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Célébration du Jeûne fédéral au Grand-Lancy

Diffusé le 20 septembre 2015 sur RTS Un

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La célébration œcuménique du Jeûne fédéral est une institution télévisuelle aussi solide que l’est la transmission des messages des présidents de la Confédération pour le Nouvel An, le Dimanche des malades ou le 1er août. Petit paradoxe : c’est une communauté genevoise qui accueillera cette transmission alors que le Jeûne fédéral n’est pas célébré dans ce canton en même temps que le reste de la Suisse.

Au Grand-Lancy, où l’on se sent autant Suisse qu’ailleurs dans le pays, la Communauté œcuménique des personnes handicapées (COPH) s’est mobilisée pour préparer la liturgie offerte de l’église Notre-Dame des Grâces aux trois chaînes de la SSR. On compte aussi sur la participation de la Communauté œcuménique des sourds et malentendants (COSMG), ainsi que sur le groupe vocal et instrumental Lamidoré de Bernex dirigé par Jean Vilbert.

L’abbé Giovanni Fognini et la pasteure Sonja Musy présideront cette célébration où la prédication sera donnée par le pasteur Patrick Baud, par ailleurs modérateur de la Compagnie des pasteurs à Genève. Anna Bernardo s’est chargée de la coordination avec les aumôneries.

C’est en 1832 que la Diète fédérale a institué le jeûne fédéral. Tous les cantons s’y sont ralliés à l’exception de Genève qui a gardé son jour de jeûne un jeudi, précédant de 10 jours les cantons suisses dans la repentance et la louange. Mais la transmission du Grand-Lancy s’achèvera par un acte d’engagement reprenant celui qui aura été prononcé la veille à la place de la Grosse Schanze à Berne par les délégués des Eglises chrétiennes de Suisse.

La célébration sera doublée en langue des signes, en plus du sous-titrage offert par le Télétexte.


En partenariat avec Médias-pro
Réalisation : Raphaël van Singer
Production : Bernard Litzler

Prédication

Une prédication de Patrick Baud, pasteur

« De quoi discutiez-vous en chemin ? » demande Jésus.?
Mais les disciples se taisent, honteux de s’être disputés à propos de qui est le plus grand.
Alors Jésus s’assoit et demande aux douze d’en faire autant ;
Puis il leur dit :
« Il n’y a qu’une manière de m’accueillir : vous devez devenir le serviteur de tous, sans exception. Et même si vous avez le courage de vouloir devenir le premier à le faire, alors commencez par être le dernier ».

Au moment où cette histoire se déroule, Jésus traverse la Galilée avec les douze disciples. La Galilée, à cette époque, c’est une succession de petits villages séparés les uns des autres par des plaines désertiques. Alors imaginez la scène : 13 personnes qui marchent au milieu du désert. Un tout devant, celui-là donne le rythme. Lui, il avance d’un bon pas. Il n’a pas envie de passer sa journée sous un soleil de plomb et il se réjouit déjà d’être arrivé à l’étape.
Et derrière lui, un peu plus loin, il y a les 12 autres qui suivent tant bien que mal. Eux, ils avancent nettement moins vite. Peut-être n’ont-ils pas l’entraînement de celui qui est tout devant ? Toujours est-il qu’ils peinent à avancer aussi vite. Mais s’ils peinent, c’est surtout parce qu’ils parlent sans arrêt. Ils parlent en marchant.
Ils parlent à voix basse afin que celui qui est tout devant ne les entende pas. Ils parlent de la seule chose qui leur importe vraiment.
Ils parlent d’un sujet dont il nous arrive, aujourd’hui encore, de parler, parce que tout dans notre vie nous pousse à le faire.

Ce sujet ? Il se résume en une simple question:
Qui, entre vous et moi, est le meilleur, le plus grand, le plus fort, le plus intelligent, le plus riche, le plus croyant ? Qui ?
C’est là une des rares questions que tout être humain se pose au moins une fois dans sa vie.
Qui est le premier de la classe ? Quel est le meilleur employé de mon entreprise ? Qui sera celui qui obtiendra une médaille d’or aux prochains Jeux olympiques ?
Qui, parmi nous ce matin, est le plus pieux ?
C’est de cela dont parlent les 12 qui tentent de suivre celui qui marche loin devant eux et qui ne se préoccupe pas de ce qui, eux, les préoccupe.

C’est pour cela qu’une fois arrivé à l’étape, il leur posera la question : de quoi parliez-vous en chemin ? Et eux, honteux de lui répondre : nous parlions de qui est le plus grand parmi nous.

