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Culte de Vendredi Saint, Bondo (GR)

Diffusé le 29 mars 2013 sur RTS Un

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A l'occasion du jour commémoratif de la mort du Christ, le culte est transmis depuis l'église protestante St-Martin à Bondo, dans le canton des Grisons.

La prédication des pasteurs Stefano d'Archino et Simona Rauch nous entraine sur les traces des dernières étapes du ministère de Jésus sur la terre. L’accompagnement musical est proposé à l’orgue par Michele Montemurro. Le chœur constitué pour l’occasion est dirigé par Nadia Negrini

Commentaire : Michel Kocher


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation :
Production : RSI

Prédication

Une prédication de Stefano d'Archino, pasteurs

Nous avons vu comment, dans le récit de la Passion selon Jean, Jésus-Christ avance avec magnificence absolue et détermination jusqu’à l’ultime : « Tout est achevé ! ».
Il y a comme une ligne ininterrompue entre l’annonce de l’agneau qui ôte le péché du monde et la conclusion que tout ce qui devait être accompli pour nous offrir le salut, Jésus l’a accompli.
C’est la mission de Jésus, sa mort n’est pas un fait accidentel. Puis il y aura la résurrection qui, elle, est un acte de Dieu le Père. Combien même sa mort est triste et bouleversante, Jésus-Christ est venu justement pour mourir, par amour pour nous.
L’apôtre Paul écrit dans la première lettre à Timothée :
Elle est digne de confiance, cette parole, et mérite d'être pleinement accueillie par tous : Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs [I Timothée 1:15]
Sauver les pécheurs est la raison et l’objectif de la venue et de la mort du Christ. Le salut des pécheurs, dont nous faisons tous partie, dont tous les êtres humains font partie.
Malheureusement, le terme « pécheur », et ce aussi à cause de certaines prédications chrétiennes du passé et du présent, a pris une signification liée à certains comportements sexuels ou parfois a été utilisé pour des condamnations de type moral.
A cause de cela, l’annonce de l’apôtre, et donc la mort de Jésus, peut être comprise comme quelque chose qui ne concerne pas tout le monde ou qui, au fond, ne regarde que certains comportements qu’autrefois la morale condamnait, mais qui aujourd’hui sont peut-être moins importants.
Mais ce dont parlent les prophètes et toute la sainte Ecriture est la question de la justice et de l’injustice. Et celui qui commet une injustice est un pécheur.
Être pécheur concerne donc chacun de nous, parce qu’agir de manière complètement juste est humainement impossible. Ici en effet, nous ne parlons pas d’une justice qui peut se décider dans un tribunal terrestre, ni non plus d’une justice formelle pour laquelle il suffit de suivre certains préceptes, mais d’une justice plus essentielle et complète.
C’est prendre en considération toutes les conséquences des actions humaines et ne pas s’auto-acquitter en disant « ce n’était pas possible de faire mieux » s’il y a une injustice en jeu. C’est agir avec un profond respect et de l’amour pour les autres, tous inclus, et, en même temps, rechercher la vérité. C’est reconnaître les fois où nous devons choisir dramatiquement entre deux erreurs.
Donc, quand nous parlons de juste et d’injuste du point de vue de Dieu, nous parlons du cœur de la vie sociale de l’être humain. Nous pourrions parler longtemps sur ce que dit la sainte Ecriture au sujet de la justice, et bien sûr que sur certains thèmes il peut y avoir beaucoup d’interprétations diverses, mais cela ne doit pas nous servir d’alibi. Fondamentalement, les êtres humains, même avec différentes idées ou religions, sont d’accord et sentent profondément lorsque des injustices se produisent. C’est ce qui nous fait nous indigner, qui remue profondément les émotions, qui suscite un élan de rébellion.
Sans aller trop loin, ce sont les blessures intérieures que nous portons à cause d’un geste, d’une parole, d’une action injuste envers nous. Et malgré tout nous ne sommes jamais vraiment immunisés face à l’injustice, et nous aussi nous en commettons et y participons.
Tout autre donc que marginale, la mort de Jésus avec ce qu’elle signifie est centrale pour la vie et la société humaine.
