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Culte transmis du Temple de Dombresson (NE)

Diffusé le 27 octobre 2013 sur RTS Un

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Transmis en direct du temple de Dombresson dans le canton de Neuchâtel, le culte fait référence à la femme de mauvaise réputation qui fait irruption chez Simon pour rencontrer Jésus. Contre toute attente, Jésus ne la rejette pas et à son contact elle découvre l'amour infini de Dieu.

Avec la Pasteure Nicole Rochat, la prédication nous invite à accueillir le pardon et laisser la grâce nous toucher afin que nous puissions aimer, vraiment !

Le «Gospel de l’Abeille» dirigé par Nicole Jaquet Henry nous propose la partie musicale du culte.


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation : Murielle Landry
Production : Pierre-Alain Frey

Prédication

Une prédication de Nicole Rochat, pasteure

Lecture biblique: Luc 7, 36-50

Est-ce qu’il vous est arrivé de côtoyer une personne qui avait une mauvaise réputation ? Soit parce que la presse avait parlé d’elle, soit parce que vos amis, ou voisins avaient répandu des bruits au sujet de cette personne. Comment avez-vous réagi envers elle? Ces éléments ont-il influencé votre regard? Avez-vous pu regarder au-delà de son étiquette?
Simon, quant à lui, va rester scotché à la réputation de cette femme, alors que Jésus va regarder à son cœur, au sens profond de ses gestes, et il va percevoir toute la richesse de cette femme.

Il faut dire, à la décharge de Simon, qu’il est un Pharisien. Il s’agit d’un courant théologique qui réduit la religion à l’observation de la loi et qui enseigne que Dieu n’accorde sa grâce qu’à ceux qui se conforment à ses ordonnances. La piété des Pharisiens devient ainsi formaliste, la piété du cœur ayant moins d’importance que l’acte extérieur. De plus, les Pharisiens se sont mis à imposer au peuple une masse de préceptes tirés de leur tradition et ne figurant nullement dans la loi de Moïse, ce qui les détourne de l’essentiel : la relation avec Dieu. Et c’est ce que Jésus reproche aux Pharisiens. Ils se croient les amis de Dieu, alors qu’ils passent, en bonne partie, à côté. Jésus va tenter d’amener Simon à une prise de conscience.

Pour en savoir plus, je vous invite à nous installer comme sur la fenêtre de cette pièce où Jésus est invité pour un repas. Soit dit en passant, nous n’avons pas l’impression que Jésus reçoive quoi que ce soit à manger, mais il s’installe, comme on le faisait à l’époque, étendu sur le côté, appuyé sur des coussins, littéralement, «il s’allonge à table» et discute avec Simon et les autres invités.

Arrive soudain une femme. Elle passe par derrière, laissant supposer qu’elle essaye d’être discrète, qu’elle craint peut-être d’être renvoyée, et elle vient s’installer aux pieds de Jésus en pleurant.

De l’autre côté de la table, Simon observe la scène. Il arrive difficilement à cacher ses questionnements au sujet de Jésus: « Est-il un prophète ou un simple homme? » Il est sur ses gardes et cherche à se faire sa propre opinion. Et lorsque cette femme, dont on nous laisse supposer qu’elle a une vie dissolue, donc qu’elle ne respecte pas les prescriptions de la loi juive, se met à toucher Jésus, Simon se dit: « Cool, les choses sont claires. Jésus n’est qu’un imposteur! S’il était un prophète, il saurait qui est cette femme et il la reprendrait sur son comportement. » Mais Simon n'a pas compris que Jésus représente la miséricorde de Dieu sur terre, que Dieu a envoyé son Fils dans le monde pour rejoindre tout homme dans son péché, pour que l’homme pécheur se laisse toucher par Dieu.

Cette femme, dont nous ignorons le nom, est penchée sur Jésus. Dans ses gestes, on ressent beaucoup d’émotion. Elle a emporté avec elle un vase en albâtre rempli de parfum, et au contact de Jésus, elle est soudain envahie par son amour pour elle. Cet amour inconditionnel contraste tellement avec le regard dur que toutes les autres personnes présentes posent sur elle. Elle sent que devant tant d’amour, tous ses péchés sont comme consumés, partent en fumée pour laisser toute la place à l’amour. Elle se sent pardonnée, gratuitement, sans conditions. Elle n’a pas besoin de promettre qu’elle ne péchera plus, car ce n’est pas cela l’important. Elle doit juste accueillir l’amour de Jésus, comme une immense chaleur qui l’envahit, qui remplit son cœur meurtri par la vie, les souffrances, les désillusions. Jamais elle n’aurait pensé que la proximité de Jésus puisse provoquer un tel bouleversement en elle. Elle qui était mise au ban de la société du fait de son comportement, voilà que Jésus l’aime d’un amour si fort qu’elle ressent comme une lumière à l’intérieur d’elle-même.