La question de savoir qui est le plus grand fait partie de ces questions qui ne cessent, sous une forme ou sous une autre, de nous être posées. Pourquoi ?
Pour deux simples raisons.

Premièrement, répondre à cette question permet de savoir ce qui me distingue de mon prochain. Cela permet de dire, et même d’affirmer, que je ne suis pas comme l’autre. Vous savez celui qui vit aux crochets de la société, celui qui gare sa voiture n’importe où et surtout sur ma place. Celui qui ne pense pas comme moi.
Celui qui n’a pas la même couleur de peau que moi. Celui qui n’aime pas le fromage et ne connaît pas les paroles de l’hymne national suisse.

Dire que l’on n’est pas comme l’autre, cela nous permet de dire que l’on est meilleur que l’autre. Et c’est ainsi que l’on invente une échelle de valeurs qui permet de classifier les êtres humains. Une échelle de valeurs qui permet de séparer ceux et celles qui sont bien, parce qu’ils sont comme moi, du moins ils essayent de me ressembler. Et les autres, ceux et celles qui sont différents parce qu’ils ne sont pas comme moi ; parce qu’ils ne me ressemblent pas.

Mais répondre à cette question : « qui est le premier ? » permet également de justifier que ce que je fais est juste et bien.
Et pourquoi ce que je fais est bien ? Parce que je l’ai toujours fait de cette manière et que cela a toujours donné de bons résultats. Donc il n’y a pas de raison de faire autrement. Et ceux qui voudraient essayer de faire autrement feraient mieux de ne pas perdre de temps à réinventer la roue.

Mais en ce faisant, on finit immanquablement par affirmer que ce que font les autres c’est peut-être bien, mais ça ne sera jamais aussi bien que ce que moi je fais. Parce que moi, je sais faire.
Et ainsi rien ne change.

C’est de ça dont discutent les 12 disciples. En voulant savoir qui est le plus grand, ils cherchent à savoir qui est celui qui mérite le premier prix, la médaille d’or du parfait
croyant parce qu’il aura tout fait juste et sera donc parfait devant Dieu.

Alors Jésus, au lieu de tenter de mettre à mal la logique des disciples par une série de raisonnements, Jésus va faire ce qu’il fait souvent dans pareil cas. Il va les faire réfléchir. Tout d’abord en les faisant s’asseoir en rond. Autrement dit, il les met tous au même niveau, à son niveau. Quand on est assis les uns à côté des autres en rond, il n’y a plus de grands ou de petits. On est tous égaux. Alors, une fois les premières inégalités effacées, Jésus continue en se comparant à un enfant.
Pourquoi un enfant ? Simplement parce que lorsqu’on accueille un enfant, il n’y a pas de concurrence possible qui entre en ligne de compte. Il ne viendrait à l’idée d’aucun adulte de se comparer à un enfant car rien ne le permet. Ni la différence de force, de grandeur, de connaissances ou d’expériences. Rien.

Ce que Jésus veut dire à ce moment, c’est que nous sommes invités à accueillir notre prochain en ayant pris soin, auparavant, de laisser de côté tous nos critères de comparaisons.
Accueillir, en ce sens, veut dire accepter de ne plus s’appuyer sur nos critères de distinctions de séparations, de hiérarchisation pour catégoriser notre prochain, pour décider de sa valeur, pour voir s’il est fréquentable.
Accueillir veut dire laisser l’autre être comme il est sans chercher à savoir ce qu’il vaut.

La conséquence de cela, de cet accueil inconditionnel ?
C’est simple, cela signifie que toutes nos échelles de valeurs, celles qui nous permettent jour après jour de comparer ceci avec cela, toutes ces échelles de valeurs, nous sommes invités à les mettre de côté quand nous accueillons notre prochain.
Vous me direz peut-être : facile, nous dans notre communauté on le fait déjà. Chez nous, il n’y a pas de hiérarchie. On accueille tout le monde de la même manière. Je ne me permettrai pas de mettre en doute ce que vous me diriez.

Mais je me permettrais de vous poser une seule question :
Jusqu’où êtes-vous d’accord de faire confiance à votre prochain ? Vous savez, celui qui vous propose de faire, à votre place, ce que vous faites depuis si longtemps, lui qui vous propose de vous remplacer dans cette tâche que vous maîtrisez parfaitement mais que lui n’a jamais effectuée ?
Voilà ce que l’évangile, lu ce matin, nous demande : quelle confiance accordes-tu à ton prochain quand tu l’accueilles comme un enfant ?

Amen.

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