La mort de Jésus est donc en faveur de notre vie, et ce par deux aspects : en tant que Celui qui meurt pour nous donner une vie nouvelle, une vie qui n’a pas de fin, et aussi en tant que Celui qui meurt à cause de nos vies pleine d’erreurs, pour en porter le poids. Dans ces deux aspects Il nous montre combien notre vie d’aujourd’hui est précieuse et importante à ses yeux.
Si le Seigneur avait pu ou voulu nous sauver seulement avec des mots, en effet, cela aurait été comme de dire : « ce n’était pas sérieux ».
Les injustices, les souffrances, les guerres, tout serait en vain.
Ceux qui ont été opprimés, ceux qui ont résisté en quelque manière à la méchanceté et souffert à cause de cela, auraient souffert pour rien, tout serait vain, quelque chose d’inutile.
Mais ce n’est pas comme ça, Jésus-Christ prend au sérieux les erreurs et les horreurs humaines et il les rachète. Il se range du côté de celui qui souffre et de l’opprimé et il ne considère pas que tout est sur le même plan, mais il en porte le poids sanglant.
Et pourtant, en regardant sous la surface, le monde ne croit pas à l’importance de ce que nous vivons. « qu’est-ce que la vérité ? » dit Pilate, excluant qu’il y ait quelque chose de vrai et donc de sérieux pour lequel combattre. Et comment vivent les personnes comme Pilate ?
Certains pensent qu’au bout du compte tout est vain, autant vivre alors en suivant ses propres intérêts quotidiens, aux dépends de ce qui est authentique. Celui qui se comporte mal pour tirer profit de la misère humaine, ne peut le faire que parce qu’il pense que tout finit ici, dans le présent.
Beaucoup de personnes présentes à la Passion de Jésus sentent, savent même, que Jésus est sûrement innocent, beaucoup pensent qu’il est effectivement envoyé par Dieu, et pourtant ils sont préoccupés par leur carrière, par comment les choses avanceront et par quel moyen ils s’en sortiront dans la situation qu’ils vivent, mais ils ne sont pas préoccupés de faire ce qui est juste. Ce geste qui donnerait un sens à leur existence.
Ils semblent tellement sérieux alors qu’au fond ils prennent la vie comme si elle n’était pas assez sérieuse et importante pour risquer leur propre vie pour mettre en pratique la justice. Et nous aussi, nous sommes souvent comme cela. C’est pour cette raison que le message de l’Evangile a tant d’importance pour notre existence.
Recevoir le sens profond de la mort en croix de Jésus-Christ nous fait prendre la vie au sérieux. Non pas comme si la vie était à vivre toujours sérieusement, au contraire, mais en sachant que cette vie est importante, que les choix que nous faisons sont importants, que notre personne est précieuse aux yeux de Dieu, et qu’il y a une raison de vivre : pratiquer la justice et agir avec amour.
En mourant sur la croix, Jésus-Christ nous montre combien il prend au sérieux nos péchés, nos injustices et celles de notre société, mais aussi combien notre existence est importante pour lui.
Et donc son action de salut pour nous ne s’arrête pas là.
Cette vie présente, mêlée d’injustice et de douleur, est considérée digne d’être sauvée par le Seigneur et il y intervient activement tous les jours par sa Grâce, en nous donnant joie et espérance.
Alors la vie n’est pas seulement importante, elle n’est pas seulement digne d’être vécue en recherchant la vérité et la justice, mais elle devient aussi source de joie.
Déjà rien que par sa mort et avant la résurrection de Pâques, Jésus-Christ accomplit chaque chose pour nous donner la sérénité et la paix que seul lui peut donner.
En effet, si le péché, l’injustice, la vanité dont se vante le monde nous font prendre la vie à la légère, nous font désespérer devant son absence de sens : être sauvés par la Grâce de notre Seigneur nous donne la certitude de la rédemption ainsi qu’un regard nouveau sur la vie. Vie à vivre, non pas à gaspiller mais à interpréter au mieux, à vivre en émotion profonde, dans la joie comme dans la douleur.
La joie du salut est là. Nous sommes sauvés par la miséricorde de Dieu. Toute notre vie-même est vraie et pleine de la Grâce de Dieu, prête à être vécue ainsi jusqu’à la fin.

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