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Culte de Pâques, Turin (Italie)

Diffusé le 24 avril 2011 sur RTS Un

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Thème de cette célébration : « À la rencontre du ressuscité »

Présidée par les pasteurs Luca Negro et Alessandro Spanu

La première Église évangélique baptiste de Turin a été fondée en 1878 à l’initiative de Secondo T. Laura, médecin et fondateur de l’hôpital pour enfants « Regina Elena » de Turin. Comme pour beaucoup d'Églises protestantes en Italie, la naissance de la communauté se situe dans le sillage du « Risorgimento » italien : il ne s'agissait pas seulement de l'unité politique du pays (dont on célèbre cette année le 150e anniversaire), mais aussi d'un mouvement de renouveau sur le plan culturel, moral et spirituel.

L’oeuvre baptiste s’est consolidée sous la conduite du missionnaire anglais William K. Landals, pasteur à Turin de 1887 à 1912. Le temple de la rue Passalacqua, de style néoclassique, a été ouvert en 1904.

La communauté compte actuellement 150 membres représentant une quinzaine de nationalités. L’Église fait partie de l’Union Chrétienne Évangélique Baptiste d’Italie (UCEBI), qui rassemble les Églises baptistes italiennes. Fondée en 1956, héritière de l’Union Chrétienne Apostolique Baptiste née en 1884, l’UCEBI a signé en 1993 une « entente » avec l’État italien et fait partie de plusieurs organismes internationaux, tels que l’Alliance Baptiste Mondiale, la Fédération Baptiste Européenne, le Conseil OEcuménique des Églises et la Conférence des Églises Européennes.

Au niveau national, elle est membre de la Fédération des Églises Protestantes en Italie (FCEI) et collabore étroitement avec les Églises vaudoises  


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation :
Production : Marco Davite (RAI - Protestantesimo)

Prédication

Une prédication de Luca Negro et Alessandro Spanu, pasteurs

Lecture biblique :
Évangile selon Jean, chapitre 20, les versets 1 à 18

Pasteur Luca NEGRO

Chères sœurs et chers frères,

Matin de Pâques. L’Évangile de Jean nous présente trois disciples : une femme, Marie de Magdala, et deux hommes, Pierre et le disciple que Jésus aimait, face à un mystère : le tombeau vide. C’est Marie qui avertit Simon Pierre et son compagnon : « Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis ». Tous deux se rendent en courant vers le sépulcre : le disciple bien-aimé arrive en premier, il voit les bandages par terre, mais il laisse Pierre passer en premier. Puis il entre lui aussi : « et il vit, et il crut ». Par ces six mots, l’Évangile décrit la foi pascale de ce disciple anonyme.

« Et il vit, et il crut ». L’Évangile nous parle également d’un autre disciple, Thomas, qui croit en la résurrection seulement après avoir vu le Ressuscité : « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. ». À ce disciple incrédule, le Ressuscité dira : « Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru ! »

« Et il vit, et il crut ». Peut-être que même le disciple bien-aimé fait partie des « incrédules » qui croient seulement parce qu’ils ont vu ! À vrai dire, lui n’a pas vu grand chose. Il n’a pas vu Jésus ressuscité, comme Thomas et les autres disciples. Il a vu seulement une tombe vide, et à l’intérieur, des bandages et un linge. Il a vu des signes qui, en soi, ne prouvent rien : en fait, en voyant ces mêmes objets, Marie de Magdala avait pensé que le corps du Maître avait été emporté. Mais devant ces indices, ces signes ténus et ambigus, le disciple bien-aimé réussit à faire ce « pas » de foi : « Et il vit, et il crut ».

Sa foi est certainement encore incomplète, encore immature (et d’ailleurs, l’évangéliste, en parlant aussi de Pierre, ajoute que « ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, Jésus devait ressusciter des morts »). Le disciple n’a donc pas les idées complètement claires, mais il a l’intuition que quelque chose de grand est arrivé, que la mort infâme de la croix n'est pas la dernière parole au sujet de Jésus. « Et il vit, et il crut ».

Chères sœurs, chers frères, nous sommes aujourd'hui dans la même situation que ce disciple sans nom. Certes, nous n’avons pas le Ressuscité devant nous : nous ne pouvons pas, comme Thomas, voir et toucher la marque des clous. Nous n’avons pas non plus de bandages ou de linge. Mais nous avons une parole, la Parole de grâce de l’Évangile ; et nous avons des indices, nous pouvons entrevoir dans l’histoire humaine tant de signes qui, même s’ils peuvent sembler limités et contradictoires, nous font penser que le Règne de Dieu a vraiment commencé, que la Parole semée il y a deux mille ans est en train de porter son fruit.
Bien entendu, nous ressentons souvent cette impression de vide qu’ont dû éprouver les disciples devant la croix dans un premier temps, puis devant le tombeau ouvert, ce matin de Pâques. Parfois, la vie nous semble dépourvue de sens, la mort, l’injustice et le mensonge semblent régner dans notre monde, et nous ne parvenons pas à comprendre les plans de Dieu pour cette humanité à la fois déboussolée et souffrante. Le défi que nous avons à relever, c'est de réussir à aller au-delà de ce peu de « sens » que nous entrevoyons. Prions le Seigneur qu’il nous donne à nous aussi cette « vue de la foi » qui a été celle du disciple bien-aimé, afin que nous puissions croire en nous appuyant uniquement sur la Parole, sur les indices (ténus mais significatifs) de la bonne nouvelle de Dieu qui se fait jour dans l’histoire.

