homme devienne véritablement vivant. C’est cela la « bonne nouvelle » de Pentecôte.

Daniel et Jean
Amen.

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