Devant tant de bonheur, des larmes coulent sur ses joues. Non pas des larmes de tristesse, mais des larmes d’émotion, de reconnaissance, de joie. C’est si bon d’être proche de Jésus. Ses larmes coulent mais elle ne les retient pas, elle ne les cache pas, elle les offre à Jésus. Elle avait maintes fois été dans le rôle de la servante qui lavait les pieds des invités et les essuyait avec un linge, une serviette, mais là, elle les essuie avec ses cheveux, ce qu’elle a reçu de plus beau de son créateur. Et ensuite, pour exprimer à Jésus combien il a de valeur pour elle, elle répand du parfum sur ses pieds.

Jésus savoure ce témoignage d’amour sans paroles; néanmoins, il finit par engager la conversation avec Simon.
Jésus fait une analogie avec la situation de deux hommes: l’un doit beaucoup d’argent à un patron, l’autre peu. Comme ni l’un ni l’autre ne peuvent rembourser ce qu’il lui doit, le patron décide d’effacer purement et simplement leur dette. On pourrait se dire que tous deux vont aimer infiniment leur patron du fait de sa grande générosité. Pourtant, Simon va affirmer que celui à qui l’on a effacé la plus grande dette aimera davantage que l’autre. Jésus lui fait remarquer qu’il en est de même dans le domaine spirituel: celui qui aura conscience d’avoir eu besoin du pardon de Dieu pour être quelqu’un de bien, aimera Dieu davantage que quelqu’un qui pense qu'obéir à la loi suffit à faire de lui quelqu’un de bien!

Pour Jésus, le fait que cette femme ait même une multitude de péchés à son actif n’est pas un handicap dans sa relation avec Dieu, car le pardon qu’elle a reçu en abondance a fait fondre sa carapace et a libéré en elle un amour incommensurable pour Jésus. Simon, lui, Jésus ne lui reproche pas de ne pas avoir assez péché, il le sensibilise au fait que, parce qu’il n’a pas eu besoin du pardon de Dieu autant que cette femme, il pense encore avoir droit au salut grâce à sa bonne conduite. Simon n’a pas encore compris qu’aucun d’entre nous ne peut entrer dans la présence forte de Dieu sans devoir bénéficier du pardon abondant de Dieu, car tous les hommes, même ceux qui pensent être bons, comme Simon, ont une multitude de péchés à se faire pardonner. La chance qu’a eu cette femme est qu’elle a su qu’elle ne pouvait pas faire autrement que de recevoir le pardon, par pure grâce.

Simon, quant à lui, continue à se cramponner à l’obéissance de la loi pour acheter son salut et les exigences auxquelles il s’astreint constamment ont endurci son cœur. Pour lui, la seule issue est de demander pardon à Dieu d’avoir été habité de tant d’orgueil qu’il pensait pouvoir se débrouiller sans Dieu. Sans s’en rendre compte, il avait écarté Dieu de sa vie! Pas étonnant qu’il ne ressente aucun amour pour Jésus. Sa foi s’attache à la loi, et non à Dieu. Ainsi, il passe à côté du centre de la foi, qui est la relation avec son Dieu, une relation intérieure forte avec son Ami et son créateur. Et par conséquent, il est incapable d’aimer ceux qui ne sont pas dans le même courant de pensée que lui. Cette femme, il la méprise, la dénigre, alors qu’elle a précisément ce qui lui manque: une relation d’amour avec son Seigneur.

Et à nous qui aujourd’hui avons peut-être tous une part de cette femme, mais aussi une part de Simon en nous-mêmes, Jésus dirait ceci: cesse de te battre seul pour être quelqu’un de bien! Laisse-moi te rendre bon, te purifier, te laver de tout péché, de toute erreur du passé, car alors la dureté de ton cœur va fondre et la part de cette femme qui est en toi pourra s’épanouir. Tu pourras alors aimer comme tu n’as jamais aimé. Aimer Dieu en premier, entrer dans sa proximité comme cette femme qui a pu toucher les pieds de Jésus, et laisser ton cœur être touché.

A cette femme, Jésus affirme: «Tes péchés ont été pardonnés», comme pour dire aux gens qui sont là: ne faites pas porter à cette femme le poids de ses péchés. Moi je lui pardonne, vous aussi, faites de même. Apprenez à regarder au-delà des étiquettes qu’on a pu coller sur les gens et aimez-les. Soyez indulgents envers les autres et pleins de douceur envers vous-mêmes, mais ne faites pas cela à la force du poignet, laissez mon amour vous pénétrer, accueillez mon pardon, car alors toute chose sera possible!

Amen

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