Pasteur Alessandro Spanu

Marie de Magdala était une disciple de Jésus. Luc raconte comment Jésus la guérit d’une maladie : ce fut une véritable libération ! Ainsi commence son parcours aux côtés du Maître. L’Évangile de Jean rapporte que Marie était au pied de la croix avec la mère de Jésus et Marie de Cléopas, alors que tous les autres disciples avaient abandonné leur Maître. Les quatre Évangiles racontent que Marie était présente quand le tombeau vide a été découvert.
En outre, d’après Jean, Marie a été la première à découvrir que la pierre du sépulcre avait été ôtée. La première qui a vu le sépulcre vide, la première qui a rencontré Jésus le ressuscité.
Cependant, pour Marie, ce sépulcre vide n’est pas une bonne nouvelle, mais une double catastrophe : à la mort du Maître s’ajoute celle du corps enlevé. Marie n’a pas de corps à pleurer, sur lequel construire son deuil, comme on dirait aujourd’hui.

Aux anges, et même à Jésus (qu’elle ne reconnaît pas), Marie répète la même phrase : « ils ont enlevé mon Seigneur » ; « si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis ». Le problème de Marie, c’est ce corps emporté, ce qui l’empêche de pleurer, lui enlève la possibilité de mettre en ordre ce que la mort a toujours mis en désordre.

Par amour pour Jésus, Marie n'avait pas abandonné le Maître, pas même au pied de la croix.
Par amour pour Jésus, Marie était arrivée la première au sépulcre ce matin-là.
Par amour pour Jésus, après avoir averti les disciples et être retournée au sépulcre, par amour, Marie se rend à nouveau à cet endroit parce qu’un seul regard n’a jamais satisfait celui ou celle qui aime. L’amour de Marie la pousse à regarder encore.
Par amour pour Jésus, Marie insiste pour que le corps du Maître, du libérateur, de Jésus lui soit remis. Mais l’amour ne suffit pas pour reconnaître le Ressuscité.

L’amour de Marie s’est transformé en obsession du corps emmené. Elle ne lui permet pas de percevoir dans les demandes des anges et de Jésus l'aube d'une annonce : « Regarde Marie, Jésus n’est pas parmi les morts ! Regarde Marie, Jésus est devant toi et te parle ».
Elle reconnaîtra Jésus quand il l’appellera par son nom : « Marie ! ». Nous pouvons nous l’imaginer : prostrée dans sa douleur, tournée vers l’intérieur du sépulcre. Elle s’est retournée vers Jésus quand elle a entendu sa voix, mais elle l’a pris pour le jardinier.
Jésus a appelé Marie par son nom. Dieu a appelé par son nom le peuple déporté à Babylone, qui est maintenant de nouveau libre et que Dieu ramène finalement en terre promise.
Jésus a appelé par leurs noms Simon, André, Jacques et Jean, et il a fait de ces pêcheurs de poissons des « pêcheurs d’hommes » et des disciples.
Maintenant, le Ressuscité appelle Marie, et il s'agit d'un nouveau départ. Le début du chemin aux côtés de Jésus le Ressuscité.

Si l’amour de Marie, devenu une obsession, l’avait figée dans son regard en direction du sépulcre, désormais Jésus, qui avait déjà libéré Marie de sa maladie, l’appelle et la libère de la peur de la mort, et dégage devant elle l'horizon de la vie éternelle. Il s’agit d’une nouvelle naissance, le commencement d’une vie nouvelle.

« Dieu a envoyé son fils Jésus afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3 : 16). Désormais, le Fils peut retourner vers le Père, Jésus a accompli sa mission et il ne revient pas les mains vides parce que le père de Jésus est aussi le père des hommes et des femmes qui ont suivi le Christ. Et de Marie pour commencer.
Christ est ressuscité ! La résurrection de Jésus te concerne également. Parce que ce Dieu qui n’a pas abandonné Jésus au pouvoir de la mort est aussi ton père, ta mère, ton parent. Jésus le vivant sait avant toi ce que tu es et ce que tu seras.

Jésus est Ressuscité : cela signifie que Dieu, ce matin, t’appelle par ton nom et t’invite à cesser d’être celui ou celle qui est abandonné au pouvoir de la mort, à devenir un fils ou une fille de Dieu qui peut regarder avec confiance sa propre vie comme étant digne d’être vécue, et à contempler la vie éternelle que nous attendons quand son Règne sera venu.
Jésus est Ressuscité : cela signifie que Dieu t’invite toi aussi à une vie nouvelle. L’Apôtre Paul dira : « Nous sommes de nouvelles créatures en Christ ». Nous sommes en Christ ressuscité des morts, afin que nous aussi, en cette matinée, nous sachions que notre futur n’est pas vide de sens, qu’une vie abondante nous attend dès aujourd'hui, et que la vie éternelle nous tend les bras quand le Règne de Dieu sera venu.

Christ est ressuscité ! Cela signifie aujourd'hui dans ce pays, affronter la précarité et la marginalisation, que nous payons au prix fort dans cette ville. En ne restant pas tournés vers un passé révolu, mais en nous souvenant que Dieu sera là, comme le dit le prophète, même quand nous traverserons les eaux. Il sera là, même quand nous marcherons dans le feu. À cause de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus, vous êtes précieux aux yeux de Dieu. Jésus le Ressuscité est avec nous jusqu’à la fin du monde. Amen.

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