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Culte de Pentecôte, Saint-Imier

Diffusé le 12 juin 2011 sur RTS Un

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Pour Pentecôte le culte est bleu, comme une mine à ciel ouvert, dans la thématique "minière" des six cultes qui se déroulent à St-Imier cette année. Les officiants Gilles Bourquin et Daniel Chèvre, nous invitent à redécouvrir comment le souffle du Saint-Esprit, indispensable à toute vie, permet de sortir du chaos pour parvenir à l’harmonie. Comment l’Esprit, tel une brise  imperceptible, peut insuffler une espérance à la fois universelle et personnelle.

Pour exprimer ces différentes facettes du souffle, des voix:  le choeur Calliope, sous la direction de Sébastien Vonlanthen, des instruments à vent, des flûtes et de l’orgue.  Christophe Huguenin, souffleur de verre, ajoute une touche poétique à la célébration en créant une bulle de verre symbolisant ce qui nous porte pour vivre sans être écrasés par le poids du monde.

Flûtes: Jean-Philippe Schaer, Dimitri Vecchi, Matthieu Schneider

Orgue: Antonio Garcia


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation : Murielle Landry
Production : Pierre-Alain Frey

Prédication

Une prédication de Gilles Bourquin, pasteur

Ce qui est frappant, lorsqu’on observe la technique du souffleur de verre, c’est qu’il donne forme à son œuvre en soufflant à l’intérieur de celle-ci. Nous avons là une très belle image de l’Esprit Saint, le souffle de Dieu qui donne vie à notre foi en soufflant à l’intérieur de nous-mêmes, au cœur de notre être. C’est le Saint-Esprit qui ouvre cet espace de foi en nous, qui allège notre cœur, qui nous libère de nous-mêmes afin que la foi puisse grandir en nous.

Dans la foi chrétienne, Dieu n’est pas seulement le Père (le Dieu au-dessus de nous), ni seulement le Christ (le Dieu face à nous), mais il est aussi le Saint-Esprit (le Dieu à l’intérieur de nous). Et cela est de la plus haute importance !

Dans son élan créateur, le Père, qui est à l’origine de toutes choses, ne s’est pas contenté de donner l’impulsion initiale de la création, mais il a envoyé son Fils vivre parmi les hommes, et plus intimement encore, il a envoyé son Esprit Saint vivre en eux.

La plupart des reptiles, c’est-à-dire les lézards, les serpents et les tortues, pondent des œufs qu’ils enterrent dans le terrain. Ensuite, si l’œuf a la chance de ne pas être dévoré par un prédateur, il éclot en donnant naissance à un animal qui, dès les premières minutes de son existence, ne peut compter que sur lui-même pour sa survie. Nous avons là le modèle d’un parent indifférent, qui donne l’impulsion initiale de la vie, mais se désintéresse ensuite de sa descendance.

Le comportement des mammifères est en général différent : leurs petits étant incapables de survivre par eux-mêmes dès la naissance, ils prennent soin de leur progéniture.

Eh bien, le christianisme donne l’image d’un Dieu qui après avoir donné naissance aux êtres vivants, continue de prendre soin de sa création, en y envoyant son Fils, en y insufflant son Esprit Saint : un Dieu mammifère, si vous me permettez l’expression, plutôt qu’un Dieu reptile !
Le prophète Ésaïe a été le premier, dans l’Ancien Testament, à décrire avec tant d’insistance l’intention consolatrice de l’Esprit de Dieu. Selon Ésaïe, toutes celles et tous ceux qui vivent selon l’Esprit Saint sont appelés à guérir les cœurs brisés, à permettre aux humains de rebâtir leur vie quand tout paraît ruiné. En fait, ce grand travail de guérison est la tâche de toute l’humanité, à chaque époque de l’histoire.

Imaginons un jeune couple actuel. Ils s’aiment et se rendent compte qu’ils sont complémentaires : l’un est plutôt casanier, l’autre aime bien voir du monde. L’un est plutôt studieux, perfectionniste, l’autre a l’esprit plus pratique et plus souple. Mais au cours du temps, des difficultés apparaissent. Les époux se critiquent : l’un d’eux est trop renfermé, susceptible, tandis que l’autre n’est pas assez présent, trop indépendant. Ils ont alors des choix à faire : soit chacun fait un effort pour s’adapter à l’autre, ce qui va leur permettre de mûrir, soit chacun accuse l’autre, et le couple va finir par se séparer.
Où est la sagesse du Saint-Esprit ? Si nous voulons conserver l’harmonie du couple, il y a un travail à faire sur soi, c’est inévitable. Et si les deux époux sont disposés à se remettre en question, à s’écouter, à guérir de leurs blessures, alors l’amour pourra l’emporter.

