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Culte transmis de l'église évangélique réformée de Baden (AG)

Diffusé le 22 mai 2011 sur RTS Un

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Avec une prédication de la pasteure Dietlind Mus, le culte de dimanche traite de la parabole de la pièce d'argent perdue et du Christ marchant sur le chemin d'Emmaüs. Il fait route avec ses disciples et ceux-ci ne le reconnaissent pas... 


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation :
Production : SF

Prédication

Une prédication de Dietlind Mus, pasteure

Chers amis,
Je connais très bien cette situation : la recherche d’un truc bien précis – une clé rarement utilisée, un papier spécifique ou autre chose – engendre une action de rangement plus importante…

Comment vous situez-vous par rapport au rangement ? Faites-vous peut-être partie de ces gens indifférents, qui se croient être au-dessus des choses et se disent que celui qui maintient de l’ordre est juste trop fainéant pour chercher ? Ou comme les adolescents : « Pourquoi devrais-je ranger ma chambre, quand le monde entier va de toute façon sombrer dans le chaos ? Ou bien êtes-vous de ceux qui ne supportent pas qu’un truc soit au mauvais endroit et perturbe l’ordre établit ? Ou êtes-vous comme moi, et vous déplacez-vous dans une certaine tolérance au chaos ; entre deux, c'est-à-dire entre un salon bien rangé, mais des piles qui s’entassent sur – et à côté- du bureau.

On prend également soin que les enfants rangent régulièrement leur chambre, mais c’est dans la cave et le grenier que les plans de rangement quelque part échouent. Et on vit avec la nostalgie de moins de désordre, et à la place plus de simplicité, plus de clarté – dans ses propres 4 murs et tout autour.
Pour ça, on trouve les images dans les catalogues de meubles et les magazines de décoration : des séjours rangés, spacieux, lumineux ; l’ordre élégant à la maison comme un modèle contraire au désordre / à la confusion du monde extérieur ?

On dit qu’il y a 150 ans un paysan possédait 150 choses. Aujourd’hui, l’être humain possède en moyenne plus de 10'000 choses.

Rien que tous les papiers qui nous parviennent quotidiennement. Sur le plan professionnel, de nouveaux dossiers arrivent sur le bureau. A la pause de midi, les enfants ramènent divers tracts d’informations de l’école. Dans la boîte aux lettres, il y a les publicités, les journaux, les factures et une invitation pour la collecte des vieux vêtements avec un sac…

Nettoyer, ranger, débarrasser – mettre enfin de l’ordre – c’est ce que j’envisage toujours à nouveau. Je regarde peut-être même dans les manuels de conseils pour le rangement « Simplify your life » pour l’habitat et « Désencombrer votre vie » et je lis – mon Dieu – « Avec le bordel, l’énergie est bloquée… l’intérieur de votre habitat reflète votre état intérieur. »

Et je me sens encore plus sous pression. Ça me rappelle une visite que j’ai faite il y a très longtemps dans le bureau d’un collaborateur cadre dans l’industrie. Etage du haut, dans le vestibule, la secrétaire prend la veste et invite à entrer, sert du café et des biscuits. De grandes fenêtres, mais on entend à peine le bruit des nombreuses voitures qui circulent dans la rue. Les meubles ne sont pas pompeux, seulement fonctionnels. Sur la table, se trouvent des photos de famille et un vieux set de bureau, la corbeille à courrier et le porte-documents.
« C’est beau chez toi et tellement bien rangé ! » « En fait,… » Et il ouvre l’étroite armoire, visiblement conçue pour la chemise de rechange et le veston. Pas d’habit, mais à la place gît une haute pile de papiers quasiment jusqu’au niveau de la barre de penderie et nous rions tous les deux. «Bien sûr que personne ici ne doit voir cela. »
Une armoire comme celle-là, il y en a bien sûr dans beaucoup d’endroits. L’armoire ou le débarras, dans lesquels les choses sont mises dans un premier temps, pour ne pas gêner. Et avec ça la porte, que personne d’autre ne doit ouvrir.

Dans la Bible, on compare Dieu à une femme au foyer, qui cherche une pièce de monnaie. On pourrait aussi l’appeler : il y a là un employé de direction, qui n’arrive plus à trouver un document essentiel parmi 10 autres.
Et Jésus raconte : la femme au foyer balaye toute la maison. Là on ne biaise pas, on ne cache pas le malaise. On ne sauve pas les apparences. Nous avons souvent tendance, le plus longtemps possible, à faire semblant que tout est en ordre.

Balayer toute la maison, bien regarder partout, prendre toutes les choses en main, c’est d’abord fatiguant et en un instant, là où il y avait encore un peu d’ordre le chaos semble avoir augmenté.
Regarder dans chaque coin, chaque armoire, et beaucoup de choses qui étaient cachées sont dévoilées : ce qui est inachevé comme le tas de photos, des souvenirs de voyages, d’innombrables objets courants – peut-être qu’on les utilisera encore une fois… - des souvenirs, de vieilles histoires remontent à la surface.

Pour les gens qui, après une catastrophe cherchent parmi les décombres, ça doit être terrible et bouleversant. Morceau par morceau – regarder partout.
Quand des personnes âgées abandonnent et vident leur maison : à quel point ça doit être difficile et combien de sentiments partagés doivent ressurgir. Ou quand, après le décès des parents, les enfants doivent ranger la maison familiale…

Et ce qui concerne le rangement dans sa propre vie en va de même: difficile d’aborder certains sujets, d’accomplir certains devoirs. Est-ce à dire que quelque chose ne va plus, n’est plus en ordre, quelque chose a été perdu en soi-même, et alors ?

Jésus dit : regardez. Parce que Dieu est comme une femme au foyer, qui se baisse et regarde dans tous les coins ; c’est pour ça que nous aussi, nous pouvons regarder dans nos coins mal rangés, ceux de l’intérieur et ceux de l’extérieur.

Celui qui ne cherche qu’une petite chose, qui souhaite ranger seulement un domaine, va souvent finir par balayer toute la maison.
En ayant balayé, rangé la maison, tout est maintenant éparpillé devant moi. Et maintenant, il faut prendre une chose après l’autre dans la main et réfléchir : garder ou jeter ? Qu’est ce qui pourrait encore une fois être important ? Quel souvenir me tient à cœur ? Et puis : où est ce que je vais le mettre maintenant ?
Trouver un ordre : attribuer une place à chaque chose.
Nous avons nos propres représentations de l’ordre : chaque chose à sa place. Pas de chaos. La vie suit son cours bien réglé. La Bible est parcourue par une série de paroles et d’histoires qui parlent du fait de chercher et de reconnaître l’ordre : il s’agit de reconnaître l’ordre raisonnable du monde, de se comporter avec sagesse et de manière responsable envers les autres humains, la création et Dieu.

La Bible est parcourue par une série d’histoires de vocation, de sauvetages, dans lesquels Dieu agit de manière surprenante, appelle des personnes, fait sortir des rails et sème la confusion.

Dieu casse nos représentations de ce qu’est l’ordre, et ceci complètement. Qu’un crucifié ressuscite 3 jours après : où va-t-on aller chercher cela ? Cela fait éclater le cadre de l’ordre habituel. Naître et disparaître, vie et mort – ici, le processus naturel est interrompu. Que la mort n’ait plus le dernier mot : ce n’est pas naturel.

Après le vendredi saint et Pâques, les personnes qui étaient en route avec Jésus se trouvaient devant un énorme défi : donner un sens à tout cela et faire un nouveau tri en soi-même. Jésus est mort et ressuscité – il n’est plus palpable et néanmoins présent ? Quelles paroles, quelles histoires issues du trésor de la tradition peuvent aider à aller de l’avant ?

L’Evangile de Luc raconte comment, après la crucifixion et après avoir vu le tombeau vide, deux des disciples de Jésus, partent pour Emmaüs et rencontrent en chemin un inconnu, avec qui ils parlent de tout ce qui les inquiète et qu’ils n’arrivent pas à mettre en ordre.


Luc 24, 28-32
Quand ils arrivèrent près du village où ils se rendaient, Jésus fit comme s'il voulait poursuivre sa route. Mais ils le retinrent en disant : « Reste avec nous ; le jour baisse déjà et la nuit approche. » Il entra donc pour rester avec eux.
Il se mit à table avec eux, prit le pain et remercia Dieu ; puis il rompit le pain et le leur donna. Alors, leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux.
Ils se dirent l'un à l'autre : « N'y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? »

Ainsi donc , ces deux-là invitent un inconnu qui déroge à tout savoir vivre et saisit – juste comme ça – le pain. Prend le pain, le rompt et leur en donne…
Et au moment où il rompt le pain, les disciples le reconnaissent, lui le Ressuscité.

Comme cet invité bizarre, qui se comporte mal, ainsi se comporte Dieu. Combien d’histoires de la Bible en rendent compte : Dieu met en route, rend vivant, perturbe – là où nous autres humains vivons notre petite vie, avons fait des compromis, roulons au point mort et tolérons peut-être même l’injustice. Là où certes nous nous plaignons, mais que nous préférons ne rien entreprendre pour changer quelque chose, Dieu démantèle plus d’un de nos ordres, ou pseudo-ordre devrais-je dire. L’ordre doit être au service de la vie et pas l’inverse.

« N'y avait-il pas comme un feu qui brûlait dans notre cœur ? » se demandèrent les deux disciples à Emmaüs. Et tout d’un coup, les expériences libératrices en présence de Jésus étaient à nouveau présentes, tout d’un coup, ce qui avant leur semblait être du grand « n’importe quoi » fit sens.

Quand est-ce que notre cœur brûle ? C’est peut-être un bon indicateur dans la recherche et la mise en ordre dans la vie. Quand est-ce que notre cœur brûle? Nous sommes en quelque sorte prédisposés à trouver du sens dans l’ordre authentique et vivant, qui sert la vie. Les choses, les rencontres, les instants, qui ne se laissent pas si facilement classer, mais qui allument quelque chose en nous de Dieu, ceux-là deviennent importants. Quand brûle notre cœur ? Quand la femme au foyer qui cherche son drachme perdu le trouve finalement - là elle s’en moque si sa maison pourrait paraître désordonnée – elle appelle et invite toutes les amies et voisines.
« Réjouissez-vous avec moi ! » Et Dieu se réjouit de tous ceux qui sont prêts à chercher, à balayer la maison de la vie, pour trouver l’ordre véritable et vivant.

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