Il en va de même dans d’innombrables autres situations humaines : dans les relations intimes, familiales, professionnelles, ainsi que dans les relations entre les peuples, l’œuvre du Saint-Esprit est ce lent travail de guérison et de maturation de notre caractère, qui nous apprend à vivre en harmonie avec les autres. Ce développement personnel exige de nous de l’humilité, afin que nous parvenions à reconnaître notre part de torts, et de la persévérance, afin de ne pas nous décourager quand tout n’est pas simple d’emblée.

La psychologie nous enseigne que nous nous construisons parfois une carapace derrière laquelle nous nous protégeons, afin d’éviter que quelqu’un révèle nos difficultés et nos blessures, parce que ça fait mal. On finit par se refermer sur soi, par ne plus se parler. Pourtant, la guérison qui est annoncée par le prophète Ésaïe passe par le partage, par le lent travail de l’écoute mutuelle, du pardon, de la recherche de solutions communes.

Lorsque nous découvrons, dans la foi, que nous sommes aimés par un Dieu qui nous précède et nous envoie, nous recevons ce souffle qui nous permet d’aimer à notre tour. Comme les apôtres réunis lors de la Pentecôte ont reçu du Saint-Esprit la force et le courage nécessaires pour se mettre en route et accomplir leur mission ; de même, en chaque situation de nos vies, aussi difficile soit-elle, le Saint-Esprit est celui qui nous pousse à chercher une attitude juste et conciliante sans baisser les bras. Il est ce souffle de Dieu, invisible et imperceptible, qui ouvre une brèche dans les murs qui se dressent face à nous, nous permettant de nous frayer un chemin.
Lorsque Jésus nous dit: « Demandez et vous recevrez ! », il nous invite à vivre notre foi en nous engageant activement. La foi ne consiste pas à attendre passivement que Dieu fasse quelque chose pour nous, mais à marcher à sa suite. Comme Jésus l’enseigne dans le texte de l’Évangile de Luc, le Père accorde son Esprit à ceux qui le lui demandent.

Celui qui place sa confiance en Dieu croit que Dieu a prévu pour lui de grands trésors de vie, et il se met par conséquent à la recherche de ces trésors. Demander le Saint-Esprit, comme Jésus nous invite à le faire, est la prière la plus profonde que nous puissions adresser à Dieu. Nous ne demandons ainsi rien de particulier, sinon que Dieu nous guide et nous remplisse de sa justice, de sa sagesse et de son amour. Demander le Saint-Esprit, c’est aussi une manière de nous abandonner entre les mains de Dieu.

Nous comprenons ainsi que le Saint-Esprit est le Dieu de notre vie de tous les jours, notre compagnon de voyage. En effet, lorsque nous prenons conscience que Dieu est infiniment proche de nous, qu’il nous connaît mieux que nous-mêmes nous nous connaissons, notre vie est remplie d’une lumière qui fait grandir notre confiance et notre bonheur.

Or, il faut bien reconnaître que les Églises nous parlent assez peu du Saint-Esprit. Centrées sur le message de Jésus-Christ, elles sont portées à tourner leurs regards vers ce qui s’est passé il y a 2000 ans : la naissance, la mort et la résurrection de Jésus. Pourtant, le véritable enjeu de la vie de Jésus concerne notre vie actuelle ! L’Évangile bien compris n’est pas l’Évangile d’hier, mais l’Évangile que nous vivons d’aujourd’hui !
Parvenons-nous à dire ce que la foi nous apporte dans notre spiritualité au quotidien ?
Sommes-nous croyants par tradition ou parce que la foi nous enrichit ?
Plus nous découvrons l’intimité de Dieu dans nos vies, plus nous nous réjouissons de la révélation de ce mystère : le Christ, lumière du monde, a placé son Esprit en nous et il vit en nous, aujourd’hui.

Réjouissons-nous, car il vient dans sa gloire, et sa lumière n’aura pas de fin. Amen.

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